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L’Akhal-Téké : « Un cheval qu’on a envie de vouvoyer »... 

Avec l’aimable autorisation de Jean-Louis Gouraud.


N°41 Mars 2013
2 Commentaire(s)
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Souvent plus connu pour sa robe parfois métallisée que pour ses réelles qualités, le cheval Akhal-Téké est auréolé d’un certain mystère.
Jean-Louis Gouraud, amateur passionné et connaisseur de cette race, fondateur de l’Association Française du Cheval Akhal-Téké, en est, selon sa propre expression, « un propagandiste infatigable ».
Laissons lui la parole.

L’Akhal-Téké est originaire de Turkménie (1), dont la capitale s’appelait Achkhabad, ce qui veut dire « la ville de l’amour ».
« C’est un cheval qu’on a envie de vouvoyer » disait joliment Maria Danilova Tcherkezova, qui a consacré sa vie à l’Akhal-Téké et contribué à sauver cette race de disparition.

Akhal-Téké
L'Akhal-Téké présente parfois des robes originales qui contribuent à sa magie.
© Viktoria Makarova/Fotolia.com

...« C’était autrefois un pays de cavaliers, un pays où le cheval était roi. Et pas n’importe quel cheval : un cheval extraordinaire qu’on a baptisé akhal-téké parce que ses principaux éleveurs appartiennent à une tribu, les Tékés, qui habitent une vallée verdoyante au milieu du désert : la vallée de l’Akhal.

Comme tous les pays du monde, la Turkménie a connu au cours des siècles d'immenses bouleversements : des guerres, des cataclysmes – mais aussi les progrès : l’électrification, l'industrialisation, la mécanisation, la construction de routes. Dont les premières victimes furent le cheval et ceux qui l’employaient.
République autrefois soviétique, devenue indépendante, la Turkménie d’aujourd’hui est un pays moderne dans lequel il faut bien le reconnaître le cheval n’a plus guère sa place.

Si le pur sang anglais est un sprinter, l’akhal-téké, lui, est un marathonien

On a bien construit, sur la périphérie de Achkhabad, un vaste hippodrome, où l’on entraîne des centaines de chevaux Akhal-Téké. Mais les courses à l'anglaise (aller vite sur une courte distance) ne sont pas ce qui met le mieux en évidence, en valeur, les qualités fondamentales de la race. Sa spécialité, c’est plutôt le fond, l’endurance. Si le pur sang anglais est un sprinter, l’akhal-téké, lui, est un marathonien. Le roi des longues distances ».

L’Akhal-Téké
L’Akhal-Téké, cheval ancestral des Turkmènes... Photo Heather Abounader Photography/licence Wikipédia

...« C'est un animal fin, svelte, aristocratique. Un cheval au port altier dont l'encolure forme un angle (presque) droit avec la ligne du dos, et dont la tête, toujours expressive, est (quasiment) dépourvue de toupet.

Peau fine, robe soyeuse, crin rares : l’Akhal-Téké se caractérise – se distingue – par son élégance un peu hautaine. Bien qu’il ne soit pas très grand (1,60 m à 1,65 m) ses longues jambes graciles (on dit qu’il a « beaucoup d’air sous le ventre ») lui donnent un aspect élancé, une allure (et des allures) élastique (s). Lorsqu’il se déplace, à grande foulées rasantes, monté sur les vibrants ressorts de ses fines guibolles, il se dégage de lui une sorte de grâce vigoureuse – curieux mais harmonieux mélange de force et de fragilité, de virilité et le féminité. »

... « On a déjà évoqué son exceptionnelle beauté. Il faut parler aussi surtout de ses qualités réellement hors du commun. S’il n’est pas le cheval rapide du monde, il est certainement l'un des plus endurants. C’est un marcheur infatigable. Sa force, c’est de pouvoir avancer encore après que tous les autres chevaux de toutes les autres races du monde aient abandonné. Sa grandeur, c’est sa prodigieuse capacité à avaler des kilomètres – non pas une seule fois un seul jour, mais tous les jours, pendant des jours et des jours. »

Un cheval améliorateur...

...« Cheval total ? Presque ! S’il n’est pas vraiment le meilleur galopeur ni le meilleur sauteur du monde, l’akhal-téké a fait ses preuves, par contre :

  • comme cheval améliorateur : si la présence de sang akhal-téké chez le pur-sang anglais ou chez le trakehner n’est pas réellement prouvée, du moins elle est possible, sinon probable. Elle est avérée, par ailleurs chez de nombreuses races « russes », telles le dontchak (cheval du Don) ou le fameux orlov. C’est du moins ce qu’affirmait mon vieil ami le professeur Bobilev ;

  • comme cheval de dressage : il suffit de citer le nom de Absinthe (souvent appelé Absent par défaut de traduction de son patronyme russe) qu’on a souvent surnommé « le cheval du siècle » : médaille d’or à Rome en 1960 (sous la selle de Filatov) médaille de bronze à Tokyo en 1964 (…). Il est le champion le plus titré de l’histoire des Jeux Olympiques. Des esprits chagrins reprochaient à Absinthe d’être « trop anglais » ou fortement « trakehnerisé ». Mais comme les trakehners et les anglais ont tous deux des ancêtres akhal-téké, je ne vois pas bien où est le problème ;
Akhal-Téké Cirque Grüss
Un Akhal-Téké dans un numéro en liberté au cirque Alexis Grüss. © Coll. Cirque Alexis Grüss
  • comme cheval de cirque, enfin. Très prisé par les « dompteurs » pour sa franchise, l’akhal-téké a fait pendant un demi-siècle les beaux jours du Cirque de Moscou, gigantesque organisation qui, à l’époque soviétique, entretenait en permanence. Il faisait tourner dans toute l’URSS des centaines de numéroS dont une bonne cinquantaine utilisaient des chevaux de diverses origines, mais principalement turkmène.

C'est en France que, de nos jours, l’akhal-téké qui a trouvé son meilleur metteur en scène en la personne de Alexis Grüss, qui en possède quatre1, merveilleusement mis en valeur et présentés dans son « Cirque National ». (1) : Jean-Louis Gouraud utilise le nom de Turkménie pour désigner ce pays plus volontiers nommé Turkménistan

Extraits de L’Asie Centrale, centre du monde (du cheval), de Jean-Louis Gouraud, Belin Ed. 2005.

1. En 2005

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2 commentaire(s) »

valren :
Le 13/03/2013 à 22h25

Ce cheval en couverture fait vraiment rêver, on le croirait "doré à la feuille d'or".

danne :
Le 02/04/2013 à 08h27

Très joli article sur ce sublime cheval !

Isa Danne

Article publié le 13-03-2013

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