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Les mains, un faux problème...

Par Isa Danne, cavalière professionnelle de dressage.


N°41 Mars 2013
16 Commentaire(s)
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Certains enseignants vous recommandent d’avoir les mains hautes, d’autres de les garder basses… La vérité, c’est qu’il faut les mettre là où le besoin s'en fait sentir, le temps de régler le problème (cela peut être quelques minutes ou plusieurs séances).
En gardant à l'esprit qu’elles ont un rôle à jouer en ce qui concerne l’équilibre du cheval.
Explications.

La première chose qui me vient à l'esprit est de vous mettre en garde : les mains de la plupart des cavaliers ne sont pas fixes, ce qui engendre des problèmes de dialogue entre cheval et cavalier.

La main fixe, qu’est ce que c’est ?

Une main qui n’est pas tirée vers l’avant par le déséquilibre du cheval (cheval qui tire, s’appuie) et qui ne va pas bouger avec le corps du cavalier (problème de mobilité du coude, de crispations de l’ensemble du cavalier, de mauvaise assiette…) Une main, qui tout simplement, ne va pas reculer vers le cavalier (cavalier qui se tient aux rênes, qui tire). Les mains doivent être indépendantes et fixes dans l’espace.

Les mains
On pourrait penser que le cheval est dans une bonne attitude, mais ce n'est pas tout à fait le cas. Il mériterait d'avancer un peu son bout du nez vers l'avant pour allonger son encolure plus en longueur, mais sans être plus basse.
Ce qui est intéressant à comprendre : Samo que je monte depuis 2 semaines à de gros soucis d'équilibre. Il n'arrive pas encore à étirer, déplier son encolure car il n'a pas suffisamment de force dans le dos et dans l'arrière-main. Il est probable que dans quelques temps, si on refait des photos du même cheval, son attitude sera changée, avec plus de longueur devant et des hanches, et un dos plus fort. © L.Bataille

Les mains ne doivent pas non plus accompagner les mouvements d’encolure d’avant en arrière (ce qui favorise un équilibre sur les épaules) coudes qui se déplacent d’avant en arrière.

Le cheval au naturel se déplace en poussant avec ses postérieurs horizontalement vers ses épaules – en fait, en se déséquilibrant vers l’avant

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16 commentaire(s) »

maite :
Le 24/03/2013 à 18h56

Bonjour,

Bon article ! Mais le dernier paragraphe me chagrine un peu. En effet, un cheval, naturellement possède se mouvement de balancier; au pas. Je pense qu'il est essentiel d'accompagner la bouche de son cheval car, à chaque mouvement d'encolure c'est l'énergie d'un postérieur qui est transmise, l'empêcher revient à bloquer la mécanique naturelle du cheval.

plectrude :
Le 25/03/2013 à 08h11

A titre personnel je trouve justement cela très éclairant, parce que chercher à fermer l'angle tête encolure, mais tout en conservant un balancier comme le décrivent les manuels... c'est le casse tête pour tout le monde : comment expliquer au cheval "tu ne peux pas disposer de tout ton balancier, mais un peu quand même" ??

Je pense que c'est très clair quand on lit "Le cheval se sert de son encolure comme balancier pour favoriser un déplacement le plus économique possible. Cela va justement avec cette moindre poussée des postérieurs dans un axe plutôt horizontal dont je parlais plus haut."

C'est d'ailleurs très facile d'observer cette différence au pré, entre un cheval qui marche relaxé vers son point d'eau, et un cheval qui marche toute frime en avant vers un nouvel arrivant. Le premier a le bout du nez loin en avant, un balancier d'encolure important. Le second à l'encolure haute, fixe, et un pas relevé.

C'est bien cette seconde attitude que l'on recherche en dressage n'est-ce-pas ? Ca n'a rien d'anti naturel...
... à condition de laisser souvent le cheval se relâcher régulièrement et profiter alors de son balancier dans toute sa longueur.

maite :
Le 25/03/2013 à 13h27

Bonjour,

Je vous rejoint dans le sens où mon cheval me demande moins fortement ce mouvement au fur et à mesure qu'il se rassemble mais, même si elle reste subtile, cette balance existe toujours. Il me parait néfaste de figer ses mains au pas, sous réserve de creuser le dos du cheval.

Pour ma part - lorsque vous parlez de la difficulté de faire comprendre à son cheval - j'essaie de garder une tension tout en accompagnant, je l'augmente temporairement si je souhaite enlever un peu de poids des épaules.

debpictures :
Le 25/03/2013 à 16h59

Instructif :)

danne :
Le 28/03/2013 à 08h28

Bonjour à tous,

Maite, qui parle de l'empêcher pas moi ! Pour ma part pour le jeune cheval j'ai les mains fixes mais sur des rênes longues. je laisse le plus possible de liberté a l'encolure car je ne souhaite pas fermer les jeunes chevaux, je concidère qu'il faut les fermer petit à petit par l'arrière main. Si on ferme un jeune cheval devant trop vite, comme c'est le cas la plupart du temps, on compromet la possibilité d'arriver à un véritable équilibre rassembler par la suite. Donc je donne de l'équilibre au jeune chevaux en travaillant sur le renforcement de l'arrière main. La main est présente mais par touche et définit une limite mais qui est loin et peu contraigante. Je ne coince pas les jeunes chevaux entre mains et jambes !! De plus cela compromet durablement l'impulsion véritable des chevaux !!

danne :
Le 28/03/2013 à 08h32

Je pense que peut être il faudrait aller plus loin encore dans le rassembler pour vous rendre compte que le cheval s'il est correctement rassembler ne va plus utiliser ce balancier. Par contre il faut que les hanches soient gymnastiquées pour pouvoir fonctionner dans le rassembler et il faut une encolure longue et non raccourcie comme c'est souvent le cas ! C'est un travail de plusieurs années...plus ou moins complexe.

Isa Danne

danne :
Le 28/03/2013 à 08h33

Oui Plectrude ton analyse est parfaitement juste !

:
Le 31/03/2013 à 09h53

Maite,

J'ajouterais que je parle de mains fixes mais pas de doigts fermés ! On peut avoir une mains fixe sur des rênes longues ou une main fixe qui laisse glisser les rênes si besoin !
La main de fer dans un gant de velours c'est ça, une main qui peut tout aussi bien se fermer et résister et l'instant d'après s'ouvrir!

Isa Danne

maite :
Le 31/03/2013 à 11h14

Peut être ai-je mal compris votre propos. Laisser moi vous montrer ce que je comprend lorsque vous écrivez "ne pas suivre la bouche du cheval".
Au naturel, nous sommes d'accord pour affirmer que le cheval applique à son encolure un mouvement de balancier propre à chacune de ses allures.
Donc, je ne comprend pas pourquoi dès lors qu'un cavalier monte sur son dos il empêche se mouvement dès lors que les rênes sont tendues.

Pour moi, suivre la bouche de son cheval signifie que lorsque les rênes sont tendues, les doigts sont fermés sur celles-ci, alors que les coudes restent suffisamment élastiques pour permettre la balance naturelle de l'encolure.
Est ce plus clair ? Continuez de m'éclairer, cette discussion est instructive =) !

danne :
Le 31/03/2013 à 14h03

Maite,

Et bien je pense avoir tout dis :)
J'ai bien compris ce que vous faites c'est semble t'il moi qui est du mal à me faire comprendre de vous.
Quand un jeune cheval ce sert par habitude et par économie de sont balancier il ne faut en aucun cas lui attraper la tête pour l'en empêcher ce serait une cause de crispation et contre productif !
Par contre tout le travail de basse école, les gymnastiques permettent de "fixer" l'encolure c'est a dire au fur et à mesure que le cheval renforce sont arrière main il se sert de moins en moins de sont balancier. Il n'est pas question de bloquer ce mouvement avec les mains en forçant une immobilité factice.
L'objectif, a terme, est d'obtenir une encolure longue, un chanfrein légèrement en avant de la verticale et un cheval qui se déplace en se portant par ses hanches. Le cheval ne se sert plus de sont balancier 'encolure) mais bien de ses hanches pour fonctionner et donner de l'énergie dans ses mouvements. C'est justement cette fameuse tension de la ligne du dessus !

Isa Danne

lipica :
Le 01/04/2013 à 08h32

Savoir doser et s'adapter à son cheval... et inversement... cette symbiose arrive à force d'écoute (des deux) et de travail (des deux aussi)
Pour ma part, mon cheval comprend fort bien la différence entre travail et détente après un effort en cours de séance car je suis claire dans mes aides...
Et cette main fixe n'est pas du tout facile à perfectionner
Danne, je suis d'accord qu'il ne faut pas imposer d'un coup mais amener le cheval à le faire progressivement
Encore un bon article!

:
Le 01/04/2013 à 09h08

L'encolure n'est jamais envisagée de façon positive que comme balancier dans les allures naturelles, son côté négatif étant le déséquilibre provoqué en équitation d'école par sa longueur et son poids, en plus de sa mobilité . Conclusion: on lui reproche de gêner dans l'obtention du rassemblé, si l'on analyse bien les conseils généralement donnés. La musculature impressionnante de cette partie du cheval, et sa relation indiscutable en continuité avec le corps et les membres, laisse toute la place, me semble-t-il, à une hypothèse beaucoup plus intéressante de rôle musculaire de première importance dans la transmission des forces de l'arrière vers l'avant. Qu'en pensez vous?

maite :
Le 01/04/2013 à 11h38

Danne,

J'ai bien compris ce que vous m'expliquez. En faite, je réalise que je ne suis pas à un stade suffisamment élevé de dressage pour approuver tout de suite le dernier paragraphe de votre article sans toutes ces explications.

Merci pour votre lumière !
Cordialement

danne :
Le 02/04/2013 à 07h52

Bonjour ...,

Pour ma part l'encolure n'a jamais été envisagé commeun problème, c'est pour le travail de rassembler justement un attout il me semble.

D'ailleur, lorsque je choisi un cheval aujourd'hui je cherche des encolures longues,j'y prête plus d'attention qu'a une autre époque.

La relation qui existe en arrière main et avant main est effectivement réelle mais comment pourrait-il en être autrement ?

Dans le travail je me sers beaucoup de l'encolure pour obtenir les postérieurs, l'encolure permet d'avoir un impact sur les postérieurs et donc de commencer à donner les moyens au cheval de se rééquilibrer. Je n'y voit que des avantages !

Je crois que pour beaucoup c'est un problème car aujourd'hui on demande aux cavaliers de fermer les chevaux (de les mettre "sur la main") sans les avoir gymnastiquer du coup cela construit des chevaux rigides, aux encolures nouées , racourci voir totalement contractées et qui évoluent dans un équilibre sur les épaules.

Pour ce qui me concerne j'utilise dés les premiers pas du jeune cheval (une fois qu'il est 3 aux allures)l'encolure pour avoir les postérieurs. Je passe beaucoup de temps au pas pour créer une relation solide entre arrière main et avant main c'est le seule moyen, à mon sens, d'avoir un cheval rassembler dans la souplesse plus tard.

Isa Danne

soalheiro :
Le 05/04/2013 à 11h04

Salut Isa !!
Encore merci pour cet article qui rencontre pîle ce que je suis entrain de travailler avec Soal .... Je sors d'un stage avec D.Lahaye qui m'a bien fait comprendre que mon "jeune" cheval,7 ans, à plus besoin encore de travailler sa position d'encolure afin de mieux trouver son équilibre et du coup mieux engager ses postérieurs, que de travailler son rassembler ..."Ce serait une erreur, m'a t elle dit, que de vouloir mettre Soal au Piaffer trop tôt ... son pas ne pue pas encore assez le Piaffer"
La fixité des mains c'est vraiment le point de départ pour tout travail d'equilibre, reste à doser les jambes et recuperer cette impulsion ds les mains .... Ma question serait plutot du genre : si correction il ya ou plutôt encouragements elle vient de signaux de la main externe ? interne ? ou des deux à la fois ? ... Pour ma part je lui envoie des petites touches de la main externe vers le haut pour l'encourager a relever l'encolure ...

danne :
Le 10/04/2013 à 22h46

Bonsoir Soalheiro,

Comme je le disais je ne mets jamais de demi-arrêt, je le faisais avant et j'ai fini par trouver qu'on gagnait moins que ce qu'on perdait !
Donc, auourd'hui,je fixe une limite sur laquelle le cheval s'il perd l'équilibre peu venir tomber, quand ça arrive je patiente je mets le cheval dans un exercice ou il devra mobiliser ses hanches et j'attends qu'il retrouve l'équilibre. Ce retour à l'équilibre vient de l'arrière vers l'avant, alors que le demi-arrêt crispe plus la ligne du dessus, c'est une sanction. De plus ce que j'ai remarqué c'est que l'on devra agir ainsi toute la vie du cheval, le demi-arrêt n'a pas le même impact sur la mémoire qu'une main fixe qui laisse le temps au cheval de trouver dans son corps la manière de s'équilibrer.

isa Danne

Article publié le 23-03-2013

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