Accueil » Le monde du cheval

Le risque chimique dans les écuries

Par le Dr. Jacques-Laurent,
avec la collaboration de la Mutualité Sociale Agricole des Yvelines

N°5 Novembre 2009
0 Commentaire(s)
Imprimer cet article
Les utilisateurs du cheval, notamment les professionnels, peuvent être confrontés à diverses formes de risques chimiques au cours de la manipulation de différents produits. De son côté, le cheval peut également être exposé au risque chimique, avec des conséquences plus ou moins préoccupantes sur sa santé et ses performances –et bien sûr, un risque de positivité aux contrôles anti-dopage. Cheval Savoir fait le point.
Le galop à faux

Il faut savoir que 14.3% des professionnels du secteur hippique sont exposés au risque phytosanitaire dans leur activité en France. Les produits phyto-sanitaires peuvent provoquer des troubles divers : maux de tête ; vomissements, irritation de la peau. A cela s’ajoute l’exposition aux autres produits chimiques (désinfectants, produits vétérinaires, etc.) (Ref. : enquête SUMER 2003 : Surveillance Médicale des Risques, enquête qui fournit une évaluation des expositions professionnelles des salariés)

Les produits chimiques sont loin d’être sans risques, aussi est-il important d’être vigilant à leur contact, pour les cavaliers, les soigneurs et les chevaux.

«En France, 14.3% des professionnels du secteur hippique sont exposés au risque phytosanitaire dans leur activité»

Le milieu du cheval imposant l’utilisation de divers produits vétérinaires, la négligence peut s’évérer lourde de conséquences. Médecins et vétérinaires décrivent de nombreux accidents dûs à des négligences : le contenu d’une seringue de tranquillisant pour chevaux oubliée sur le tableau de bord d’un camion a été avalée par un enfant de deux ans, réanimé de justesse. Sachant qu’un cheval est environ trente fois plus lourd qu’un jeune enfant, une dose de tranquillisant équin représente évidemment une dose potentiellement léthale.
En outre, la composante apparemment anodine d’un produit prévu pour les chevaux peut être associée à un excipient dont les effets secondaires peuvent être dangereux pour l’homme. Les produits pharmaceutiques pour chevaux ne doivent donc bien sûr jamais être employés, même à dose infime, pour l’homme, et toute la pharmacie doit être inaccessible aux enfants (placard fermant à clef dans les clubs). Dans certains cas, le cheval accepte mieux un produit vétérinaire lorsqu’il est mélangé à de la confiture, du sirop de pomme, ou du miel. Ne laissez jamais trainer le mélange dans un bol potentiellement accessible aux enfants (ou à un adulte non prévenu !)

Le risque chimique dans les écuries
Les produits vétérinaires passent souvent mieux associés à un bon sirop : attention aux enfants ! © L.Bataille

Autre erreur fréquemment décrite : certains produits (les plus banals étant par exemple le crésyl ou l’eau de javel) devant être utilisés en dilution sont employés insuffisamment dilués, voire purs. Ceci dans le but qu’ils soient plus efficaces ou plus rapides (ce qui, en outre, ne serait pas obligatoirement le cas). Les produits insuffisamment ou non dilués peuvent dégager des vapeurs toxiques ou entraîner des brûlures. Il est essentiel de lire sur le bidon les instructions d’usage et de s’y conformer. Les conditionnements changeant assez souvent, il faut s’astreindre à consulter le mode d’emploi et de dilution avec un bidon plus récemment acheté -et a fortiori s’il s’agit d’une autre marque.

«Le problème des refus peut être résolu sans produit chimique, par l’utilisation d’un gyrobroyeur ou l’association chevaux/bovins»

Pour l’entretien des herbages et paddocks, l’on est parfois amené à utiliser des désherbants sélectifs dans le but d’éliminer les refus (plantes non consommés par les chevaux). Certains produits ont une action systémique et sont appliqués sur les petites pousses de plantes jeunes. D’autres s’attaquent aux gros bouquets de plantes adultes (orties, boutons d’or…) Certains produits “grillent” les plantes, ce qui leur confère un aspect “croustillant” très appétent, pouvant amener les chevaux à les consommer.
Dans tous les cas, en cas de désherbage sélectif, il est impératif de sortir les chevaux de ces enclos avant le traitement, et de laisser passer trois semaines avant de les y remettre (un délai de quinze jours est imposé sur le mode d’emploi des produits, mais un délai de trois semaines semble plus raisonnable vu les sécheresses de plus en plus fréquentes.
Les produits utilisés par pulvérisation imposent des précautions d’emploi particulièrement sérieuses : intervenir sans vent et à une température ne dépassant pas 25 °C. Ne pas traiter à proximité de cultures sensibles (vigne, tabac, cultures alimentaires, etc…) ou d’un herbage contenant d’autres chevaux.
Ne jamais faire le mélange dans un seau pouvant être utilisé pour les chevaux. Faire attention aux yeux.

Mais lorsque c’est possible, on préférera éliminer les zones de refus au gyrobroyeur, ou recourir au bon vieux système de la rotation des herbages entre chevaux et bovins ! Ceux-ci peuvent d’ailleurs partager la même parcelled s’il n’y a pas de taureau.

Les engrais utilisés dans les prairies (acide phosphorique, potasse, etc.) se présentent en général aujourd’hui sous forme de petites granules que l’on disperse sur le sol. Il est recommandé de faire ce traitement avant une pluie, de manière à ce que les granules soient le plus vite possible diluées par l’eau et absorbées par la terre. Les chevaux seront impérativement laissés hors de l’herbage traité durant une quizaine de jours afin qu’ils ne soient pas tentés de grignoter ces petites billes potentiellement un peu salées.
L’utilisateur, lui, doit éviter de respirer les poussières de fond de sac, et doit porter durant l’épandage un masque protecteur (ces masques se trouvent dans toutes le cooperatives agricoles).

Pour lire la suite de cet article :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

0 commentaire(s) »
Article publié le 17-05-2009

Postez un commentaire !

Pour pouvoir poster des commentaires, il faut être abonné et connecté :
Cliquez-ici pour vous abonner au journal  |  Cliquez-ici pour vous connecter si vous êtes déja abonnés