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Totilas et le « Cheval d’or »

Laetitia Bataille

Récemment ont été attribuées des récompenses aux entreprises soucieuses de la protection des animaux de rente.

Curieusement, cette cérémonie a eu lieu à peu près au moment où gronde une nouvelle polémique au sujet du mode de vie de Totilas. Le malheureux champion vivrait enfermé dans du coton, sans sortir et sans pouvoir échanger avec des congénères les indispensables et mutuels gratouillements de garrot.

Il y en va de Totilas comme de nombreuses stars : il se passe toujours quelque chose que l’on se plaît à dramatiser. N’empêche que l’antenne allemande de la très sérieuse association internationale PETA1 est montée au créneau pour dénoncer la solitude du beau cheval noir, et sa vie confinée.

J’ai assisté avec intérêt à la remise des « Trophées bien-être animal » attribués par Compassion in World Farming2 (CIWF). Ont été récompensées les entreprises s’étant engagées à favoriser les bonnes pratiques d’élevage, en accord avec l’éthogramme de chaque espèce.
Ainsi les « Œufs d’or » ont-ils été attribués aux structures où les poules ne sont pas en cage, et peuvent exprimer leur comportements naturels (en l’occurrence, gratter le sol, picorer, prendre de délicieux bains de poussière !) Les « Porcs d’or » sont décernés aux élevages où les animaux ne subissent pas de mutilations et ne vivent pas dans un étroit réduit cimenté, mais peuvent gambader, dormir dans la paille, et –c'est essentiel pour eux- fouiller le sol ou la litière avec leur groin !

Ces trophées ne récompensent pas seulement les producteurs, mais aussi des entreprises qui ont pris l’engagement de n’employer que ces produits (telle marque de pâtes ou de mayonnaise n’utilisant que des œufs « hors cage », telle chaîne de restaurants ne servant que des hamburgers ou des saucisses provenant d’élevages respectueux des bonnes pratiques).

Le scandale des conditions de vie des animaux dans certains secteurs de l’agro-alimentaire a été maintes fois évoqué dans CS, notamment dans notre rubrique livres. Cheval Savoir soutient donc pleinement cette cause.

Pendant ce temps-là, Totilas ne gambade pas. Et bien d’autres de son espèce vivent eux aussi confinés. On peut penser que si Totilas est interdit de paddock (une entorse du boulet est vite arrivée lors d’un bond de gaîté !) il est certainement sorti tous les jours. Bien d’autres n’ont pas cette chance, extraits du box à peine une fois par semaine par un propriétaire très occupé.

Deuxième volet de la nouvelle affaire Totilas : on reparle de la rollkur. Le cheval-champion en ferait actuellement une nouvelle... cure. Mais que dire des chevaux de club. Eux aussi aimeraient aller au paddock, mais ils n'en ont guère le temps, leurs journées "de rame" étant bien remplies ! Le Professeur Ödberg,de l'Université de Gand, Conseiller de notre revue, prône une organisation d'écurie où les boxes comporteraient chacun leur petit paddock individuel ! Nous aurons l'occasion d'en reparler...

Mais en attendant, on peut rêver.
Et agir. Ne pourrait-on imaginer que chaque cavalier ouvre simplement les yeux sur ce qui se passe dans la structure où il évolue ? Si en toute bonne volonté, il entamait avec les responsables, les moniteurs, les autres cavaliers, un dialogue dans le but de pouvoir -ne serait-ce que par des petites choses simples- rendre la vie des chevaux plus conforme à leurs habitudes naturelles ? On verrait un jour décerner des trophées « Cheval d’or » ou « Poney d’or » aux établissements professionnels, aux écuries de propriétaires et aux cavaliers qui ont joué le jeu.

Cheval Savoir est prêt à s’engager.

 

    • 1. People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) est actuellement la plus grande la plus grande organisation au monde œuvrant pour les droits des animaux
      http://www.petafrance.com/

  • 2. Compassion in World Farming (CIWF) présent en France depuis 2009, a pour mission d’encourager les pratiques d’élevage respectueuses du bien-être des animaux de rente et de proposer des alternatives à l’élevage intensif viables et durables.
    http://www.ciwf.fr

 

Photo de couverture : © Fotolia

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