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Viande de cheval : des dangers pour la santé !

Indépendamment de la répulsion que nous éprouvons à l’idée de manger du cheval, et de la révolte que nous ressentons devant cette énorme tromperie du consommateur, il est un domaine dont personne jusqu’ici ne parle : celui la santé.
Une viande d’origine douteuse, des contrôles vétérinaires de toute évidence insuffisants… les risques pour la santé sont évidents.
Le docteur Jacques Laurent, médecin des hôpitaux de Paris et conseiller technique de Cheval Savoir, lance un cri d’alarme.

Le cours du prix de la viande de cheval s’effondre. C’est peut-être une occasion pour certains de remplacer le bœuf par le cheval dans la monstrueuse chaîne alimentaire industrielle, afin de générer des marges plus juteuses. Dont acte !

Chacun à son poste de responsabilité jure que la lumière sera faite afin que le consommateur soit informé et pour que le fraudeur responsable soit identifié et si possible puni. Dont acte ! Quelques uns parlent de circuits de distribution trop compliqués, de traçabilité défaillante, d’organismes de contrôle obsolètes. Dont acte !

Des étiquetages très clairs... et mensongers
Des étiquetages très clairs... et mensongers. La marque Findus, trompée elle-même semble-t-il, porte plainte contre X. © L.Bataille

D’autres parlent de défaillances du « système », de tromperie, de tricherie, voire de punition à être trop matérialiste, bref de morale sanitaire. Dont acte, dont acte, et encore dont acte…

Nul ne s’interroge encore sur l’émergence de nouvelles maladies infectieuses, face à l’envahissement de nos marchés par une viande clandestine

Pourtant, personne ne prononce ou n’ose prononcer le mot santé. La santé, et avant tout la santé de ceux qui comptent plus que tout pour nous même : nos enfants. Ceux pour lesquels nous achetons pourtant de plus en plus souvent avec circonspection afin de mieux les nourrir, avec insistance parfois et incrédulité souvent. La santé de nos chers enfants, dont l’organisme en croissance est ouvert aux bienfaits comme aux méfaits des produits industrialisés dont certains d’entre nous ont le contrôle, ne fait, en cette période médiatique, l’objet d’aucune préoccupation franche.

Cependant, les maladies infectieuses émergentes comme celle liée le prion « de la vache folle » en 1990 ou au virus de la grippe aviaire plus récemment nous ont largement préoccupés en leur temps, quant à leur transmission et au risque alimentaire qu’elles représentaient.

Une viande clandestine, donc non contrôlée

Nul aujourd’hui ne s’interroge encore sur ces questions d’émergence de nouvelles maladies infectieuses, face à l’envahissement de nos marchés par une viande clandestine. Viande clandestine, donc non contrôlée. Viande clandestine, donc d’origine inconnue. Viande clandestine donc en provenance d’un animal dont la nutrition, l’abreuvement, les conditions d’élevage, l’état sanitaire et les conditions d’abattage demeurent opaques.

Plats surgelés
© L.Bataille
Il est vraisemblable qu’il existe d’inconditionnels optimistes qui se pensent gardiens de l’ordre et de la confiance du grand public, qui croient peut être avec sincérité que tout ceci ne relève que de chimères et de science-fiction et refusent d’aborder les réalités sanitaires.

Actuellement, les foyers parasitaires les plus actifs se trouvent notamment en Roumanie

Néanmoins l’épidémie européenne (et tout particulièrement française) de Trichinellose en 1998 liée à la consommation de viande de cheval importée des pays de l’Est a été, elle, très concrète et a emporté – très concrètement aussi - quelques vies, essentiellement par la localisation du parasite dans le muscle cardiaque du malheureux consommateur. Certes, la cuisson insuffisante de la viande est incriminée, laissant à la Trichine le pouvoir d’exercer son effet pathogène. Mais ce n’est probablement pas là que réside la seule prévention, la meilleure étant certainement de ne pas consommer cette viande infectée.

Les foyers de trichinellose se trouvent notamment en Roumanie

Or il faut savoir, qu’actuellement, les foyers parasitaires mondiaux les plus actifs en matière de Trichinellose se trouvent en Roumanie, en ex-Yougoslavie, au Laos et en Argentine. Et que le diagnostic vétérinaire exige plusieurs prélèvements négatifs sur des muscles différents d’une même carcasse (base de la langue, muscles respiratoires dont le diaphragme…).

Il faut savoir aussi que différentes recommandations internationales stipulent que « la prévention de la Trichinellose humaine passe par le contrôle vétérinaire dans les abattoirs, notamment des viandes de cheval », et que selon l’intensité de l’infestation de l’animal, la viande peut être détruite ou traitée… Dont acte !

1 commentaire(s) »

Brittia [invité] :
Le 11/02/2013 à 15h21

Et pour ceux qui s'inquiètent (et on comprend), voici un récapitulatif des premiers symptômes de la trichinose (également transmise AUTREFOIS par la viande de porc, ce qui a motivé des tabous religieux - aujourd'hui contenue grâce au suivi vétérinaire et aux programmes de vermifugation)...

Les premiers symptômes sont digestifs. Douleurs abdominales, nausées, diarrhées, vomissements. Forte fièvre. Puis : douleurs musculaires, maux de tête, œdème du visage et prurit (démangeaisons).

Si le nombre de larves ingérées est faible, la trichinose peut se manifester sous la forme d’un banal syndrome grippal dont la cause ne sera pas identifiée. Elle peut même passer inaperçue !

Le diagnostic repose sur les signes cliniques caractéristiques (fièvre, myalgies, œdème de la face) et sur une prise de sang : une élévation anormale des enzymes musculaires (CPK) signe la présence de parasites (qui logent dans les muscles => la viande au sens où nous l'entendons en cuisine est du muscle). Autres paramètres associés : augmentation des éosinophiles (catégorie de globules blancs) et présence d'anticorps dirigés contre le parasite. Un micro-prélèvement de muscle (biopsie) permet un examen parasitologique direct.

Article publié le 11-02-2013

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