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Saut Hermès : le Grand Prix pour Ludger Beerbaum

Soleil sous la verrière, plateau des meilleurs cavaliers du monde... ce dimanche, avec un Grand Prix au niveau particulièrement relevé, le Saut Hermès se terminait en apothéose et s’affirmait comme un événement parisien et international incontournable –que Ludger Beerbaum, le vainqueur du jour, marque désormais de son empreinte.

Michel Robert l’avait expliqué en faisant, au micro, une « reconnaissance » commentée. Le parcours comportait notamment un vertical de palanques noires et ondulées, pile en direction du paddock et à quelques mètres de la sortie. Difficile, quand on est cheval, de se résigner, après l’avoir franchi, à repartir sur la droite pour continuer le parcours. Mais c’est bien de franchissement lui-même de cet obstacle insolite, dont la ligne supérieure était visuellement bien floue et les planques... d’une insoutenable légèreté. Ce sera bien le « juge de paix » escompté sur ce parcours.

Marcus Ehning
Ludger Beerbaum, vainqueur de ce Grand Prix Hermès 2013, s’apprête à recevoir son trophée, une sculpture de Christian Renonciat, qui lui sera remise par M. Patrick Thomas, Président d'Hermès, en compagnie de M. Axel Dumas et son jeune fils Anatole -celui-ci représentant la septième génération des héritiers de la Maison Hermès. On reconnaît derrière eux Rolf-Göran Bengtsson (troisième), Pénélope Leprévost (sixième) et Hans-Dieter Dreher (à gauche). © L.Bataille

Treize obstacles et seize difficultés pour le parcours initial. Beaucoup de très grands couples n’auront pas droit au barrage à cause d’un petit quatre points (parfois des fautes « bêtes ») ou pour un simple point de temps dépassé. Inusitées, aussi, ces fautes sur le numéro 1, privant de barrage Steve Guerdat et le Sheikh Ali al Thani) ou sur le tout dernier (comme Michael Whitaker).

La chute de Marcus Ehning

Quant à la palanque ondulée, elle sera fatale à de nombreux cavaliers... et au barrage, fera la perte de Hans-Dieter Dreher, pourtant en grande forme au cours de ce concours, et de Marcus Ehning, qui y fera une chute, à la suite d’une dérobade de Copin de Broy. Sans lâcher les rênes, le cavalier sera traîné par son cheval sur plusieurs mètres – en direction de cette fameuse sortie si proche. Il se remettra en selle, très applaudi, mais devra renoncer à une victoire qu’il tenait à portée de main après un premier tour éblouissant de pureté, et un début de barrage ultra-rapide.

C’est donc Ludger Beerbaum, le « boss » de l’équipe allemande, dans un style magnifique également, qui remportera l’épreuve avec un son cheval valeur-sûre, Chaman. Une nouvelle victoire au Grand Palais à son palmarès.

« J’étais vraiment heureux de la façon dont le cheval a sauté aujourd’hui, de la façon dont je l’ai monté », explique Ludger Beerbaum. « Je sentais que je ne faisais qu’un avec mon cheval. Gagner est une chose, mais de gagner de cette façon, avec cette sensation d’osmose, c’est quelque chose qui n’arrive pas tous les jours. C’est un vrai bonheur »

Reed Kessler
Reed Kessler, la cavalière américaine de 18 ans, brillante seconde de ce Grand Prix Hermès. © L.Bataille

La deuxième place revient à la toute jeune Reed Kessler qui a 30 ans d’expérience de moins que le « Kayser ». A deux dixièmes de seconde près, la jeune américaine avec Cylana (la jument avec laquelle elle a participé aux olympiades de Londres) a bien failli créer la surprise. Il s’en est fallu de peu : une mauvaise distance en sortie d’un virage qu’avec une maîtrise et une sûreté incroyables, elle a rectifiée en rajoutant une foulée corrective... qui lui coûte la victoire. « Cette deuxième place reste magnifique et surtout me met en confiance pour la finale de la Coupe du monde dans quinze jours. Ma jument a sauté tout l’hiver sur la grande piste de Palm Beach, il s’agissait de la recaler sur une espace plus restreint comme ce sera le cas à Göteborg. Cette performance au Grand Palais m’a permis de trouver mes marques ». Une analyse et un langage très professionnels...

Reed Kessler passe ainsi devant Rolf-Göran Bengtsson, qui avec Quintero La Silla, prend la troisième place. Maredith Michaels-Beerbaum avec Bella Donna est quatrième et également double sans faute.

Sergio Alvarez Moya (cinquième) Pénélope Leprévost (sixième) sont les plus rapides des « 4 points » dans ce barrage.
Pénélope est la meilleure parmi les cavaliers français dans ce Grand Prix, où Michel Robert, Kevin Staut, Simon Delestre, Philippe Rozier ont tous fait des fautes au premier tour, et où Patrice Delaveau, qualifié pour le barrage, y fera huit points avec Lacrimoso. Roger-Yves Bost était non-partant.

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Article publié le 15-04-2013

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