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Des chevaux de trait moins lourds ? Nouvelles perspectives...

Par Amélie Tsaag Valren.


N°41 Mars 2013
5 Commentaire(s)
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À l’heure où le programme Interreg IV « Cheval de trait au service de la gestion forestière et rurale durable », lancé dans toute l’Europe en 2009, vient de s’achever, quelques questions s’imposent sur le devenir des races de trait françaises… Des races alourdies pendant plusieurs décennies, chez lesquelles la nouvelle recherche du « tractionneur » pour l’attelage utilitaire et de loisir a dû passer par des croisements... américains ou l’infusion de sang de races légères. L’ère du « lourd » de 1200 kilos se termine-t-elle enfin ?

Les chevaux de traction pesant de 700 à 900 kilos étaient à l’honneur au 50° Salon de l’Agriculture.
L’alourdissement systématique des races de trait ressemble, pour les passionnés de ces puissants animaux, à un long cauchemar dont les éleveurs commencent à peine à se réveiller. L’idée de manger ces chevaux pour sauver leur race de la disparition doit beaucoup à Henry Blanc, directeur des Haras nationaux durant les années 1970. À cette époque où les chevaux de trait français voient tous poindre le spectre de l’extinction, il lance une série de mesures, douloureuses mais nécessaires, pour les reconvertir en animaux de boucherie. Et sauver leur patrimoine génétique…

Le cheval de trait
Le cheval de trait, une entité en quête d’une image et d’un devenir... © Girodl-Fotolia.com

Le scandale de la viande de cheval a entraîné récemment de nombreuses mises en lumière chez les éleveurs de trait, qui avouent plus facilement leur obligation de vendre une majorité de produits à la boucherie pour continuer leur activité. L’élevage présente toutefois des disparités importantes, certains gardant la moitié des animaux pour l’attelage et les loisirs, d’autres affirmant que la totalité de leurs poulains partent au couteau en Italie. Le premier élève du tractionneur plein d’allant, le second du… « lourd » ! Le « lourd » peut difficilement connaître un autre destin que l’étal du boucher.

Ces chevaux sont dotés d’un squelette et de membres calibrés pour porter un quart à un tiers de poids en moins que ce qui leur est infligé

Avec le recul de l’hippophagie en France et la nouvelle demande en chevaux d’attelage de loisir et de travail urbain, le « lourd » apparaît désormais comme une véritable impasse pour nos races de trait.
Une impasse dont la sortie demande encore quelques années de sélection…

Le cheval « lourd », une spécificité française ?

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5 commentaire(s) »

atrait :
Le 14/03/2013 à 14h08

Il y a encore un gros changement de mentalité à faire pour en arriver là je pense aussi... Cela dépend bien sûre des races, certaines sont en avance sur d'autres (le Percheron effectivement!!), mais d'autres sont à la traîne...

Chez le boulonnais par exemple, les éleveurs sont vieillissants et la plupart d'entre eux sont à la course à qui aura le plus gros et plus grand étalon, le plus impressionnant...La norme est encore là...
Sur les concours, sur les trois premiers laiterons primés, le 3/4 sur le podium sont déjà de "beaux" modèles pour leur âge...

Il faut de toute façon toujours du temps pour que les mentalités évoluent et que les changements se fassent, les syndicats et certaines aident poussent à cela aussi...

laetitia :
Le 14/03/2013 à 14h25

Merci, Atrait, de ces précisions. L'important est la prise de conscience du problème... c'est le rôle d'une revue comme CS, et aussi notre rôle à tous.

L.B.

solal :
Le 14/03/2013 à 18h44

En Suisse, notre cheval de trait est le Franche-Montagne, et bien qu'élevée pour la boucherie dans bien des cas, cette race a plutôt perdu du poids au cours des années.
Le FM est devenu un compagnon de famille, sportif, polyvalent (dressage, attelage, randonnée, saut, cheval d'école,...). Et nos éleveurs sont souvent des agriculteurs qui ne possèdent que quelques juments poulinières, dont l'élevage n'est pas véritablement une source de revenus, mais plutôt une fierté.
Je pense que la voie qui a été suivie par nos éleveurs peut aussi être appliquée aux traits lourds français..
N.A

atrait :
Le 14/03/2013 à 19h13

Solal, je pense que les syndicats de race, et autres auraient beaucoup à gagner en s'inspirer justement du modèle de reconversion, de valorisation du FM...
L'aspect militaire y a je pense était pour beaucoup aussi, mais la sélection et la valorisation chez les FM est bien mieux faite que chez nous... Rien qu'au niveau des tests en terrain, classement au stud book, etc...!
Y a de quoi s'inspirer!

valren :
Le 14/03/2013 à 23h26

Bonjour Atrait et Solal, et merci de vos commentaires, ça me fait toujours très plaisir de lire des débats passionnés !

Concernant le FM, une différence essentielle avec la France réside dans le fait que la Suisse ait une unique race nationale (le demi-sang suisse étant moins populaire que le FM). En France, il y a neuf races de trait, dix de selle et trois poneys, en mettre une en avant au niveau national est plus compliqué. Même en local, les berceaux d'élevage sont proches les uns des autres.


Article publié le 13-03-2013

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