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Boucheries chevalines : un nouveau malentendu

Un récent reportage à la télévision défendait les boucheries chevalines, qui font partie du paysage de ce pays depuis la fin du XIXe siècle, en disant que leur présence est indispensable à la survie de nos races de trait. rnCheval Savoir ne pouvait rester insensible à cette erreur d’analyse qui, involontairement sans doute, rend la chaîne complice d’une tromperie du téléspectateur.

Les propos de ce reportage (sur une chaîne que, dans un esprit confraternel, nous ne nommerons pas) contribuent à perpétuer une erreur répandue : l'on sauverait les neuf races de chevaux de trait françaises en achetant de la viande chevaline chez son boucher. Par là même, ce reportage rend (involontairement peut-être) la chaîne de télévision complice d'une tromperie du consommateur.

Le Comtois
98% des Comtois ou type Comtois sont élevés en France « pour la boucherie » et partent essentiellement vers l’étranger ! © L.Bataille

Car depuis plus d'une décennie, les français ont cessé de consommer la viande de leurs chevaux de trait... N'importe quel éleveur de « lourds » le dira, ce n'est pas dans les boucheries françaises que 98% de ces animaux terminent leur vie, mais dans les abattoirs espagnols et italiens, en fournissant principalement ces deux pays.

Les éleveurs de chevaux de trait fournissent essentiellement le marché espagnol et italien...
3 commentaire(s) »

atrait :
Le 07/01/2013 à 15h44

Une radio avait diffuser un message de France Trait il y a de ça deux ans, à peut près le même message... "le seul débouché pour les chevaux de trait", "le seul moyen de les sauver" c'est la production de viande chevaline. Même si dans ce podcast, il s'agirait plus d'inciter à acheter de la viande avec labels régionaux....

http://www.rtl.fr/actualites/environnement/article/il-faut-manger-du-cheval-7644677504

C'est un gros soucis pour nos races de trait française, il est difficile de trouver dans certaines races des chevaux sélectionnés pour l'utilisation monte/attelage/travaux, qui plus est avec un travail d'éducation conséquent fait sur le cheval...!

Chez le trait boulonnais par exemple, on trouve une trentaine, à peine de chevaux travaillés en vente... "Travaillés" sur le papier, en réalité il faudrait voir ce que cela donne réellement, si le cheval serait apte immédiatement à de l'attelage de loisir, ou de l'utilisation en ville (encore plus hypothétique)... Et dans le lot, il y aurait peut être encore quelques chevaux à éliminer: mauvais aplombs, chevaux trop "usés" par les routes, morphologie inadaptée...

Certaines races de trait ont d'ailleurs bien mieux réussie leur reconversion vers l'utilisation et le loisirs que d'autres...

valren :
Le 07/01/2013 à 20h37

Bonjour, je suis entièrement d'accord avec votre analyse. Il m'arrive de raconter un fait qui m'a été lui-même raconté quand j'étais enfant, pendant une visite au haras du Pin :

Les investisseurs américains à l'origine de l'implantation de Disneyland Paris seraient venus se renseigner pour des achats de Percherons français dressés à l'attelage (vers le début des années 1990). Ils n'en ont trouvé aucun, et ont fortement critiqué les chevaux français devenus des "lourds" ! Plutôt que d'utiliser des chevaux français, ils sont partis chercher des Percherons dans d'autres pays... D'où l'importation de Percherons américains pour alléger les nôtres. N'ayant pas été témoin direct des faits en question, je n'en parle pas dans CS, mais je pense que cette histoire est vraie.

Non seulement l'élevage "au poids" fait souffrir les animaux avec des problèmes d'aplombs, de pieds, d'articulations et de reins, mais en plus, il ferme le marché de l'attelage utilitaire et de loisir. C'est une véritable impasse... J'ai rencontré au moins deux fois fois des personnes qui m'ont dit rechercher des chevaux de trait dressés à l'attelage, sans parvenir à en trouver.

atrait :
Le 08/01/2013 à 09h06

Je pense que cette expérience a servi côté Percheron, car aujourd'hui l'exportation se fait vers l'Asie, la valorisation des chevaux Percheron se fait aussi, et les effectifs sont "correctes"...
Je pense d'ailleurs aux Percherons en partie quand je pense aux reconversions réussies...!

Il y a peu chez le Boulonnais, des Colombiens se sont déplacés pour trouvé des juments pleines bien manipulées, modèle "mareyeur", je ne sais même pas si cela a aboutit...!

Mais le soucis ce sont les effectifs effectivement qui sont en baisse...! Les éleveurs vieillissant sans reprise derrière et qui ne sont pas capables de valoriser des chevaux correctement pour la revente...!
Les concours de race (où la présentation des poulains, juments, et étalons est assez chaotique) et les concours d'utilisation en sont d'ailleurs une très belle illustration...



En espérant qu'il y ai une nouvelle génération de passionné qui donneront un souffle nouveau dans l’élevage et la valorisation de nos 9 races de traits françaises..!

Article publié le 18-12-2012

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