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Incurver le cheval du côté difficile

Notre long travail de recherche des causes et conséquences de la dissymétrie sur le travail du cheval, ainsi que notre quête des moyens de la corriger aboutissent aujourd’hui à la dernière étape.
Nous avons maintenant toutes les cartes en main pour commencer à incurver le cheval… du côté difficile !

Nous avons pris le contrôle de son postérieur gauche afin d’éviter que celui-ci ne s’écarte. Il s’engage maintenant sous la masse et est donc dans une position qui lui permet de supporter le poids qui était jusqu’alors rejeté sur l’épaule droite. Le contre-pli sur le cercle va nous permettre d’obtenir un premier contrôle des épaules afin d’enseigner au cheval à ne pas les garder à droite lorsqu’il se fléchit de ce côté. Le travail en contre-pli à droite nous permet d’autre part de reporter le poids vers le postérieur gauche et donc d’entamer le transfert du centre de gravité pour qu’il revienne vers l’arrière et vers la gauche. Dans cette attitude, nous pouvons enfin travailler sur l’équilibre musculaire du cheval en étendant les muscles de son côté gauche, le côté contracté.

Incurver le cheval
© P.Beaupère

Nous avons vu que pour cela il est nécessaire de tenir compte de l’antagonisme des muscles, car l’étirement du côté gauche n’est possible que si le côté droit se contracte.

Il m’a fallu des années à me décider à enseigner cette action de rêne alors que, personnellement, je l’utilisais depuis longtemps tant on peut très vite faire des erreurs

Dès lors, il nous reste à comprendre comment agir avec la jambe afin, non seulement de contrôler les épaules, mais aussi de provoquer la contraction des muscles du côté droit. Et à comprendre comment agir avec la rêne droite pour signaler au cheval ce que nous attendons de sa part lorsque nous utilisons la jambe droite.

L’action de la jambe droite

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6 commentaire(s) »

mariebx :
Le 04/09/2012 à 08h40

Bonjour,
Je travaille depuis 4 ans un PS au caractère bien trempé. Après 3 ans d'un travail qui me convenait qu'à moitié dans lequel j'avais la sensation que je n'étais pas dans le juste malgré ce que me disait mon coach, j'ai décidé de reprendre la base. Mon cheval est fortement gaucher et lorsque que je souhaite faire une contre épaule en dedans à droite, alors qu'il aime tant mettre ses épaule à gauche, et bien il ne le fait plus et par réflexe je me sers de ma rêne gauche (!!!). Le souci c'est que si je ne m'en sers pas, je n'arrive pas à faire cette contre épaule en dedans. A main gauche, je me retrouve également avec ce souci. Le cheval est collé sur l'épaule gauche malgré tout, il ne tourne pas, pour m'amener à me service de la rêne gauche. Est-ce que ce type de fonctionnement vous parle et comment puis-je le solutionner ? Merci d'avance

hippo :
Le 04/09/2012 à 13h59

J'adore les règles du Fight Club, tellement vrai :-)

zaude :
Le 04/09/2012 à 17h19

Première remarque : quel plaisir de lire un enseignant qui parle de renforcement positif, qui ne dit pas que seul un bouton bien précis permettra d'obtenir la bonne réponse... Bref, quel plaisir!


Question 1 :

J'ai tendance à faire ce travail sur la rêne intérieure compliquée en lâchant la rêne extérieure, et en agissant de manière discontinue sur la rêne intérieure, un peu dans la même idée que ce que vous dites, je contrôle alors la direction avec le regard et les jambes/assiettes.

En vous lisant, si j'ai bien compris, je me dis que ce faisant, je perds le postérieur externe, et effectivement, je ressens ma jument assez tordue sur son cercle, les hanches ayant dérapé, mais le rachis étant enfin souple et incurvé.

Donc je ne travaille pas droit, donc c'est mal.

Cependant, est ce que l'on peut travailler d'abord d'une part le lien entre le contact "facile" et le postérieur faible du même côté en travaillant à la piste sur la seule rêne extérieure

Puis travailler le report de poids sur l'épaule externe sur un cercle avec la seule rêne intérieure

Et ensuite combiner les 2, ou alors c'est perdre du temps et mal travailler? J'ai l'impression de faciliter les choses à ma jument en ne travaillant que sur une seule rêne à la fois (elle a tendance à stresser sur le mors et le lâcher en bavardant quand elle se sent coincée), mais peut être ai je tort et devrais je prendre la difficulté plus de front?...

Question 2 : Quels signes doivent nous laisser penser que nous avons bien gymnastiqué le postérieur faible et qu'il est alors temps de commencer à travailler avec la rêne compliquée/dure?

Question 3 : pensez vous que ce travail soit possible en licol américain ou sans mors de manière plus générale?

zaude :
Le 04/09/2012 à 17h23

Autre question : une question qui me taraude depuis quelques semaine : est il plus facile pour le cheval d'être incurvé dans une position d'encolure assez basse (nez à hauteur des genoux ou plus bas) que dans une position d'encolure plus normale? Est ce que cela tire moins sur les muscles ou est ce qu'en déchargeant l'arrière main on n'a plus le problème de postérieur faible et alors l'incurvation est plus symétrique?

Ma jument a tendance à chercher l'extension d'encolure quand je lui demande l'incurvation, et elle semble mieux incurvée (sensation de cage thoracique qui se cintre) et paradoxalement plus légère sur ses épaules quand elle a le nez par terre?!

julie :
Le 18/09/2012 à 15h06

bonjour,

Je me pose exactement la question n°2 que Zaude! Auriez-vous un exercice ou un critère simple pour nous autres "apprenti-cavaliers" qui nous permette de ne pas entammer precocement d'autres activités avec un posterieur gauche trop faible?
Pour ce qui est de l'extension d'encolure, je me suis fait aussi la meme reflexion que Zaude (décidement!), ma jument cherchant à aller vers le bas.Pour autant, mes sensations (parfois trompeuses) me disent que ça fonctionne juste. J'en ai conclus qu'un cheval en extension pouvait s'apparenter à une balance. Vu de profil, le mat est au niveau du garrot, l'avant main est un plateau, l'arrière main est l'autre plateau. Si ma jument ne court pas après sa tête et qu'elle ne me charge pas les bras, c'est qu'elle arrive certainement à compenser l'exces de poids vers l'avant que represente l'extension en chargeant l'autre plateau de la balance qu'est l'arrère main...je ne sais precisement comment elle le fait mais ca correspond à ma sensation qu'elle ne décharge pas ses posterieurs. Sommes-nous dans l'erreur? faut-il proscrire l'extension à ce stade?
Et de meme que la jument de Zaude, ma jument s'incurve beaucoup plus souplement en extension. Serait-ce parce que le corps du cheval fonctionne un peu comme l'accordeon d'une paille à cocktail, qui ne se plie véritablement qu'après avoir été déployé? ou est-ce une façon subtile de nos quadrupèdes pour éluder la difficulté?

zaude :
Le 21/09/2012 à 08h28

ça fait plaisir de voir que mes questions/sensations sont partagées par d'autres!! Me sens moins seule ;)

Article publié le 02-09-2012

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