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Des hamburgers « au cheval » ?

Par Amélie Tsaag-Valren


N°39 Janvier 2013
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La petite bombe a éclaté à la mi-janvier. Les hamburgers « au cheval » avaient inondé subrepticement les supermarchés anglais avant d'en être rapidement retirés. Et voici que l’affaire rebondit lorsque l’un des géants américains du fast-food a annoncé avoir découvert de l’ADN de cheval dans la viande en provenance de son fournisseur irlandais. La polémique enfle et les infos –vraies ou fausses- se bousculent. Mise au point.

La découverte récente de traces d’ADN équin dans des hamburgers a scandalisé plus d’un cavalier. Face à cette triste affaire, quelques précisions s’imposent pour répondre à la question, bien légitime, « peut-on manger dans les fast-food sans devenir hippophage à son insu » ?

Hamburgers
Tous les hamburgers ne sont pas à rejeter, mais une traçabilité rigoureuse s'avère indispensable. © cyclone bill

Mi-janvier déjà, on annonçait que des hamburgers contenant de la viande de cheval figuraient dans les rayons de certains supermarchés.

David Cameron, premier ministre du Royaume-Uni, a qualifié cette affaire d' « extrêmement grave »

C'est mardi soir, le 29 janvier, que l’un des géants américains du fast-food, Burger King, a annoncé à son tour avoir découvert de l’ADN de cheval dans la viande en provenance de Silvercrest, son fournisseur irlandais. En quelques jours, la polémique se transforme en « Burger King vend des hamburgers au cheval sans le dire ! ».

Testés par un laboratoire indépendant

Ce n’est pas du tout le cas, Burger King assurant par ailleurs avoir fait tester les hamburgers vendus dans sa chaîne de magasin par un laboratoire indépendant, qui n’y a révélé aucune trace d’ADN de cheval. Saluons cette initiative, qui prouve la bonne foi de la chaîne de restaurants face au scandale. Burger King a rompu son contrat avec Silvercrest, qui les a trompés sur la provenance de sa marchandise, censée être « 100 % britannique ». Ce qui garantit en principe l’absence totale d’ADN équin dans les produits alimentaires, l'hippophagie n'étant pas admise dans les Iles Britanniques. S’il faut blâmer un responsable, ce n’est donc pas Burger King, mais l’un de ses fournisseurs. Le géant américain a promis des efforts de traçabilité et de nouveaux tests de détection de l'ADN.

Clydesdales
Les attelages traditionnels avec les chevaux de trait britanniques (ici des Clydesdales) prouvent que les races de trait peuvent survivre sans l'hippophagie dans les pays où celle-ci est taboue. Photo Kersti Nebelsiek, licence C.C. 2.0

Par ailleurs, il ne s’agit pas du tout de « hamburgers à la viande de cheval », comme on a pu le lire dans de mauvais articles repris à la va-vite. D’après l’enquête de la Food Safe Authority d’Irlande (FSAI), l’ADN équin provient de résidus d’additifs alimentaires produits à partir de carcasses d’animaux, dont, à priori, de celles de chevaux abattus en Pologne, un pays où l’hippophagie n’est pas taboue.

Une forme détournée d’hippophagie

La quantité de « cheval » ingérée par Hamburger est donc très faible, pour ne pas dire infinitésimale… Mais il s’agit quand même d’une forme détournée d’hippophagie, et d’une tromperie du consommateur...
Silvercrest a déjà payé cher cette tromperie, un grand nombre de ses clients - en majorité ceux des Iles Britanniques - ayant rompu leurs contrats. Le rejet de l’hippophagie est un principe culturel fort outre-Manche, et David Cameron, premier ministre du Royaume-Uni, a qualifié cette affaire d' « extrêmement grave ».

Le plus gênant est la révélation d’ajouts d’additifs protéinés de provenance douteuse dans la viande destinée aux hamburgers, additifs fabriqués d’une manière qui rappelle tristement les farines animales…
En attendant, pour éviter les viandes aux additifs vendues dans les fast-foods et les magasins hard discount, il existe des dizaines de recettes de hamburgers « maison », que l’on peut cuisiner avec des steaks hachés 100% pur bœuf provenant de boucheries locales…

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Article publié le 01-02-2013

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