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Rencontre avec Marine Oussedik

Propos recueillis par Amélie Tsaag-Valren.


N°45 Juillet/Août 2013
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Son nom évoque des dessins de fins coursiers arabes, des scènes magistrales entourées de frises où les oiseaux de proie et les chiens de chasse se mêlent aux cavales en mouvement. Les chevaux du vent, les chevaux d’encre, les chevaux de rois, des Arabes et des Ibériques au port altier, aux harnachements chamarrés. Le vent du paradis a peut-être soufflé sur les mains de Marine Oussedik, qui œuvre depuis vingt ans dans l’illustration et la sculpture, et expose désormais dans le monde entier.

Marine nous reçoit chez elle en toute simplicité, sur le plateau picard où elle s’est installée. Ses deux chevaux, l’impressionnant Selle français Jefferson (1,78m au garrot) et le Lusitanien gris Idaho tentent de se mordiller. « Je les mets au pré en fin de journée, le Lusitanien est photosensible. Pour sortir, il doit porter une ouverture intégrale… ». Pas de cheval Arabe dans l’écurie de Marine : « Je le regrette, mais ils sont trop petits. En tant que cavalière de dressage, ils ne sont pas adaptés à ma taille ». Comme un écho à la race fétiche qui a tant fait connaître sa propriétaire, le Lusitanien Idaho arbore un chanfrein curieusement… arabisé !

Marine en compagnie de ses deux chevaux
Marine en compagnie de ses deux chevaux, Jefferson (à gauche) et Idaho (à droite). © D.R.

Toute la carrière de Marine Oussedik semble placée sous le signe du vent, à l’image des proverbes éoliens qui accompagnent les dessins de l’un de ses premiers ouvrages à succès. L’évolution de ses créations est édifiante : des contours esquissés dans les premiers dessins, et peu à peu, les chevaux de Marine vont prendre corps. Prendre chair. Les silhouettes des débuts s’emplissent. Les volumes naissent, les muscles se dessinent et les robes, souvent pommelées, gagnent en relief. Elle passe du dessin à la sculpture, des deux dimensions du papier à la troisième, en modelant la terre sous ses doigts. Le résultat est « d’une troublante vérité anatomique », des chevaux vivants, animés, des chevaux que l’on sent presque vibrer sous notre regard, sous nos doigts. Tous sont empreints d’une « patte », d’un style inimitable... le style Oussedik.

Interview

« Le vrai bonheur, c’est d’avoir pour métier sa passion »

Propos recueillis par Amélie-Tsaag-Valren.

Cheval Savoir : À quand remonte votre première rencontre avec le cheval ?

Marine Oussedik : À l’âge de cinq ans, avec les poneys du jardin du Luxembourg. Tous les enfants sont fascinés par les chevaux, ces animaux magnifiques ont un côté onirique. Je suis montée à cheval pour la première fois à l’âge de dix ans, mais ma grande sœur montait et dessinait un peu. J’ai voulu faire comme elle, mais j’ai commencé à dessiner les chevaux plus tôt, dès cinq ans. J’en peuplais tous mes cahiers et pourtant, je n’étais pas dans un environnement familial équestre. Je n’ai jamais arrêté ! Avant mon bac, je voulais devenir vétérinaire comme mon grand-père mais j’avais une facilité pour le dessin. J’ai rejoint Penninghen, une école supérieure d’arts graphiques, pendant cinq ans. Tous mes rendus – de manière éparse – comptaient des chevaux. Ma thèse est un petit livre humoristique sur les courses hippiques. Tout s’est enchaîné. Ma première exposition remonte à 1991, il y a eu un article de presse, puis j’ai rencontré Amaury de Louvencourt qui tenait la galerie la Cymaise à Paris, et avec qui j’ai travaillé pendant vingt-cinq ans. J’ai aussi pu travailler avec l’étranger… Lors du premier vernissage en 1992, j’ai rencontré Yves Bienaimé qui m’a commandé deux salles pour le Musée vivant du cheval, l’une sur les chevaux arabes dans les proverbes d’Orient la même année, une autre sur les spectacles du musée en 1995.

Illustration faite pour Cheval Savoir par Marine Oussedik
Merci à Marine pour ce présent. © Marine Oussedik

C.S. Avez-vous été soutenue pour devenir illustratrice ?

M.O. Je ne souviens de la pub de Guy Degrenne, qui dessinait des fourchettes et des couteaux dans ses cahiers d’école. Mes cahiers y ressemblent un peu, j’ai même inversé le rapport habituel marge-écriture. J’écrivais dans la marge et je dessinais à l’intérieur. Mes professeurs m’ont assurée que j’avais une vraie richesse dans le dessin, qu’il fallait m’orienter vers une carrière artistique. Mes parents se sont montrés très admiratifs et m’ont laissée faire ce que je souhaitais. C’est important, je citerai cette célèbre phrase de Stendhal, d’ailleurs affichée dans mon bureau : « Le vrai bonheur, c’est d’avoir pour métier sa passion ».
Vivre en harmonie, ne pas avoir l’impression de « travailler », c’est réellement enrichissant. Toutefois, pour y arriver et quels que soient les dons que l’on puisse posséder au début, ils demandent un travail au quotidien.

C.S. Comment travaillez-vous ?

M.O. Sans modèles. J’ai la chance de vivre à la campagne avec mes chevaux, mais il est important de savoir travailler sans support photographique. Lorsqu’on travaille à partir d’une photo, on s’appuie trop. Et quelque part, on fige son dessin. Dans certains cas, le support photo est nécessaire (pour une voiture d’attelage spécifique ou un type de harnachement traditionnel que l’on ne peut inventer), mais il faut se détacher du modèle pour trouver une liberté. Et pour mieux recréer sur le papier, cette liberté et cette fraîcheur empêchent de coller à une image déjà existante, et donc de créer une œuvre sans vie, sans mouvement.

Marine Oussedik
Plus qu'un métier, une passion, ici Marine travaille en souriant, démonstration du bien-être qu'elle ressent dans son art. © D.R.

C.S. Et l’organisation de vos journées ?

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Article publié le 18-07-2013

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