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Poil d’hiver et randonnée

Réponse de Laetitia Bataille, GTE.


N°39 Janvier 2013
2 Commentaire(s)
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Je pratique uniquement la promenade et la randonnée (en toute saison) avec mon double-poney qui n’est pas tondu parce qu’il vit au pré à l’année. Le problème du poil d’hiver me semble parfois insoluble : dois-je me résoudre à tondre ? Avez-vous une solution ?

Question de Valentin B., Mandailles

Tondre votre poney réglerait le poblème, mais entraînerait d’autres contraintes : devoir lui mettre une couverture de prairie bien impermeable –en vérifiant régulièrement qu’elle n’a pas tourné. De plus, un cheval tondu est fragilisé au niveau cutané, ce qui n’est pas ideal pour la randonnée (même si évidemment vous ne tondez pas la zone correspondant à la selle). Vous devez aussi utiliser un couvre-rein au depart de l’écurie, ce qui doit être compatible avec la présence du paquetage.

Poil d’hiver
Les poneys possèdent un poil d’hiver très protecteur. Les crins de la base de la queue, disposes “en auvent” chassent l’eau vers l’extérieur. © Dana Krimmling-Fotolia

Vous ne précisez pas si vous vivez dans une région froide. Si tel est le cas, le poil d’hiver reste irremplaçable si vous partez deux ou trois jours.
Si vous vivez plutôt dans une région humide, la couverture de prairie, moins chaude mais imperméable, est une bonne solution.

Bouchonner le cheval permet de le réchauffer par un effet mécanique, mais ne le sèche pas

Le poil d’hiver s’assortit d’un sous-poil très efficace, qui tient chaud et constitue en outre une couche véritablement isolante : les minuscules muscles “horripilateurs” présents dans chaque follicule pileux, ont le pouvoir de hérisser le poil, ce qui emprisonne l’air. Ce dernier se réchauffe à proximité du corps et devient à son tour un isolant. Les muscles horripilateurs sont actionnés par un réflexe, entraîné par l'adrénaline, elle-même secrétée sous l'effet de la stimulation due au froid.

Adapter le travail du poney

Bref, pour un poney vivant dehors, même avec un bon abri, rien ne remplace la protection du poil d’hiver naturel. Mais si vous ne tondez pas, vous devez adapter le travail.
La randonnée est une discipline de fond : pratiquée par temps froid, elle ne devrait pas mettre le cheval trop en sueur (sauf en attelage où, même au pas, l’effort de traction peut provoquer la sudation chez un cheval non tondu).

La couverture de prairie
La couverture de prairie est indispensable si le poney est tondu –même partiellement. © Doxnart-Fotolia.com

En simple promenade d’une heure ou deux, le train est plus soutenu qu’en randonnée. Dans un cas comme dans l’autre, un impératif : revenir aux allures lentes pendant au moins une demi-heure avant le retour à l’écurie. En effet, l'excès de thermies engendrées par l'effort ne peut pas s'évaporer facilement. La cessation de l’effort permettra, durant cette récupération active (sans s’arrêter) de sécher le sous-poil, puisque la sudation (c’est elle qui mouille le sous-poil) est arrêtée. Mais la surface extérieure du poil n’aura pas séché : en posant votre main sur l’encolure et le ventre, vous sentirez une impression glaciale. Bouchonner a le mérite de rétablir la circulation sanguine, et c'est par cet effet mécanique que ce massage réchauffe le cheval... mais sans le sécher.

Faute d’une lampe à infra-rouges (qui de toute façon ne serait pas efficace à 100% rapidement sur un poney avec un épais poil d’hiver) l’idéal, en hiver, est de mener la randonnée à un train ralenti, de manière à ne pas faire transpirer le cheval. Ceci permet de conserver ce précieux poil d’hiver en supprimant la tonte –ou du moins, en faisant une tonte partielle, et en ne tondant qu’une fois dans l’hiver.


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2 commentaire(s) »

:
Le 27/01/2013 à 23h35

Avant toute chose, je tiens à vous dire que j'aime vraiment beaucoup Cheval Savoir et tous les rédacteurs ! Je trouve que vous êtes le seul magazine a promouvoir les valeurs de l'équitation classique (la vraie) tout en vivant dans notre temps en prenant en compte les recherches scientifiques modernes.

Maintenant, j'ai quelques précisions que j'aimerais apporter à votre article. J'espère que mon expérience et mes quelques connaissances pourront être utiles.

J'ai mes chevaux au pré été comme hiver, de jour comme de nuit. Je vis dans l'est de la France, les hivers sont donc froids et il serait impensable de les tondre !
Lors d'une sortie "normale", le cheval transpire rarement. Cependant, si pour une raison ou une autre il rentre mouillé de sa séance de travail : que faire ?

Rappelons que la transpiration a pour but de refroidir le cheval (il en a donc besoin pour ne pas surchauffer). Pourquoi devrions-nous le réchauffer à ce moment là et aller à l'encontre de ses besoins ?
Si le cheval mouillé continue une activité réduite (principe de la récupération active dont vous parlez) l'excès de chaleur (qui a d'ailleurs provoqué la transpiration) fera sécher le poil assez rapidement, d'autant plus si le cheval est dehors, exposé à l'air libre.
Dans votre article, vous dites que cette "récupération" active ne permet pas de sécher la couche extérieure du poil. En réalité, le séchage s'effectue en deux temps :
1/ la transpiration remonte par capillarité jusqu'à la surface des poils. A ce moment la, si le cheval n'a plus besoin de se refroidir (et donc de transpirer), la peau devient sèche, l'extrémité des poils étant encore mouillée
2/ la peau à présent sèche ne transpire plus, mais l'extrémité des poils est mouillée car la transpiration venant de la peau est remontée par capillarité. Le séchage de l'extrémité des poils s'effectue alors grâce aux mouvements d'air (exactement comme nos mains mises sous un séchoir à air). Pendant cette phase, on voit souvent le cheval "fumer", preuve que l'humidité s"évacue !

Si on met une couverture au cheval pour "l'aider à sécher" la transpiration restera piégée plus longtemps au lieu de s'évacuer rapidement grâce à des mouvements d'air.
Si on met le cheval au boxe en attendant qu'il sèche, l'air ambiant deviendra vite saturé d'humidité ralentissant d'autant le séchage du cheval (imaginez l'ambiance hammam !) et nous ne réglons pas le problème du manque de mouvement d'air.
Après, la solution qui consiste à mettre le cheval sous lampes UV fonctionne sans doute, mais à mon avis le cheval sèche tout de même moins vite que s'il reste dans son environnement habituel, libre de ses mouvements. En effet, le cheval qui transpire a chaud. Le mettre sous UV à ce moment-là maintient donc cette chaleur excessive. Il faut donc attendre que le métabolisme du cheval soit suffisamment ralenti pour qu'il arrête d'avoir chaud (et arrête donc de transpirer) et commence enfin à sécher !

Pensons un instant à un cheval sauvage qui serait en transe après avoir échappé à un prédateur. Il n’attrape pas froid par la suite (heureusement !). Cependant, il est effectivement important de laisser le cheval libre de ses mouvements (c'est d'ailleurs le principe de la récupération active donc vous parlez dans votre article) et le cheval se comportera exactement comme la nature l'a prévue pour lui. Après tout, si la nature a prévu que le cheval puisse transpirer, il est tout de même curieux de se dire qu'elle n'a pas prévu une évacuation de la transpiration non dangereuse pour le cheval, ne croyez-vous pas ?

Par conséquent, lorsque mon cheval a transpiré après une séance de travail, je le remets dans son parc (après m'être tout de même correctement occupé de lui !). Je pourrais tout aussi bien le marcher en main jusqu'à ce qu'il sèche, j'en conviens. Mais il fait cela très bien tout seul et surtout, il le fait au rythme qu'il lui plait !

Mes chevaux n'ont encore jamais "attrapé froid" et les chevaux de mes amis cavaliers d'extérieur, qui fonctionnent de la même façon que moi, non plus ! Alors surtout ne vous privez pas des joies d'une sortie en hiver ! Au pire, si une mise au pré est impossible, il suffit de lâcher les chevaux dans un endroit clos suffisamment grand pour qu'ils puissent bouger comme ils l'entendent (manège ou carrière) ou, au pire, de les faire marcher en main jusqu'à ce qu'ils soient secs !

Bruno [invité] :
Le 01/02/2013 à 11h54

Ayant eu des chevaux dans un pays plus froid que l'est de la France, je ne les jamais tondus.
Pourquoi : d'abord pour une raison physiologique, les chevaux produisent " leur manteau" et creent leurs defenses naturelles.
Leur enlever cette capacite seraient les fragilises a terme.
Ensuite en gerant leurs efforts, aucun n'est chevaux ne doit rentrer transpirant a l'ecurie.
Bruno Alet: :BPJEPS, Guide T.E.

Article publié le 16-01-2013

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