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La chambrière

Par Maria-Pia Lobo de Vasconcellos
Traduit du portugais par Laetitia Bataille

N°1 Juin 2009
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Chaque mois, Cheval Savoir ouvre ses colonnes à une personnalité du monde du cheval, qui peut s’exprimer sur le sujet de son choix dans cette tribune libre.
Ce mois-ci, Maria-Pia Lobo de Vasconcellos, écuyère, éleveur de lusitaniens et conseiller technique de notre revue, nous parle de la chambrière, dont le choix est très important.
Chambrière
La chambrière est un outil de travail, mais aussi de communication. Le cheval doit la flairer sans méfiance. © L.Bataille

La chambrière correspond aux jambes du cavalier. Elle peut simplement toucher, elle peut vibrer, créer l'impulsion, décontracter. Mais aussi parfois châtier ou caresser...
La chambrière touche seulement quand c'est nécessaire. Donnez doucement une indication de départ au cheval, par exemple dans un travail à pied, ou dans n'importe quelle situation où il est nécessaire de commencer à marcher au pas, ou de passer à une allure supérieure. Je dis bien "doucement", parce que certains chevaux sont susceptibles au contact de la chambrière. Plus l'action est naturelle et décontractée, mieux cela vaut.
Une vibration de la chambrière, dans un geste court et rapide, est utile lorsqu'il est nécessaire d'avertir le cheval de notre présence, d'attirer son attention, ou même de lui dire "tu somnoles, mais nous allons travailler !"
Maniée par un aide à pied, la chambrière est également très utile en dressage, lors de l'apprentissage de nouveaux airs comme le passage ou le piaffer.

Rassurer les poulains

La chambrière peut aussi caresser. En fait, dans pratiquement toutes les leçons de jeunes chevaux à la longe, ma chambrière peut, à la fin de la séance, parcourir le dos du poulain, son poitrail, sa croupe…Normalement, ce que les poulains préfèrent, c'est sentir la chambrière leur gratter le dos ! Ceci doit être fait du côté gauche et du côté droit, pour bien montrer au poulain qu'il ne s'agit pas d'une agression mais d'une aide. Cela lui apprendra aussi à ne pas avoir peur, plus tard, du stick ou de la gaule que nous utiliserons dans le travail monté.
La chambrière donne l'impulsion. Ainsi, elle représente nos jambes, comme je le disais au début. Dans le travail à la longe, un léger attouchement de la pointe de la chambrière sur le postérieur droit ou gauche, (selon la nécessité) agit comme le ferait la jambe.
Un léger contact sur l'épaule du cheval le fera immédiatement cesser de tomber sur cette épaule. Un léger attouchement sur son ventre accentuera l'incurvation. Plus tard, l'impulsion augmente, puis la diagonalisation se perfectionne, le rein travaille correctement, le travail d'ensemble est beaucoup plus correct.
La chambrière peut aussi servir à corriger. C'est là qu'il faut faire attention : le cheval est un animal irrationnel mais très intelligent et surtout, doué d'une mémoire prodigieuse. Il sait quand il fait bien, mais aussi quand il fait mal ! Il ne faut donc pas laisser passer un mauvais comportement. La correction ne doit pas être faite une heure après, mais immédiatement. Le cheval doit être ensuite rentré à l'écurie pour qu'il puisse méditer sur ce qui a motivé la correction. Un cheval qui ne serait jamais remis dans le droit chemin garderait ces comportements à vie, et pourrait alors devenir dangereux. Le lendemain d'une petite remise aux ordres, le dressage continue, et le cheval ira au travail avec respect. Notre chambrière va cette fois agir avec affection, pour que le cheval comprenne qu'il est là pour travailler, et que quand la leçon se passe bien, dans la tranquillité, la chambrière est là pour décontracter les allures, pour donner une bonne attitude, et non pour de la violence.

Chambrière
Passer la chambrière (le manche d'abord, puis la mèche) doucement sur l'ensemble du corps du cheval, en insistant sur les flancs, le rein, l'encolure. © L.Bataille

Une chambrière à votre mesure

La chambrière ne doit pas être pas un objet standard, qui traîne à l'écurie et dont tout le monde se sert. Il est essentiel que chacun utilise une chambrière qui lui convient. Vous avez sans doute remarqué qu'il existe des chambrières de qualité et de modèle très différents. Or la taille et le poids de la chambrière doivent être adaptés à la personne qui s'en sert : la facilité de manipulation conditionne la sensibilité de nos actions sur le cheval. Si la chambrière est trop longue, elle entraîne un ballant trop important, et pèse dans la main du longeur ; ses actions seront moins précises et moins légères. Si la chambrière est trop lourde, il en résulte une fatigue inutile : nous avons déjà une douleur dans le bras après le travail du premier cheval de la journée ! Qu'en sera-t-il en fin de journée ?

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