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Des chevaux français en Chine

Des pâturages de Normandie à l'Empire du Milieu... Depuis quelques temps, la Chine s’est mise à l’équitation et de nombreux chevaux français gagnent ce pays avec des délégations d’Etat.
Au début du mois de novembre, les Chinois ont investi 400 000 euros sur des Trotteurs, Selle français et Percherons. Et espèrent à terme, créer une race nationale de sport à partir de croisements...

Ce sont presque trente chevaux de traction, de trait et de trot qui ont quitté, au début du mois de novembre, leurs pâturages normands pour la province de Xinjiang. Sous l’impulsion de Madame Juan Huang, le but est d’en lancer l’élevage en Chine.
L’équitation de loisir, de compétition et le sport hippique connaissent un développement phénoménal, mais selon Philippe Mauvenu, représentant officiel de la China Horse Industry Association (CHIA), les races locales chinoises, de petite taille, n’y sont pas adaptées.

Les huit chevaux
Les huit chevaux, peinture traditionnelle à l'encre de Chine par Xu Beihong (1895-1953).

La commande de novembre porte sur quinze Trotteurs français de course, neuf Selle français de sport, et quatre Percherons. La région du Xinjiang, située au nord-ouest de ce pays immense, est traditionnellement dévolue à l’élevage et compte deux millions de chevaux répartis dans des fermes militaires. La taille moyenne d’une ferme est celle d’un département français. De quoi donner le tournis !

Un projet gigantesque prévoit, pour un budget de 4 milliards de dollars, la création d’un complexe équestre de 3 millions de mètres carrés, dont les travaux débuteront en 2015.

À terme, l’un des buts des éleveurs chinois est de créer une race nationale de sport à partir de croisements. Pourvu que les Chinois n’en laissent pas disparaître pour autant leurs races traditionnelles : le Guoxia (poétiquement : « poney de sous l'arbre fruitier » en raison de son utilisation dans les vergers) le Guangxi, le Balikun, le Ghizou, le Lijiang, le Hehei, le Yili… rien n’existe pour le moment en faveur de la préservation des races menacées, si elles venaient à le devenir.

Les compétitions équestres et hippiques commencent à s’organiser, dans un pays où les paris et les courses étaient interdits depuis l’ère de Mao Tse Toung. Quelques courses se tiennent à Wuhan. Un projet gigantesque, nommé Horse City, prévoit pour un budget de 4 milliards de dollars la création d’un complexe équestre de 3 millions de mètres carrés, dont les premiers travaux débuteront en 2015.

Alex Hua Tian
Le cavalier de complet chinois Alex Hua Tian. Photo de Henry Bucklow / Lazy Photography, lience CC 3.0

L’Allemagne, les Pays-Bas et l’Australie se disputent aussi le marché Chinois. La France vient de s’y mettre, grâce à un accord signé le 18 juin de cette année. La délégation chinoise a également testé des puces et des transpondeurs électroniques d’identification, quelques jeunes scientifiques du pays devraient suivre une formation de génétique équine dans le Calvados au printemps 2013.

La demande dépasse l’offre

L’offre en chevaux chinois ne suffit pas aux centres équestres, et surtout les éleveurs n’ont pas acquis les compétences permettant de répondre à la demande. Le nombre de centres équestres devrait connaître une importante croissance dans les années à venir, à destination surtout des enfants uniques. Elevés durant des décennies autour du piano et du violon, ces derniers découvrent tout juste la magie du rapport avec les animaux.

Le cheval au galop volant
Le cheval au galop volant, symbole officiel du tourisme en Chine, sur un monument de Jiayuguan. Photo de Sigismund von Dobschütz, licence CC 2.0

Espérons néanmoins que ce développement se fera dans le respect du cheval, les Chinois n’étant pas réputés pour être des éleveurs et des sportifs tendres…
De très nombreux scandales ont éclaté ces dernières années, tant concernant la pression subie par les sportifs qu’à propos des conditions d’élevage et d’utilisation des animaux. Le dernier en date concerne les combats d’étalons organisés dans le sud-ouest du pays, où à défaut d’être légaux, ils sont tolérés par les autorités chinoises. Une jument en chaleur est placée dans un corral où entrent de deux à six étalons. Fatalement, ils se battent pour mettre à terre leurs rivaux et écopent de graves blessures. Ces combats se terminent souvent par la mise à mort des survivants, dont la viande est ensuite vendue sur place à la foule venue profiter de ce « divertissement ». Le développement de l’équitation en Chine s’accompagnera t'il vite d’une prise de conscience qui permettra aux animaux de vivre sereinement au pays du Milieu… ?

En Chine : une tradition équestre très ancienne

Si les Chinois sont rarement associés au cheval (à l’inverse de leurs voisins les Mongols), ils sont à l’origine d’évolutions équestres très importantes, notamment l’invention du collier d’épaule rigide. Ils intègrent l’équitation avec un simple collier sur de petites montures vives au contact de leurs voisins, mais le cheval reste longtemps rare et onéreux, ce qui réserve son utilisation à la royauté.

C’est à travers l’art et les cultes qu’il révèle toute son importance dans la culture chinoise, à commencer par le fameux Cheval au galop volant, un bronze du IIe siècle devenu le symbole du tourisme dans le pays. En passant par le signe du cheval dans le système astrologique, les nombreux chevaux de terre cuite qui accompagnent l’empereur Qin Shi Huang Di dans sa tombe, et les superbes peintures à l’encre léguées au fil des siècles…

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4 commentaire(s) »

gnourf :
Le 21/12/2012 à 08h40

Le Pays du Soleil Levant est le Japon! La Chine est l'Empire du Milieu ;-)

valren :
Le 21/12/2012 à 09h55

Oui, je reconnais cette erreur presque impardonnable !

laetitia :
Le 21/12/2012 à 14h23

C'est bien connu, ce sont les "puits de culture" (comme Amélie Tsaag Valren) qui font parfois les plus grosses étourderies ! Ah les savants distraits...
Mea culpa aussi de notre service de relecture !
Nous corrigeons cela immédiatement.

L.B.

gnourf :
Le 22/12/2012 à 01h30

Le hasard fait que je suis justement au Pays du Soleil Levant pour les fêtes de fin d'année et que j'ai lu l'article en revenant d'une reprise d'équitation offerte par mes hôtes.
Dans le club ou je suis allée, je n'ai pas grand chose a dire sur les éventuelles différences d'approches par rapport a la France. Je n'en ai pas assez vu. En revanche, c'est la première fois que je vois tout le monde passer son temps a se brosser les chaussures. Certains traits culturels ressortent la ou on ne les attend pas!

Article publié le 13-12-2012

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