Accueil » Editos

La ferme de Jappeloup

Laetitia Bataille

Cela pourrait être le titre d’un livre, à l’instar du « Ranch de Flicka » mais c’est un roman d’un genre très différent. La ferme de Jappeloup, en Gironde, a donné son nom à un cheval, des vins, des vêtements.

Le cheval a donné son nom à un film, à un livre, et... on ne sait pas encore à quoi d’autre, car il semble que la manne veuille d’arrêter, stoppée par un soudain déferlement de procès et de scandales.

Ah quand l’argent s’en mêle ! Certains d’entre nous, naguère admiratifs de Pierre Durand qu’ils prenaient pour modèle, se mettent d’un seul coup à le détester : il n’est que de lire les « posts » laissés dans l’espace « Commentaires » de Cheval Savoir, les mails et les lettres qui nous parviennent. Monsieur Delage, naguère inconnu, est devenu un saint, Pierre Durand un monstre. Ou l’inverse, au gré des rebondissements de l’affaire ou de la sensibilité de chacun. Jappeloup divise.

Henri Delage avait certes le droit de déposer une marque portant le nom d’un de ses chevaux. Il dit maintenant que c’était aussi le nom de sa ferme ; en effet, l’affixe « de Luze » apposée au nom officiel du cheval Jappeloup est celui du sponsor de l’époque, les cognacs de Luze. Les producteurs d’un film utilisent le nom du cheval qui en est le héros. Qui a déposé le premier le nom de Jappeloup en tant que « marque » ? Est-ce vraiment important pour nous, amoureux des chevaux, de le savoir ?

Il faut croire que oui. Mais pour des raisons qui n’ont sans doute pas grand chose à voir avec les principes et le droit. Car vous tous, chers lecteurs et « commenteurs » passionnés, vous vous sentez probablement – comme nous à la Rédac- concernés par cette affaire dans la mesure où vous aimez Jappeloup. Même les plus jeunes, qui ne l’ont pas connu, aiment Jappeloup, l’idée même de Jappeloup, son image, sa presque-légende maintenant. Nous ne supportons pas que sa mémoire soit ternie par des histoires humaines, trop humaines...

Une vieille dame de mon entourage m’a confié, catégorique comme peuvent l’être parfois les vieilles dames : « Je n’irai pas voir le film, je ne veux pas être triste. » « Mais ce n’est pas un film triste » ai-je répondu, « c’est un beau film, romancé, émouvant mais pas triste, Jappeloup ne meurt pas à la fin... »
« Peu importe », a répondu la vieille dame, « moi j’ai beaucoup pleuré quand Jappeloup est vraiment mort, en 1991. »
Sacré « P’tit bout de zan »...

Photo de couverture : © SSSPABLO - Fotolia

Lisez le journal sans restriction :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

8 commentaire(s) »

loulou75 [invité] :
Le 09/04/2013 à 10h53

J'ai lu quelque part que M.Delage a déposé la marque Jappeloup en 1986 dans quatre classes dont le nom des animaux vivants ( et non pas 1996 comme écrit sur l'INPI, en effet lors du renouvellement en 1996, une erreur a entrainé un retard )
P.Durand ne peut l'ignorer, puisqu'en 1987 son sponsor
'' de Luze'', a assigné M.Delage pour lui piquer sa marque pour la classe vin ) procès que de Luze a perdu .
La ferme depuis 1969 s'appelle Jappeloup tous les chevaux nés depuis sa création portent l'affixe Jappeloup.
Le nom appartient à M.Delage, bien avant que Jappeloup naisse, M.Delage a vendu à P.Durand un cheval, pas un nom !
Ceci dit tout le monde a le droit d'exploiter la marque Jappeloup, dès l'instant qu'un classe est libre

M.Durand prétend qu'il ne veut pas que Jappeloup devienne un nom commercial, Pourtant il a déposé la marque dans des dizaines de classes, qu'il doit commercialiser, c'est une obligation, sinon la marque tombe en déchéance.

Fais ce que je te dis, pas ce que je fais !


Elodie [invité] :
Le 09/04/2013 à 11h59

M.Delage a consacré sa vie et son argent à élever des chevaux, il n'a rien demandé à personne, et il se voit tout à coup assigné, parce qu'un film sort sur Jappeloup.
P.Durand a déposé des dizaines de classes à l'INPI, c'est bien pour en faire commerce !
Pourquoi l'éleveur qui a donné le nom Jappeloup à tous ses chevaux et en a déposé la marque pour cela, ne pourrait il pas en bénéficier, surtout que si j'ai bien lu, il ne l'a fait que dans quatre classe. Son apport à l'élevage Français vaut bien cela !
Tout comme P.Durand pour les marques qu'il a déposé eu égard à son travail fait auprès de Jappeloup, même si il a été payé pour cela et reçu bien des honneurs et poste de prestiges. Contrairement à M.Delage qui a vendu son cheval une poignées d'euros......
Tout comme le film qui a redonné une notoriété à cette histoire oubliée ! Car sans ce magnifique film, il n'y aurait surement pas d'affaire, n'est ce pas P.Durand ?
De toute façon dès l'instant que des classes sont libres, elles peuvent être utilisées.
P.Durand n 'est pas le seul ''fabricant"" de la légende Jappeloup !

Adrien [invité] :
Le 09/04/2013 à 17h50

Les jeunes années de jappeloup livre écrit par F.Terier-Thuault le 1ère cavalière de Jappeloup.

Extrait :
Préface d'Henri-Jean Delage

Jappeloup n'est pas le fruit du hasard ! Il est le résultat d'une passion, l'élevage. Je lui ai consacré ma vie.
J'ai fait naître à la Ferme équestre de Jappeloup, près de Saint-Savin-de-Blaye, de bons trotteurs, qui m'ont permis de gagner à Vincennes en attelé et en trot monté.
Passionné par les courses d'obstacles, j'ai fait en 1969 l'acquisition de Vénérable, une poulinière pur-sang à la robe bai foncé. Reproductrice généreuse, Vénérable m'a offert dès le début quelques beaux produits. Elle donna naissance, en 1973, à un bel anglo-arabe du nom d'Hello Jappeloup, qui fit mon bonheur en obtenant de très bons résultats, grâce auxquels il a pu continuer sa carrière comme étalon.
L'année suivant sa naissance, j'ai décidé de croiser les gènes pur-sang de Vénérable avec ceux d'un trotteur, ce afin d'obtenir un AQPS pour les courses de steeple-chase. Il me fallait un sauteur puissant, courageux et je me suis dit que cette alliance pouvait aboutir à un cheval qui remplirait toutes ces conditions.
Jappeloup, puisque c'est de lui dont il s'agit, beau poulain à la robe aussi foncée que celle de sa mère, a dépassé de loin toutes mes espérances. Il a pris de chacun de ses parents le meilleur pour devenir un cheval d'exception. J'ai entrevu, dès ses premiers sauts, ses capacités exceptionnelles. Je reste persuadé qu'il aurait fait une grande carrière en courses. Mais, cédant aux suppliques de Françoise Terrier, la cavalière de ses débuts, pour qui le steeple-chase représentait une discipline dangereuse et impitoyable, j'ai préféré destiner Jappeloup aux concours de saut d'obstacles.
J'ai ainsi eu le grand bonheur d'avoir fait naître et grandir un cheval de légende, de l'avoir vu évoluer jusqu'à la consécration finale.
J'ai obtenu ce que beaucoup cherchent tout au long de leur vie. J'ai vu se concrétiser l'ambition de tout éleveur, mieux que dans mes rêves les plus fous. Jappeloup, petit par la taille mais grandi par sa puissance, sa ténacité et son talent, a fait de moi un homme comblé. Puisse son histoire faire rêver tous ceux qui un jour ont pensé que rien n'était impossible.

En 2010, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, j'ai fait naître Ad Vitam Jappeloup (Selle français).

dulys :
Le 09/04/2013 à 21h01

Sans Pierre Durand, pas de Jappeloup, et inversement...







Adrien [invité] :
Le 09/04/2013 à 23h53

A Dulys :
Sans P. Durand pas de Jappeloup, on ne peut pas dire ça, P.Durand était amateur, il a mis beaucoup de temps pour se mettre au niveau.Un Cottier, un Bertrand de Blanda etc... des cavaliers et des très bons il y en a plein. Mais pour qu'un cavalier connaisse la consécration, il faut une grand, un très grand cheval ! Si ça dépendait uniquement du cavalier, la France ne remporterait pas une médaille tout les 40 ans ..... Je pense que Jappeloup aurait sous une selle, il aurait pu, qu'il aurait du gagner, les J.O de Los Angeles ! L'un avait le génie, l'autre n'était pas encore prêt !

dulys :
Le 10/04/2013 à 08h52

C'est ce qui fait la "légende" !!

Avec des "si", nous pouvons refaire le monde. "Si Jappeloup avait eu un autre cavalier", etc etc...
Je vous cite : "Si ça dépendait uniquement du cavalier, la France ne remporterait pas une médaille tout les 40 ans " .

Je vous répond que si ça dépendait uniquement du cheval, on ne remporterait pas une médaille tout les 40 ans non plus...

On en revient à ce que je dis, pas de Pierre Durand sans Jappeloup et pas de Jappeloup sans Pierre Durand. L'équitation est un sport de couple!!

A ce jour, c'était Pierre Durand le cavalier de Jappeloup, et personne d'autre. Et même si il a mis du temps à se mettre au niveau comme vous dites, on ne peut pas lui enlever son succès avec Jappeloup. Que l'on apprécie la personne ou pas.

Adrien [invité] :
Le 10/04/2013 à 09h57

Tout cela me semble tiré par les crins !
Bien sur qu'il faut un cavalier et un cheval pour le saut d'obstacles.
Ce que je veux dire, c'est que les bons cavaliers , ce n'est pas ce qui manque.
En revanche les chevaux qui font la différence, ne sont pas légion.
Et ça n'a rien à voir avec la personnalité de P.Durand .

odile :
Le 08/09/2013 à 12h20

Il est quand même très dommage de voir ces procès pour un nom ! Pour nous tous Jappeloup reste le ptit bout de zain qui nous a fait rêver par ses perf et son caractère !
Un beau gâchis !
P. Durand et H-J Delage devraient plutôt être fiers de l'image de ce cheval reflétée par les livres et le film.
Qu'ils aient protégé le nom je le comprends tout à fait mais Jappeloup appartient aussi à tous les passionnés dont il a fait vibré le coeur.

Article publié le 07-04-2013

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire