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La position active et le travail de la position au galop

Si j’imagine que vous ne me remerciez pas pour les courbatures et les heures de souffrance que vous vous êtes infligées (j’avais pourtant dit dix minutes par jour !), vous voilà néanmoins prêts à attaquer le travail de la position au galop et poser les bases du développement de l’assiette active. Vous allez découvrir comment influencer l’équilibre de base du cheval, le développement et le raccourcissement de sa foulée et son degré de rassembler. Tout cela avec votre position. Et non, ce n’est pas une blague...

J’ai eu l’honneur et la chance d’avoir comme Maître Elisabeth de Walsche, une élève (durant 17 ans) du Maître Nuno Oliveira, qui m’a fait prendre conscience du rôle capital de la tension des muscles du bas du dos pour influencer l’équilibre et le rassembler des chevaux. Il est à mon sens assez incroyable que l’on trouve si peu d’allusions à son importance dans la littérature équestre et encore moins d’indices sur la manière adéquate d’utiliser son dos. Si Nuno Oliveira en souligne régulièrement l’intérêt, la description la plus complète des subtilités de son utilisation provient à mon avis du fantastique livre de Kurd Albrecht Von Ziegner « Element of Dressage – A guide for training the young horse », malheureusement non traduit en français.

Voici donc une suite d’exercices qui devraient vous faire prendre conscience du pouvoir de votre dos et vous ouvrir une porte vers une équitation plus fine, où l’équilibre et surtout le rassembler ne dépendent plus de la main et permettent un réel abaissement des hanches sans la nécessité de « porter » le cheval.

Alice au Pays des merveilles

Que l’on soit d’abord bien clair. Oui un monde merveilleux de finesse, de plaisir et d’harmonie se profile à l’horizon. Si le cavalier débutant (malheureusement aussi beaucoup de cavaliers avancés, voire très avancés !) peut enfin s’imaginer monter en gardant un contact doux et léger avec la bouche de son cheval sans être tracté, si le cavalier de CSO peut s’imaginer reprendre et rééquilibrer son cheval après un obstacle sans résistance et tout en douceur et en souplesse, et si le cavalier de dressage peut rêver de magnifiques piaffés où le cheval développe le maximum de ses capacités et de son rassembler sur des rênes à peine tendues, je tiens malgré tout à préciser certains points.

Tout d’abord, nous entrons ici dans un travail qui demande énormément de finesse, de sensibilité et de réflexion. Il n’est plus question de travailler uniquement votre corps comme vous feriez de la gymnastique ou de monter en vous raccrochant aux rênes ou, pire, en enfermant votre cheval entre main et jambes pour soi-disant le tendre et le rassembler. Il n’est pas question non plus d’abandonner son cheval rênes longues et le dos creux. Dans ce travail, le couple que vous formez avec votre monture est primordial, tout comme l’harmonie de votre communication, c’est-à-dire la clarté et la rapidité de réponse du cheval à vos aides mais votre capacité à prendre en compte ce que celui-ci vous transmet.

Cet article n’est donc pas une méthode de travail (bien qu’il constitue une des pièces du puzzle) mais uniquement un moyen de vous faire sentir comment utiliser votre corps tout au long des différents exercices que vous êtes censés pratiquer au quotidien pour améliorer le contrôle et l’équilibre de votre monture. Vous allez pour cela devoir utiliser des muscles dont vous connaissez à peine l’existence pour l’instant et qu’il vous faudra apprendre à contrôler pour être capable d’adapter la tension et de choisir les chaînes musculaires adéquates à utiliser. Bref, c’est aussi compliqué au début que simple une fois devenu automatique…

La position active et le travail de la position
La position active et le travail de la position
Notez ici l’évolution du piaffé du cheval. Les deux photos ont été prises à environ 6 mois d’intervalle et illustrent bien la manière dont le cavalier parvient à contrôler le cheval par sa position et peut relâcher les rênes en descente de main. Notez d’autre part l’évolution de la flexion des hanches et de l’attitude de l’encolure car le cheval n’a plus besoin d’être soutenu par la main

Un état des lieux

Vous devriez sentir les tout premiers effets de votre travail de position commencé le mois dernier. Surtout continuez, la position se travaille durant toute une vie. Elle n’est jamais assez parfaite et assez liante. Vous le devez à votre cheval.

Vous devriez donc aujourd’hui être capable au minimum de trotter enlevé correctement, au mieux d’effectuer tous les exercices de la Saint-Georges au trot sans étriers (et oui, il y a du trot allongé dans la Saint-Georges !) Il est temps de travailler notre position au galop…

Le galop est traître. Traître car malgré la relative simplicité du mouvement du dos du cheval, il crispe les débutants qui sont jetés hors de la selle à chaque foulée. Et traître car la peur du débutant passe très vite mais que restent malgré tout de graves insuffisances de l’assiette que certains cavaliers, même très avancés, n’ont pas résolus. Mettons donc tout le monde au même niveau et allons danser la lambada.

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4 commentaire(s) »

kodarz :
Le 14/01/2010 à 17h31

Je n'ai jamais lu d'explications plus limpides. Merci Pierre, je vais m'atteler sans tarder à cette gymnastique...

JM Acchiardo

laurence :
Le 31/01/2010 à 11h58

Lorsqu'on est à l'écoute de son cheval, de sa locomotion, on a une façon de monter assez proche (recherche de sensations). Beaucoup de cavaliers cherchent ce "graal", mais on ne les trouve pas dans les structures "club".
C'est presqu'une équitation "instinctive"... le plus difficile, pour les enseignants, c'est de trouver de bonnes formulations pour l'ensemble des élèves.
Par certains côtés, je trouve que ces articles se rapprochent des écrits de Sally Swift. Connaissez-vous l'équitation centrée ?
J'ai hâte de lire l'article sur les images mentales et enrichir encore ma façon d'enseigner !
Merci beaucoup pour cette série d'articles et le temps que vous y consacrez.

jotezec :
Le 17/02/2011 à 17h03

j'ai lu plusieurs fois l'article et est bien compris, mais la réalisation est loin d etre évidente par exemple rester decontractée pour transitionner du galop au trot , je n'arrive pas a controler les muscles du bas du dos et une fois sur deux je rebondis, idem pour le travail au trot si je me concentre sur le fait d'avoir les fesses bien dans la selle, inevitablement les jambes se contractent et je rebondis. dur dur!!

mariefrance :
Le 01/07/2015 à 16h06

Cela est du détail. Ayant perdu mon instructeur c'est exactement le travail commencé, une bonne connaissance de la biomécanique du cheval en adéquation avec le cavalier. Merci de cette instruction précise, reste à à étudier studieusement

Article publié le 17-05-2009

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