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Franck Perret :
« L’équitation américaine doit être harmonie, légèreté, finesse…»

Propos recueillis par Laetitia Bataille

N°6 Déc / Janvier 2010
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Franck Perret est le plus connu de nos champions d’équitation western. Champion de France en titre, membre officiel de l’équipe de France à chaque événement mondial, il a totalisé un grand nombre de podiums et de prix, dans sa spécialité, le reining.
Nous sommes allés le voir. Il nous a parlé sécurité, plaisir, émotion. Mais aussi, équilibre, impulsion, légèreté, finesse…
Franck Perret : équitation américaine
© Coll. F.Perret

D’emblée, le ton est donné : dans ce club « pas comme les autres », Michel Perret, le père de Franck, a créé voici plus de trois décennies un centre équestre plus américain que nature, avec saloon, collection de sellerie western et portraits d’Elvis !
Le parcours équestre de Franck Perret a commencé, à l’âge de 4 ans, dans une selle western, et va le mener vers une carrière d’entraîneur et de compétiteur international dans la discipline du reining.

Cheval Savoir : Franck Perret, vous avez développé une structure équestre au slogan prometteur : « Ride for Emotion », qui nous invite à monter à cheval pour en tirer de l’émotion. Equitation « décoiffante » ou émotion artistique ?

Franck Perret : Ce n’est certes pas d’émotions fortes qu’il s’agit ! L’émotion, pour nous, c’est ce que le cavalier doit rechercher, quel que soit son niveau équestre : l’harmonie, l’accomplissement, le pur plaisir de monter à cheval, dans une pratique détendue et sécuritaire. Ce n’est qu’à partir de là qu’il pourra ressentir l’émotion qu’apportent les vraies joies équestres.

C.S : La discipline dans laquelle vous excellez, c’est le reining –considéré en équitation américaine comme l’équivalent du dressage. Est-ce cela que les gens recherchent ici ? Quelle est leur motivation initiale ?

Franck Perret : équitation américaine
Franck Perret : la maîtrise de la discipline du reining, exigeante et très technique... © Coll. F.Perret

F.P. : Faire une démarche vers l’équitation western, c’est déjà faire preuve d’une curiosité, et je dirais même, d’une ouverture d’esprit. Le cavalier qui vient ici n’a pas cette sorte de certitude d’être arrivé ; il est en recherche de quelque chose, sans doute en quête de finesse…
Bien sûr, il y a aussi des cavaliers attirés par une image western –habillement, harnachement. Mais eux aussi, dès qu’ils ont passé ce cap, voient qu’il s’agit d’autre chose. Ils ne regardent plus l’emballage, le coté folklore. S’ils sont novices en équitation, ils éprouvent une extraordinaire impression de sécurité -surtout s’ils ont eu des débuts difficiles…

C.S : Quand et comment se fait cette prise de conscience ?

F.G. : S’ils sont assez avancés, ils regardent les réactions du cheval, s’il donne sa bouche, s’il est tenu ou libre. Ils voient que le cheval est en équilibre, qu’il se soutient seul, qu’il est dirigé rênes longues. Ils regardent aussi les aides du cavalier, et sont capables de se rendre compte qu’elles sont extrêmement simples, que l’assiette est discrète, mais très active, que le cheval s’arrête avec une infime modification de la posture du cavalier qui met légèrement ses épaules en arrière tout en restant aussi droit que possible. Et là, le folklore n’est vraiment plus le propos…

C.S : Vous insistez sur l’impression de sécurité…

F.G. : Trouver l’épanouissement à cheval n’est possible que lorsque le cavalier se sent en sécurité, qu’il perçoit une notion de contrôle de la situation et que c’est une réalité. Cela n’exclut pas le côté, sportif, « fun », dynamique de l’équitation western.
Je dis souvent qu’il ne faut pas « subir » ; quand le cavalier fait un choix, le cheval doit être consentant ! Bien souvent, les cavaliers de club éprouvent de l’appréhension, entrent en conflit avec leur cheval. Ce qui devait être un loisir devient une gageure…

Franck Perret : équitation américaine
Franck Perret au cours d’une démonstration au Haras de la Cense. Il monte ici son étalon fétiche, Tobias, avec lequel il a participé aux Jeux Equestres Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. © Coll. F.Perret

C.S : Est-ce une question de niveau ?

F.G. : Non, pas du tout ! Notre concept, c’est qu’au lieu d’éduquer le cavalier, ce qui est long, nous éduquons très bien le cheval, pour qu’il s’adapte à la pratique d’un cavalier moyen, voire débutant. Ce dernier peut d’emblée se sentir en sécurité, prendre du plaisir, et avoir envie d’apprendre la technique…
Le cavalier débutant est calé dans une selle qui l’encadre bien, et peut utiliser le cheval avec peu de connaissances. En effet, en équitation américaine, le cheval est très éduqué ; il connaît certes une multitude de codes, mais peut aussi répondre aux aides les plus simples comme la neck rein (équivalent de la rêne d’appui ndlr) qui sert à la fois à diriger, s’arrêter et reculer.
Un cheval dont le dressage est abouti s’arrête instantanément (c’est une des choses qui caractérisent l’équitation américaine). Il répond à la voix, il écoute son cavalier : il suffit de dire « wooow ». On n’a pas besoin de plusieurs années d’apprentissage pour dire « wooow » !

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Article publié le 16-05-2009

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