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Travail de la position du buste et de l'assiette

Par Pierre BEAUPÈRE
Cavalier professionnel de dressage
Photos © Emmanuelle Peppe

N°5 - Novembre 2009   |  Vues : 1811
8 Commentaire(s)
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Dans la longue introduction de l’article du mois dernier, nous avons vu l’importance d’une bonne position et des défauts que nous nous proposons de corriger. Que les cavaliers avancés qui ne se retrouveraient pas dans ces défauts profitent de l’occasion pour se remettre en question. La position parfaite restant un idéal, chacun de nous, quelque soit son niveau, trouvera son intérêt dans la réalisation de ces exercices. Et ceux-ci sont pratiquement indispensables pour développer le mois prochain une assiette active, nécessaire pour influer sur l’équilibre du cheval et parvenir au rassemblé classique.

Bien que beaucoup penseront à une note d’humour, le pas reste la meilleure allure pour entamer le travail de votre position et corriger la majorité des défauts liés au buste et à la position des mains.

Travailler sa position est extrêmement exigeant, aussi bien mentalement que physiquement, car vous aurez à lutter à chaque instant contre la mémoire musculaire. Votre cheval va lui aussi devoir supporter vos raideurs, vos essais et vos pertes d’équilibre. Rien ne sert donc que vous souffriez tous les deux durant des heures.

Améliorer sa position sans gêner son cheval

Je vous propose donc de profiter du quart d’heure de pas rênes longues que vous lui laissez (j’espère !) avant de commencer à travailler pour concentrer toute votre attention sur votre posture, puis de consacrer les dix dernières minutes de votre séance pour travailler votre liant et votre équilibre au trot et au galop. C’est d’après mon expérience le meilleur moyen d’améliorer rapidement votre position sans avoir à souffrir inutilement ni gêner votre cheval. Le reste de votre séance sera consacré à votre cheval, en vue d’améliorer sa décontraction et son équilibre, en vue de le préparer au mieux au travail que vous allez faire sur vous-même.

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Dernier et ultime point avant de commencer (enfin !), mais un point capital dans le succès du travail : nous allons mettre au point une « Check-List ».

Les pilotes d’avion, avant et après le décollage, ont une liste de points à vérifier et de tests à effectuer pour contrôler le bon fonctionnement de l’appareil. Afin de ne pas négliger certains aspects importants de notre position, nous allons mettre en place une liste de points qui va nous permettre de contrôler notre position toutes les trente secondes (oui oui !) ou éventuellement tous les dix mètres (oui oui aussi !).

Il est INDISPENSABLE de lutter à chaque instant contre la mémoire musculaire et de n’oublier aucun point. Comme un cheval doit être travaillé dans son ensemble, il est à mon sens impossible et sûrement inutile d’avoir une position parfaite si les mains ne sont pas fixes ou en place ou les coudes loin du corps. C’est aussi laid qu’inefficace. Le moindre détail compte donc…

Nous sommes tous des moines bouddhistes…

Cette fois nous y sommes, très impatients et très motivés, en route vers ces merveilles qui vont changer notre vie de cavalier. Vous venez de passer la jambe par-dessus le dos de votre cheval et de vous poser dans la selle. Vous êtes arrêtés au milieu de la piste, vous vous tournez vers moi et dites : « Et maintenant je fais quoi ? ».

Premier exercice : la concentration

Avant tout chose, nous allons prendre du temps. Prendre du temps pour sentir car c’est quelque chose que l’on n’apprend plus aujourd’hui, pressé qu’est notre monde d’avoir du résultat et de la rentabilité (et oui, j’assume mon côté hippie).

«Prendre du temps pour sentir est quelque chose que l’on n’apprend plus aujourd’hui»

Installez-vous confortablement bien au milieu de la selle, faites avancer votre cheval rênes longues ou ajustées (mais sans le mettre en main). Mettez-le sur la piste et fermez les yeux. Tentez de vous concentrer sur la manière dont le dos de votre cheval bouge ou ondule (si votre cheval a un très bon pas). Sentez le rythme et le mouvement de ses jambes et comment cela se répercute sur son dos. Faites attention à lui et à la manière dont son mouvement se propage en vous.

Il est extrêmement important de ne pas prendre cet exercice à la légère et surtout de ne pas juger la qualité du pas. Placez vous dans la peau d’un spectateur, le plus passif possible. A ce stade vous n’avez aucune obligation car l’exercice en lui-même est déjà TRES difficile quand on n’y est pas habitué. Il est vraiment important de prendre conscience du mouvement du cheval et de sa répercussion dans votre propre corps.

Deuxième exercice : la concentration !

Sans rentrer dans le détail des images mentales (qui feront l’objet d’un article à part entière dans Cheval Savoir) nous allons uniquement en appliquer l’un des principes.

Lorsque vous aurez bien pris conscience des mouvements du cheval, concentrerez-vous sur la position de votre corps dans l’espace, toujours de manière passive, sans tenter d’influer ou de corriger sur quoique ce soit.

Prenez le temps de ressentir le contact de vos pieds avec les étriers et comparez la sensation dans votre pied gauche et dans le droit. Tentez de sentir s’il y a une différence au niveau de la partie de votre pied qui est en contact avec le plancher de l’étrier ou au niveau de la pression exercée sur chaque étrier. Ne cherchez surtout pas à corriger, votre corps équilibrera de lui-même avec le temps. Faites-lui confiance et de ne vous occupez que d’en prendre conscience.

Remontez à la sensation dans vos chevilles, vos mollets, sentez la partie de votre cuisse en contact la selle, comparez si vos jambes sont en contact aux mêmes endroits.
Faites attention à vos mains, vos coudes, faites attention aux sensations et mettez toute votre concentration dans ces parties de votre corps, inspectez-les de fond en comble et comparez la partie gauche et droite de votre corps.

J’avais l’habitude de consacrer quinze minutes au minimum au début de chaque séance à cet exercice. J’en sortais toujours avec une grande sérénité, un grand calme, beaucoup de concentration et une conscience accrue du mouvement.

«Une légère cambrure est nécessaire pour ne pas abîmer les vertèbres»

Le buste

Il a été longuement débattu de la position que devrait avoir la colonne vertébrale pour accompagner au mieux les mouvements du cheval. Il semble que les dernières études réalisées par des médecins du sport et des biomécaniciens tendent à prouver qu’une légère cambrure de la colonne vertébrale est nécessaire pour ne pas abîmer les vertèbres.

Etant donné la difficulté à trouver cette cambrure idéale, je préfère prendre le problème autrement et ne penser qu’à tirer la colonne vertébrale vers le haut. Cette image devrait rétablir la courbure naturelle de la colonne et évitera le tassement extrêmement dommageable des vertèbres.

Alors que vous marchez au pas, pensez au squelette des salles de classe. Il est pendu à une potence par un crochet vissé au sommet de son crâne, légèrement en arrière. Tirez cette partie de votre tête vers le haut, en pensant à mettre le plus d’espace possible entre chaque vertèbre. Ne tentez pas d’exagérer votre courbure, ne pensez qu’à vous tirer vers le haut et à rendre votre bassin le plus lourd possible.

Dressage : travail de la position du buste et de l'assiette
Dressage : travail de la position du buste et de l'assiette Dressage : travail de la position du buste et de l'assiette
Un exemple de position correcte puis deux exemples d’erreurs fréquentes, le dos voussé et trop cambré.

La poitrine

Prenez une profonde inspiration. Sentez l’air qui gonfle votre torse et ouvre votre cage thoracique.

La nuque

Faites pivoter votre tête pour dessiner un très large non. Portez franchement votre regard à gauche et à droite. C’est un excellent moyen de libérer la nuque et de développer un beau port de tête. Répétez-le fréquemment au trot et au galop, même lorsque vous exécutez des exercices difficiles, qui ont tendance à faire plonger la tête des cavaliers vers l’avant.

Dressage : travail de la position du buste et de l'assiette

Les coudes

Posez vos coudes sur les crêtes iliaques (la partie la plus haute de votre bassin, que vous avez au-dessus des hanches). Laissez tomber vos bras naturellement.

Dressage : travail de la position du buste et de l'assiette

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8 commentaire(s) »

windy :
Le 01/03/2010 à 13h15

excellent !!
continuez comme çà, les moniteurs de CE ne sont pas des specialistes dressage, un avis externe permet de conforter l'enseignement interne, qui n'est pas toujours à la hauteur...

laurence :
Le 28/01/2010 à 12h16

Merci, j'adore vos articles !

corysande :
Le 15/01/2010 à 09h21

Moi aussi, je souhaite vivement vous remercier, j'ai un galop 4, mais je monte régulièrement un cheval qui fait très souvent des demi-tours sur place en baissant l'épaule et l'encolure. en fait, en général on tombe 5 ou 6 fois par cours. et grâce à la lecture de votre article, j'ai pu rester dessus et cela sans bouger, en gardant mes étriers et plusieurs fois de suite. Monsieur n'a pas compris donc il a essayé à gauche puis à droite. mais j'ai bien tenu sans être trop secoué... il m'a encore par surprise, mais grâce à vous j'ai pu réellement prendre conscience de ma position et je vous en remercie... j'ai fait un pas en avant.

pierrebeaupere :
Le 14/12/2009 à 19h07

Merci beaucoup pour vos commentaires qui me touchent beaucoup.

Pierre.

toscane :
Le 10/12/2009 à 16h27

Toujours aussi clair et optimiste !
Merci pour ces très bons papiers.

gringo :
Le 07/12/2009 à 13h42

Toujours excellents vos articles, que de précieux conseils !! Votre démarche est très pédagogique et d'une grande aide pour le travail de nos chevaux, merci.

charly :
Le 02/12/2009 à 10h23

Toujours la même pointure ces articles. Félicitation Pierre Oo

ingrid :
Le 29/11/2009 à 12h51

Quelle "dream team"!...quel superbe article,rigoureux,pointu et en même temps à la portée de tous...même de "l'élève de l'élève'!Bravo Pierre,et merci!

Ingrid.

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