Addictions : lorsque le cheval aide à guérir
N°4 - Octobre 2009 | Vues : 1571
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Marie de Noailles et David Delapalme ont ouvert récemment un cabinet d’addictologie ayant recours, entre autres, à cette forme de thérapie.
Cheval Savoir a tenu à les rencontrer.
Cheval Savoir : A qui s’adresse votre méthode thérapeutique ?
Marie de Noailles : A toutes les personnes souffrant d’addictions –les plus tristement classiques et lourdes de conséquences étant bien sûr l’alcoolisme et les addictions aux drogues. Mais il existe d’autres addictions moins connues, pouvant s’avérer handicapantes et destructrices : troubles du comportement alimentaire, addiction au jeu, à la dépense inconsidérée…Ce sont autant de “moyens” mis en oeuvre par la personne pour fuir la réalité...
Nous avons différentes approches de traitement. La thérapie assistée par le cheval est l’une des méthodes possibles…
C.S : Cette méthode s’adresse-elle à des cavaliers, à des personnes ayant exprimé le désir de monter à cheval ?
M. de N. : Absolument pas : cette approche thérapeutique ne consiste pas à faire monter les patients à cheval (comme c’est le cas en équithérapie ou en Rééducation par l’Equitation) mais à travailler en compagnie de chevaux, qui vont agir comme des révélateurs et permettre de comprendre les processus qui ont mené à l’addiction, ou qui empèchent le patient d’en sortir.
C.S : Parlez-nous du principe de la méthode.
David Delapalme : Le thérapeute demande au patient de faire faire quelque chose au cheval : il va s’agir, par exemple, de choisir un cheval dans le groupe, d’aller le chercher, de l’amener à marcher entre deux barres au sol…Des choses très simples…Tout ce qui va suivre sera éclairant pour le thérapeute : le choix du cheval (allure, robe, corpulence…) la manière dont le patient va aborder sa tâche : va-t-il être inhibé ou hypercatif, négatif ou optimiste ? En cas de difficulté, va-t-il s’énerver, renoncer très vite ou s’entêter, avoir des gestes de violence envers le cheval, rejeter la faute sur d’autres members du groupe ?
C.S : De notre côté, nous transmettons beaucoup de messages aux chevaux –ils refusent d’embarquer dans le van si nous sommes énervés de peur d’arriver en retard à un concours !
M. de N. : Bien sûr ! Le cheval nous décrypte très bien, et cet effet miroir renseigne le thérapeute. Les patients nerveux et angoissés rendent les chevaux nerveux et agoissés…Avec le cheval, on ne peut pas tricher, ni se mentir à soi-même… Souvent le cheval ne coopère pas, les patients sont frustrés, et de cette frustration surgissent aussi des émotions qui peuvent être acueillies, verbalisées, reliées à des événements du vécu familial.
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