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Polémiques à Compiègne

Par Amélie Tsaag Valren.


N°42 Avril 2013
6 Commentaire(s)
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Les médias français attirent l’attention sur les investissements du sénateur-maire de Compiègne, Philippe Marini, en faveur du monde du cheval. Son épouse est membre de l’Association Compiègne-équestre, qui travaille à l’organisation de compétitions internationales depuis plus de 20 ans.
Conflit d’intérêts ? C’est oublier que le cheval a toujours fait partie du paysage culturel et sportif compiégnois…

Compiègne est, avec Chantilly, la grande cité du cheval dans le département de l’Oise. Cette ville impériale héberge depuis 1875 un haras national, et reçoit des évènements prestigieux depuis des décennies. De nombreuses statues équestres ornent la ville, notamment celles de Jeanne d’Arc (qui, on le sait, y fut arrêtée en 1430).

Compiègne
Compiègne accueille des compétitions de dressage de haut niveau. © Association Compiègne Equestre

En plus de son haras et de son hippodrome au nom curieux « du Putois », Compiègne dispose d’un stade équestre et d’une vaste forêt attenante à ce dernier, très appréciée des cavaliers randonneurs. On se souviendra peut-être qu’en 1983, la ville a accueilli (en partenariat avec Pierrefonds) l’Equirando qui s’appelait encore à cette époque « Rallye International de Tourisme Equestre »).

Un investissement en faveur de l’équitation, troisième sport pratiqué en France, devrait-il susciter plus de polémiques que la construction d'un stade de football ?

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6 commentaire(s) »

dragonelly :
Le 10/04/2013 à 21h47

Merci pour cet article.

Pour ma part, je suis choquée qu'il y ait une polémique ! Quand on pense que certaines villes utilisent l'argent public pour subventionner des corridas et que personne ne s'en offusque, ça donne à réfléchir, non ?
Cela dit, un des problème, c'est que l'équitation n'est pas "considéré" comme un sport par la plupart des gens et par conséquent, rares sont les villes qui soutiennent financièrement la filière.
D'un autre côté, même si les activités équestres sont reconnues "agricoles" depuis plusieurs années, les aides pour monter une structure équestre sont quasi inexistantes...
Alors que les cours d'équitation sont à présent accessibles à tous par leurs tarifs attractifs, rien n'est fait pour aider les entrepreneurs. D'ailleurs comme on dit dans le milieu : "pour devenir millionnaire dans les chevaux, il faut commencer milliardaire !"

Peut-être est-ce aussi en partie à cause de cela, que notre art s'appauvrit. De nombreux "maîtres" existent sans doute, mais s'ils n'ont pas d'argent, comment font-il pour monter leur structure et enseigner leur sagesse ?

valren :
Le 10/04/2013 à 22h25

Bonjour Dragonelly, je suis bien d'accord avec vous !

En plus du fameux reproche du type "l'équitation n'est pas un sport", on trouve le serpent de mer "l'équitation est élitiste, ce n'est pas populaire, les compétitions n'intéressent qu'une minorité de personnes..."

J'ai envie de répondre "venez voir passer la Route du Poisson, venez voir ces villages entiers se rassembler le long des routes pour le plaisir de voir les attelages (même à quatre heures du matin), revenez ensuite dire que le monde du cheval n'est pas "populaire".

On peut aussi citer l'endurance, et les événements du type Equirando... Ces personnes n'ont tout simplement aucune idée de ce qu'est la vie à Compiègne (et dans les villages alentour), ni de ce qu'est la diversité du monde du cheval.

Et oui, la vie est difficile pour les professionnels de notre milieu...

isleno :
Le 22/04/2013 à 11h25

Bonjour
Dans quel monde vivez-vous pour affirmer que "les cours d'équitation sont à présent accessibles à tous par leurs tarifs attractifs" ? Probablement dans une de ces écurie de propriétaires qui ne laissent pas entrer "n'importe qui". Je ne connais pas en détails le problème de Compiègne mais, partout, les écoles publiques manquent de moyens et ce ne sont pas les chevaux qui feront l'avenir. Et si M.le maire de Compiègne travaillait dans les deux sens, si il favorisait aussi l'accès des scolaires au cheval, les faisant ainsi bénéficier des investissements ? Cela ne pourrait être que bénéfique aux enfants de tous niveaux sociaux qui pourraient ainsi accéder à une discipline exigente et formatrice mais aussi, à long et à moyen terme, aux professionnels qui pourraient voir leur clientèle s'accroître. Mais encore faut-il accepter de s'ouvrir à d'autres qu'aux simples spectateurs de défilés de randonneurs. L'image élitiste de l'équitation n'est pas fortuite et ce n'est pas qu'une image.

dragonelly :
Le 22/04/2013 à 13h35

Bonjour Isleno,

Pour répondre à votre toute première question, je suis monitrice d'équitation et par conséquent je connais extrêmement bien le milieu ainsi que les tarifs pratiqués, en tout cas dans ma région (Est de la France). Il n'est pas rare que les centres équestres proposent des leçons pour moins de 10€ l'heure à cheval et parfois moins de 8€ l'heure pour les poneys.
Vous parlez d'écuries de propriétaires, mais il n'est pas nécessaire d'être propriétaire de son équidé pour faire de l'équitation.
Maintenant, je suis d'accord avec vous pour dire que certaines personnes pratiquant la compétition (mais c'est entre 10 et 20% des licenciés globaux) ont un comportement élitiste envers les cavaliers de loisir. Et les écuries de propriétaires qui réunissent ces cavaliers là, doivent beaucoup contribuer à cette image dont vous parlez.
Cela dit, les moniteurs d'équitation et les gérants de centre équestre de manière générale, gagnent à peine leur vie (et encore, quand ils y arrivent !) à cause des raisons citées dans mon premier commentaires : pratiquement aucune aide des institutions publiques et des prix de leçons "trop" attractifs". Le but de ces prix "cassés" : avoir un maximum de cavaliers.
Personnellement, je ne suis pas pour cette stratégie marketing et je préfèrerais que l'on privilégie la qualité à la quantité, mais je peux comprendre qu'en désespoir de cause et dans un milieu si isolé financièrement, les dirigeants de centre équestres essaient de trouver des solutions pour "rentabiliser" leurs structures.

valren :
Le 22/04/2013 à 18h13

Bonjour Isleno, je me permet également de répondre sur certain points :


J’habite Le Meux, à dix kilomètres de Compiègne. « Le vieux Le Meux », comprenons le cœur du village, est à vocation agricole. Les propriétaires de chevaux des environs sont des agriculteurs diversifiés qui produisent des céréales ou des betteraves (l’élevage ne paie plus), ils ne possèdent souvent qu’un ou deux chevaux.

Dire que « l’équitation est élitiste » pose un problème de définition puisqu’il existe des dizaines, voire des centaines de manières de monter à cheval. Beaucoup de monde ne connaît le cheval qu’à travers le sport hippique, c’est un peu comme dire « le monde de l’automobile est élitiste » en ne se basant que sur la formule 1…

Concernant les coûts des leçons d'équitation, comme Dragonelly je trouve ces tarifs abordables – seul l’achat du matériel est rebutant… mais en club, il est possible de « l’emprunter ». Une heure d’équitation est par exemple bien moins chère qu’un jeu vidéo neuf (et je connais plus d’une personne « pauvre » qui achète trois ou quatre jeux vidéos par mois) ?

Ensuite, vous dites que « M. le maire de Compiègne devrait favoriser l'accès des scolaires au cheval, en les faisant bénéficier d’investissements, pour permettre aux enfants de tous niveaux sociaux d’accéder à une discipline exigeante et formatrice […], mais encore faut-il accepter de s'ouvrir à d'autres qu'aux simples spectateurs de défilés de randonneurs.

Je pense que sur ce point, nous avons des visions différentes. J’estime que c’est à l’individu de faire l’effort d’approcher un univers qui lui est étranger, pas à l’univers étranger d’« envahir » le milieu où vit cet individu (en partant du noble sentiment de "mettre à la portée") pour qu’il se mette à le connaître et à l’aimer. Quand une personne ne veut pas de contacts avec un univers, elle le rejette de toute façon… et il ne me semble pas que les cavaliers et organisateurs de concours tirent à vue sur les personnes venues de milieux populaires (ou appartenant à certains groupes ethniques) à l’entrée.

Après, comme le dit très justement Dragonelly, il y a toujours des personnes fermées qui désirent garder à l'équitation une image de sport élitiste. Mais l'équitation, c'est aussi la randonnée, l'endurance, la Route du Poisson, les concours d'élevage, les concours d'attelage, je peux vous assurer que l'ambiance y est très populaire et familiale.

trekezek :
Le 25/04/2013 à 05h13

http://www.mediapart.fr/journal/france/070212/hippodrome-de-compiegne-le-rapport-qui-accable-eric-woerth

Article publié le 07-04-2013

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