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L’équitation éthologique vue du Montana

Par Brenda Wahler, propos recueillis par Amélie Tsaag Valren.


N°40 Février 2013
12 Commentaire(s)
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En complément de notre l’article consacré à l’héritage du film L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, nous avons interviewé une authentique instructrice d’équitation « éthologique »...
Originaire du Montana et forte de 40 années d’expérience, Brenda Wahler nous explique que l’interprétation européenne du « natural horsmanship » n’est pas forcément la bonne...

Américaine habitant le Montana (région où s’est initialement développée cette approche du cheval aux Etats-Unis) où sa famille est établie depuis quatre générations, Benda Wahler a vu naître et grandir le mouvement dit du « natural horsemanship » - un terme intraduisible, que l’on pourrait exprimer par le concept « d’écoute du cheval au naturel »… et sûrement pas par équitation « éthologique » ou de « chuchoteurs » !

Le bosal de style texan
Le bosal de style texan, assorti d’un fiador, adapté au débourrage. © Brenda Wahler

En effet, ce que l’on appelle l’équitation éthologique en France constitue une rupture avec des traditions équestres antérieures, et non une méthode totalement novatrice propre à l’Ouest américain. Le mouvement trouve ses sources dans l’ouest américain et notamment le Montana, véritable région de cow-boys du Far West, semblable à ce que nous montre le film de Robert Redford L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux.

Amélie Tsaag-Valren : Brenda Wahler, pouvez-vous nous dire comment vous avez appris cette approche de l’équitation dite « naturelle ?

Brenda Wahler : Dans les années 1970 et au début des années 1980, j’étais adolescente, j’ai développé ma propre approche des chevaux et de leur dressage. Je faisais partie de ces nombreuses personnes en révolte contre certains cow-boys qui pratiquent le débourrage en force. J’ai commencé à étudier le dressage classique… Je dois beaucoup à un écrivain de l’Ouest, désormais presque oublié, du nom de Charles O. Williamson, qui a écrit un sur le débourrage du cheval de travail du bétail ; ce livre prônait des méthodes très similaires à celles du « natural horsemanship » bien avant la vague d’engouement moderne. J’ai aussi beaucoup aimé et apprécié les œuvres de grands cavaliers comme Henry Wynmalen et Alois Podhajsky.

Je suis en désaccord avec l'approche complètement bridleless (sans bride) : les mains du cavalier ont leur raison d’être

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12 commentaire(s) »

happymeal :
Le 15/02/2013 à 15h07

Je suis intrigué par le début de votre première légende... "Le bosal de style texan" C'est le mot texan qui m'intrigue. Le bosal, mot qui désigne la pièce de cuir tressé en forme de goutte d'eau de l'assortiment montré n'a , selon ce que j'en sais, ni d'origine ni d'attache texane. Il est issue de la tradition Vaquero (Buckaroo) qui trouve ses racines en Californie, Idaho, Nevada.
Ayant moi-même suivi un peu l'enseignement de quelques Vaqueros (Martin Black, Mike Bridges), et ayant débourré mon cheval et continuant de l'éduquer avec le hackamore californien, je ne peux que louer cette méthode traditionnelle qui vise en premier lieu lé légèreté et procède par allègements successifs de l'ensemble hackamore + mecate.

marechalviviane :
Le 16/02/2013 à 20h11

Aussi ne pas oublier la lecture de Bill Dorance & Leslie Desmond:
"The True Horsemanship Through Feel"
je dirai qu'il s'agirai peut-etre de l'ouvrage le plus important sur le natural Horsemanship car Bill en est le doyen sans compter qu'a 20 ans il a recu la revelation d"Etienne Beudant lisant son chefs-d'oeuvre : Exterieur et Haute Ecole".

laetitia :
Le 16/02/2013 à 21h24

Merci Marechalviviane de nous signaler cet ouvrage supplémentaire de Bill Dorrance en co-écriture. Et il est intéressant de faire savoir que Bill a perçu l'extraordinaire finesse de compréhension de Beudant, à (laquelle je faisais aussi allusion dans mon édito de ce mois-ci) dans ce livre majeur qu'est "Extérieur et Haute Ecole". Des vérités qui se rejoignent...
Bien cordialement
Laetitia Bataille

:
Le 20/02/2013 à 20h09

Pourquoi, chercher ailleur,lorsque nos maitres Français expliquent trés bien l'équitation de légéreté etla psychologie du cheval.
Lisez donc une approche psycholgique de l'équitation par Jean D'ORGEIX;les nombreux livres de Daniéle Gossin; et bien sur nos maitres académique Pluvinel,Gustave LE BON,Générl L'Hotte, Général Decarpentry,la liste est tellement longue.Mais, aujourd'hui le cheval est un Business auquel adhére malheureusement notre Fédération.

brunokito :
Le 21/02/2013 à 08h59

Bonjour

Je suis complétement d'accords sur le paragraphe concernant Par Parelli, "Pat Parelli ou gourouland".

Nous, les européens sommes friands de tout ce qui provient de l'Ouest, il suffit d'apposer les lettres magiques "USA CANADA", pour faire chavirer les foules, ces "americanades" annhilent complétement notre réflexion et nous font oublier notre histoire et nos grands maitres passés ou contemporains.

On oublie trop souvent qu'au moment des cow-boys", les cavaliers francais exécutaient des prouesses, sur tous terrains, tous climats, vivaient 24 hrs/24 hrs avec leur chevaux. Il serait temps de s'intérreser à eux....

valren :
Le 21/02/2013 à 13h37

Bonjour, je ne comprend pas ces reproches sur l'article. Brenda Wahler dit elle-même qu "l'équitation éthologique n'est pas une méthode novatrice propre à l'ouest américain" et que les grands écuyers français appliquent nombre de principes qui relèvent du simple bon sens. Celà rejoint votre propos...

laetitia :
Le 21/02/2013 à 18h58

Chers lecteurs

La vocation de Cheval Savoir, c'est de rechercher pour vous toutes les formes du...savoir ! Bien évidemment, le savoir se trouve notamment sous la plume de Jean d'Orgeix (avez-vous lu les articles de son élève Isa Danne ?) de L'Hotte, de Danièle Gossin, etc. J'ai rappelé dans mon édito d'octobre 2012 que "l'équitation est une" (formule que j'aime beaucoup) mais que tout évolue et qu'il faut aller voir aussi ce qui se passe ailleurs (c'est un souhait qui a maintes fois été exprimé par nos lecteurs). Heureusement, en ce qui concerne cet article, il semble que le Montana fasse bon ménage avec les auteurs classiques, non ?
Quant aux cavaliers français d'équitation de travail (nos cow-boys à nous) ils ont été mis à l'honneur par de nombreux articles sur la Camargue. Fouillez dans la Bibliothèque de CS !

Très cordialement

Laetitia Bataille
Rédacteur en Chef

brunokito :
Le 22/02/2013 à 08h45

Bonjour,

Pour clore cette discussion intéréssante, pour ma part je fini mon commentaire sur une note historique.

Au moment des cow-boys, en Europe et plus particuliérement en France, les militaires utlisaient les chevaux composant le corps d'armée apelle "Cavalerie".
Tous ces hommes de chevaux, qui viviaient avec leur montures 24hrs/24, ces hommes qui vivaient et mourraient à cheval.
Comment étaient préparé ces chevaux qui allaient pourfendre les défenses adverses, sautant au dessus de l'artillerie crachant son feu destructeur, etc etc.
On oublie trop souvent que chez nous aussi, il y avait des chevaux et des hommes de cheval.

Et aujourd'hui, j'ai l'impression que nous encensons un peu trop rapidemment tout ce qui vient de l'Ouest en pensant que les Américains du Nord détiennent la vérité. Beaucoup de mes élèves me parlent souvent d'ouvrages ou d'articles provennant de la kyrielle des chuchoteurs en pensant qu'ils détiennent la vérité absolue.
Et bizarrement quand je leur montre des vidéos d'Olivera, quand je leur cite Steinbrecht, La Gueyriniére etc, ajouté avec des gravures de cette époque. Ils s'apercoivent que rien n'a été inventé, mais simplement repris...

Trés cordialement
Bruno Alet
BPJEPS.

tolomea :
Le 23/02/2013 à 17h52

J'ai beaucoup apprécié cet article, ainsi que les commentaires, parce qu'il rejoint ma pensée. L'engouement pour les Parelli et compagnie vient peut être 1) de l'idée (erronée) que ces méthodes sont plus faciles à appliquer que celles de l'équitation classique, et 2) des lacunes dans l'enseignement équestre courant dans les clubs et bien sûr de l'oubli, dans cet enseignement, des principes classiques et nos grands auteurs!

:
Le 23/02/2013 à 19h19

L'enseignement de l'équitation en France se limite trop souvent à monter et un point c'est tout... En tout cas c'est le cas dans beaucoup de centres pour le cavalier lambda... Normal qu'à un moment ce cavalier lambda cherche autre chose que faire tagada... Normal qu'il s'interroge sur cet animal qui fait sa passion... L'équitation éthologique à la booth ou à la parelli a su remplir ce vide et accepter le questionnement... vulgariser un savoir est un mérite même si oui, c'est du business et si oui, c'est du recyclé... Mais cela a le mérite d'être expliqué... Libre à chacun de faire le tri... L'équitation ,dite éthologique à tort, a comblé, osons le dire, un vide pédagogique... Et d'ailleurs, si nous sommes sur cheval savoir à profiter de tous ces articles si riches et variés dans leurs points de vue... C'est sans doute pour le plaisir d'apprendre, combler le vide sans oeillères et en tolérance... Il y a de bonnes choses à prendre partout, tout comme à en laisser ;) merci pour cet article et pour tous les autres à CS !

atrait :
Le 07/03/2013 à 14h47

Je trouve ça toujours un peu réducteur lorsque je lis, Parelli est uniquement les 7 jeux.. ^^

En effet c'est ce qu'il y a de plus médiatisé en France, les 7 jeux Parelli, mais la méthode ne s'arrête pas là, il y a des milliers d'articles super intéressants à lire qui ne traite absolument pas des 7 jeux...

Je trouve ça toujours un peu dommage, que les gens mettent en avant les effets pervers des méthodes éthologiques...
- Le côté buisness et commerciale qui est en effet déplorable...
- L'aspect robotisant si les gens suivent une méthode à la lettre sans regarder une minute leur cheval...

Tout cela est vraie! Mais c'est vraie pour presque tout...?

Et je préfèrerais parfois que les gens s'attardent parfois plus sur ce que chaque méthode éthologique ou pas, pourrait leur apprendre, leur apporter, piocher ce qui nous correspond, regarder le meilleur... Et laisser de côté ce qui ne convient pas, sans s'attarder dessus...

Je pense qu'être bon partenaire pour notre cheval, être un bon homme/femme de cheval, c'est aussi être ouvert à tout, et plus axé sur le positif, que s'acharner sur le négatif...Et ceux dans notre travail avec eux aussi...

(je ne jette en rien la pierre à CA, je trouve seulement les réponses de B.W. parfois un peu réductrice à mon goût...)

:
Le 22/03/2013 à 12h07

"Ce que l’on appelle l’équitation éthologique en France constitue une rupture avec des traditions équestres antérieures..."

C'est du moins ce qu'elle prétend parfois abusivement. J'ai eu l'occasion de voir des tenants français de l'équitation improprement qualifiée d'"éthologique" se gausser d'avoir inventé ce qui ressemblait à s'y méprendre à une flexion de Baucher... Tout en restant ouverts à tout ce que peuvent nous apporter les méthodes contemporaines de dressage, sachons rendre aux grands maîtres - dont la lecture demeure indispensable à la culture équestre - ce qui leur appartient.

Article publié le 12-02-2013

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