Travailler sa position pour la rendre efficace
Cavalier professionnel de dressage
N°4 - Octobre 2009 | Vues : 2527
4 Commentaire(s)
Il y a les entraîneurs qui ne s’en occupent pas, ceux qui estiment que vous n’y
arriverez de toute façon pas et ceux qui vous répètent inlassablement de baisser les talons sans
vous dire pourquoi vous perdez malgré tout vos étriers tant adorés.
A croire, à les écouter et à les lire, si l’on ne naît pas dans une position parfaite il
n’y a aucun espoir pour nous pauvres mortels qui ne sommes même pas capables de nous
asseoir le dos droit devant notre bureau, puissions trouver la position idéale qu’il suffirait de connaître pour tout corriger !
Loin de moi l’envie de me présenter en sauveur du monde (quoique l’idée soit
séduisante) en proposant des solutions miracles mais voici quelques exercices qui peuvent
grandement améliorer la position, corriger les défauts, rendre les cavaliers plus efficaces, leur
permettre de découvrir à quel point l’assiette est nécessaire pour la recherche du « vrai »
rassemblé classique et surtout pour se sentir plus à l’aise, en équilibre et plus en confiance à cheval.
Et oui, malheureusement pour vous, le trot sans étriers en fait partie… encore faut-il le
pratiquer correctement et à petites doses.
Piqûre de rappel : la position idéale
Que l’on soit d’abord bien clair : la position idéale n’a pas pour unique but d’être beau
à cheval mais elle est la seule qui permet d’être efficace, de ne pas déranger notre monture, de ne
pas abîmer notre colonne. C’est la seule qui, comme l’écrit le Maître Oliveira, permet
l’indépendance des aides. La qualité d’une position ne réside pas dans le fait de se tenir bien
droit mais dans le liant et la tonicité (dynamisme) des muscles, principalement ceux du bas du dos.
En voici les caractéristiques principales :
- cavalier assis profondément dans la selle, dont le jeu des articulations du bassin accompagne le mouvement du dos du cheval,
- colonne vertébrale tirée vers le haut,
- nombril vers les oreilles du cheval,
- jambes descendues et décontractées,
- talons légèrement plus bas que les pointes de pied,
- alignement épaules-hanches-talons,
- épaules descendues,
- coudes le long du corps, posés sur les crêtes iliaques (le haut des hanches),
- avant-bras en direction de la bouche du cheval,
- poignets et mains dans le prolongement des avant-bras,
- pouces vers le haut,
- mains tenant les rênes délicatement (ni trop ouvertes, ni trop fermées).
A cela (ce que j’appelle la position passive), j’aimerais ajouter que la position, par les
différences de tension des muscles du dos et du ventre, et par de subtiles modifications de la
position des épaules, devrait être capable de modifier l’équilibre du cheval, d’effectuer les
transitions et de rassembler le cheval. C’est ce que j’appelle la position active.
Vaste programme en effet quand pour beaucoup de cavaliers, garder ses étriers au trot
assis est déjà un défi aussi frustrant qu’il paraît insurmontable…
Pourquoi mon corps n’est pas toujours mon ami
Si vous avez quelques années d’équitation derrière vous, que vous n’êtes pas un
débutant qui apprend comme il le faudrait en faisant une année de mise en selle sur des
chevaux tenus en longe ni un membre de l’école de Vienne où les aspirants écuyers sont
longés durant près de deux ans, vos pires ennemis durant ce travail seront vous-même, vos
tensions, vos raideurs, vos habitudes et pire encore, ce que l’on appelle la mémoire
musculaire.
Combien de temps pouvez-vous rester assis face à votre bureau de dos parfaitement
droit ? Si vous réalisez que vous êtes voûté et penché vers l’avant et que vous vous redressez,
combien de temps s’écoule avant votre retour dans cette mauvaise position ?
Ce retour involontaire se fait lorsque la partie inconsciente de notre cerveau prend le
relais sur la partie consciente. Dès que nous n’y prêtons plus attention, notre corps retourne dans la position « de base », qu’il a enregistrée comme étant la moins fatigante et la moins
contraignante. Il est donc normal que malgré nos efforts notre corps retourne, à la moindre
inattention, vers les défauts que nous tentons de corriger. Il va nous falloir plusieurs mois pour
qu’il acquière de nouveaux automatismes et que la partie inconsciente de notre cerveau
considère la « bonne » position comme position de base.
Impossible donc de corriger sa position sans une énorme dose de volonté ni une
attention de tous les instants.
Je tiens à m’excuser auprès de ceux qui attendaient des formules magiques ou des
exercices-miracle faciles : je les ai cherchés et ils n’existent pas. Mais je me rappelle cet
entraîneur reconnu qui m’avait dit que je serais toujours un cavalier médiocre avec ma
mauvaise position. J’ai travaillé dur pour la corriger et je pense aujourd’hui avoir une position
acceptable alors que j’avais de graves défauts et personne pour m’aider à les corriger.
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toscane :
Le 27/11/2009 à 14h27
En un seul mot : Merci !
Cet article redonne espoir. Les cavaliers avec quelques années d'équitation derrière eux sont trop souvent considérés comme "perdus".
Merci pour l'honnêteté : "Impossible donc de corriger sa position sans une énorme dose de volonté ni une attention de tous les instants." !
emile :
Le 21/11/2009 à 16h43
vivement la suite !
beame :
Le 10/11/2009 à 20h47
vivement la suite.... Un tel régal ces articles, qu'on en demande encore, peut-être qu'un jour je garderai mes étriers au trot assis...
charly :
Le 09/11/2009 à 13h45
Un vrai régal ses articles. ;) Bravo Pierre.