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Les forces mécaniques, guides invisibles de l’équitation…

Par Cartan Kazumi
chercheur en biomécanique à l’Université de Tokyo

N°5 Novembre 2009
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Dans ce troisième et dernier volet de son étude sur la locomotion du cheval et les leçons que l’on peut en tirer pour l’équitation, Cartan Kazumi nous entraîne vers une conclusion optimiste : le cheval a une logique « ergonomique » dans sa manière de se déplacer, qu’il est possible de mettre à profit pour rendre certains mouvements plus faciles…

Aucun cheval n’a jamais lu de traité d’équitation. S’il nous est malheureusement impossible de lui indiquer les belles paroles des maîtres d’hier et d’aujourd’hui, le cheval n’est pas non plus un ignorant complet. Sans indications de la part du cavalier, un cheval sait sauter un vertical et un oxer avec des trajectoires différentes, adaptées à la hauteur et la longueur de l’obstacle. Les notions de « hauteur » et de « longueur » lui sont donc compréhensibles.

«Traduire nos demandes en termes mécaniques dont la signification est compréhensible par le cheval»

Le cheval reconnaît aussi les forces. Un cheval se promenant sur une surface horizontale, va changer son équilibre en rencontrant une montée par exemple. Il tend l’encolure, augmente la poussée des postérieurs. Le cavalier n’a pas besoin d’intervenir, le cheval sait de lui même quoi faire lorsque les forces extérieures sont modifiées.
Comme nous, le cheval connaît bien les lois mécaniques dans lesquelles il évolue depuis son plus jeune âge. Ce qui amène à penser que la mécanique peut être intéressante, car assez bien compréhensible pour le cheval. Les mots « transitions » ou «pirouette » par exemple lui sont étrangers, mais leur traduction en termes mécaniques signifiant « aller plus vite » ou « tourner court », pourraient lui permettre de mieux saisir le but des exercices.

Biomécanique du cheval
Ce poulain qui tourne court « tombe » naturellement sur son épaule intérieure © L.Bataille

Comprendre ce que ressent le cheval en mouvement

Tout objet sur terre est soumis aux lois mécaniques, par exemple nous sommes tous attirés par la terre par une force égale à notre propre poids. C’est la pesanteur. Nous y sommes tellement habitués que nous n’y prêtons pas attention. Or, une des plus célèbres lois découvertes par Newton se résume à (Force) = (Masse) x (Accélération)
Un objet est donc sujet à plus de force d’autant plus qu’il est lourd et rapide. Le cheval, sept à dix fois plus lourd et au moins deux fois plus rapide que nous humains, est des multiples fois plus fortement influencé que nous par les forces mécaniques ! Les forces mécaniques étant invisibles, il serait utile de connaître leurs actions pour comprendre se que ressent le cheval lorsqu’il est en mouvement.

Regardons maintenant un cheval en train de changer de vitesse, ici en train de ralentir.
Mécaniquement parlant, comment un cheval s'arrête-t-il ?
Nos études sur des chevaux de dressage, de reining et d'équitation de travail ibérique, tous de haut niveau, ont révélé que les chevaux pour s'arrêter inclinaient leur membres vers l'avant, et que les angles de ces membres étaient étroitement liés au taux d'accélération (taux négatif bien sûr pour s'arrêter), surtout pour les postérieurs. Cette inclinaison des membres engendre un recul de la masse par rapport à ces derniers.
Le demi-arrêt, la parade, qui "rééquilibre" le cheval, c'est cela ! Instinctivement, lors d'une décelération, les quadrupèdes rejettent vers l'arrière leur centre de gravité, pour combattre une force, l'inertie, qui les tire vers l'avant, qui les déséquilibre.

Les forces mécaniques aident à muscler

Ensuite, chez ces mêmes chevaux, plus des pur-sang de course, l'accélération depuis l'arrêt à été observée.
Contrairement à l'arrêt, pour démarrer les membres de ces chevaux étaient toujours presque verticaux, même si l'inertie devrait agir sur le cheval comme lors de l’arrêt, mais en sens inverse. Le cheval n'inclinant pas ses membres vers l'arrière, l'inertie, qui tire le cheval vers l'arrière, a pour effet de surcharger les postérieurs et d'alléger les antérieurs. Pour accélérer dans ces conditions, le cheval devra donc faire travailler plus que d'habitude les muscles de ses postérieurs. Les démarrages sont donc d'excellents moyens pour muscler l'arrière-main du cheval…

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Article publié le 17-05-2009

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