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Travailler sa position pour la rendre efficace

Si les recommandations quant à la position idéale ont rempli des pages et des pages de livres et de manuels de dressage, si les mots « nombril vers les oreilles du cheval », « épaules descendues », « bras le long du corps », « talons vers le bas » ou « tête tirée vers le haut » résonnent chez un grand nombre de cavaliers comme des lieux communs ou une sorte de Graal inaccessible, rares sont les auteurs et entraîneurs à proposer des exercices pour corriger une position défectueuse, améliorer ses points faibles ou comprendre comment la position peut influencer aussi bien l’équilibre que le rassemblé du cheval.

Il y a les entraîneurs qui ne s’en occupent pas, ceux qui estiment que vous n’y arriverez de toute façon pas et ceux qui vous répètent inlassablement de baisser les talons sans vous dire pourquoi vous perdez malgré tout vos étriers tant adorés.

A croire, à les écouter et à les lire, si l’on ne naît pas dans une position parfaite il n’y a aucun espoir pour nous pauvres mortels qui ne sommes même pas capables de nous asseoir le dos droit devant notre bureau, puissions trouver la position idéale qu’il suffirait de connaître pour tout corriger !

Loin de moi l’envie de me présenter en sauveur du monde (quoique l’idée soit séduisante) en proposant des solutions miracles mais voici quelques exercices qui peuvent grandement améliorer la position, corriger les défauts, rendre les cavaliers plus efficaces, leur permettre de découvrir à quel point l’assiette est nécessaire pour la recherche du « vrai » rassemblé classique et surtout pour se sentir plus à l’aise, en équilibre et plus en confiance à cheval.

Et oui, malheureusement pour vous, le trot sans étriers en fait partie… encore faut-il le pratiquer correctement et à petites doses.

Travailler sa position pour la rendre efficace
© Charly Debray

Piqûre de rappel : la position idéale

Que l’on soit d’abord bien clair : la position idéale n’a pas pour unique but d’être beau à cheval mais elle est la seule qui permet d’être efficace, de ne pas déranger notre monture, de ne pas abîmer notre colonne. C’est la seule qui, comme l’écrit le Maître Oliveira, permet l’indépendance des aides. La qualité d’une position ne réside pas dans le fait de se tenir bien droit mais dans le liant et la tonicité (dynamisme) des muscles, principalement ceux du bas du dos.

En voici les caractéristiques principales :

  • cavalier assis profondément dans la selle, dont le jeu des articulations du bassin accompagne le mouvement du dos du cheval,
  • colonne vertébrale tirée vers le haut,
  • nombril vers les oreilles du cheval,
  • jambes descendues et décontractées,
  • talons légèrement plus bas que les pointes de pied,
  • alignement épaules-hanches-talons,
  • épaules descendues,
  • coudes le long du corps, posés sur les crêtes iliaques (le haut des hanches),
  • avant-bras en direction de la bouche du cheval,
  • poignets et mains dans le prolongement des avant-bras,
  • pouces vers le haut,
  • mains tenant les rênes délicatement (ni trop ouvertes, ni trop fermées).

A cela (ce que j’appelle la position passive), j’aimerais ajouter que la position, par les différences de tension des muscles du dos et du ventre, et par de subtiles modifications de la position des épaules, devrait être capable de modifier l’équilibre du cheval, d’effectuer les transitions et de rassembler le cheval. C’est ce que j’appelle la position active.

Vaste programme en effet quand pour beaucoup de cavaliers, garder ses étriers au trot assis est déjà un défi aussi frustrant qu’il paraît insurmontable…

Travailler sa position pour la rendre efficace
Exemple de position correcte, Pierre Beaupère lors d’une compétition sur l’étalon de Pure Race Espagnole Naranjito XIV, appartenant à la Yeguada Buenaventura. Notez surtout la position des avant-bras et des mains, en direction de la bouche du cheval. Le cavalier possédant de très longues jambes, celles-ci doivent être légèrement plus en arrière que la normale pour être alignées avec les épaules et les hanches. © Photo Céline Brabant

Pourquoi mon corps n’est pas toujours mon ami

Si vous avez quelques années d’équitation derrière vous, que vous n’êtes pas un débutant qui apprend comme il le faudrait en faisant une année de mise en selle sur des chevaux tenus en longe ni un membre de l’école de Vienne où les aspirants écuyers sont longés durant près de deux ans, vos pires ennemis durant ce travail seront vous-même, vos tensions, vos raideurs, vos habitudes et pire encore, ce que l’on appelle la mémoire musculaire.

Combien de temps pouvez-vous rester assis face à votre bureau de dos parfaitement droit ? Si vous réalisez que vous êtes voûté et penché vers l’avant et que vous vous redressez, combien de temps s’écoule avant votre retour dans cette mauvaise position ?

Ce retour involontaire se fait lorsque la partie inconsciente de notre cerveau prend le relais sur la partie consciente. Dès que nous n’y prêtons plus attention, notre corps retourne dans la position « de base », qu’il a enregistrée comme étant la moins fatigante et la moins contraignante. Il est donc normal que malgré nos efforts notre corps retourne, à la moindre inattention, vers les défauts que nous tentons de corriger. Il va nous falloir plusieurs mois pour qu’il acquière de nouveaux automatismes et que la partie inconsciente de notre cerveau considère la « bonne » position comme position de base.

Impossible donc de corriger sa position sans une énorme dose de volonté ni une attention de tous les instants.

Je tiens à m’excuser auprès de ceux qui attendaient des formules magiques ou des exercices-miracle faciles : je les ai cherchés et ils n’existent pas. Mais je me rappelle cet entraîneur reconnu qui m’avait dit que je serais toujours un cavalier médiocre avec ma mauvaise position. J’ai travaillé dur pour la corriger et je pense aujourd’hui avoir une position acceptable alors que j’avais de graves défauts et personne pour m’aider à les corriger.

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5 commentaire(s) »

charly :
Le 09/11/2009 à 13h45

Un vrai régal ses articles. ;) Bravo Pierre.

beame :
Le 10/11/2009 à 20h47

vivement la suite.... Un tel régal ces articles, qu'on en demande encore, peut-être qu'un jour je garderai mes étriers au trot assis...

emile :
Le 21/11/2009 à 16h43

vivement la suite !

toscane :
Le 27/11/2009 à 14h27

En un seul mot : Merci !
Cet article redonne espoir. Les cavaliers avec quelques années d'équitation derrière eux sont trop souvent considérés comme "perdus".
Merci pour l'honnêteté : "Impossible donc de corriger sa position sans une énorme dose de volonté ni une attention de tous les instants." !

pluvinel :
Le 10/09/2013 à 06h26

La position idéale certes, mais une question me hante, comment trouver cette superbe position lorsque les moniteurs fixent leur attention sur des mains qui ne sont jamais suffisamment en avant : "raccourci ! encore ! encore !", (on finit par avoir des rênes de 30 cm de long à peine), du coup les épaules ne peuvent plus descendre, et au final, les mains ne fonctionnent plus, et alors.... quid de la légèreté du contact ?

Article publié le 17-05-2009

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