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Trotteur qui creuse son dos, tensiomètre, muserolle

Réponse de Pierre Beaupère


N°48 Novembre 2013
11 Commentaire(s)
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Ce mois-ci, la rubique « Vos questions » est conscacrée aux réponses détaillées que tient à apporter Pierre Beaupère aux questions que vous lui avez posées au sujet de ses récents articles. Nous lui laissons donc la parole !

Question de H-L.W, posée le 6/10/2013

Bonjour,
Un grand merci pour tous vos conseils toujours utiles et passionnants. Pour ma part, j'aurais besoin de lumières sur la phase précédant cette leçon de mains qui permettra d'obtenir la légèreté. J'ai déjà appliqué cette méthode et elle est excellente (à condition de ne pas oublier l'impulsion).

Trotteur
© Alfredo Panini - Fotolia.com

Mais je viens de reprendre un beau trotteur de 5 ans. Celui là craint énormément la main, se creuse, et commence juste à tendre les rênes dans un équilibre horizontal. J'obtiens bien l'arrêt par le haut du corps en relevant un peu les mains vers les oreilles, mais une action de main trop forte provoque encore un retrait sur le mors et un creusement du dos...

Avez vous des recommandations ou des conseils d'exercices utiles pour accélérer et faciliter le travail du dos d'un cheval qui n'a pas encore tout à fait confiance ni dans son équilibre, ni dans la main du cavalier ? (Sans parler évidemment du travail normal de transitions, trottings, cercles etc...)
PS: Petite précision, j'en suis à deux mois de travail avec ce cheval, sans bien connaître ses antécédents.

Réponse de Pierre

Bonjour,
Pour améliorer la relation entre votre main et la bouche de votre beau trotteur, il n’y a malheureusement (ou heureusement car cela vous permettra d’apprendre beaucoup !) pas de trucs.

En général, je demande à mes cavaliers de fixer leur attention sur les 30 premiers centimètres de l’encolure

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11 commentaire(s) »

ludo :
Le 22/11/2013 à 19h22

Bonjour,

Merci de votre réponse. Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il ne faut pas tomber dans l'excès, et je reconnais que la muserolle peut avoir son utilité. Dans la mesure où vous laissez votre noseband complètement ouverte, vous vous retrouvez en fait avec une muserolle "classique" (ni croisée, ni combinée, ni rien, ni classique au sens idéologique, s'il en est un), mais je conçois fort bien que vous mainteniez le noseband en place, au cas où. Je retiens surtout que plus qu'un type de matériel ou qu'une méthode, c'est l'utilisation qu'on en fait qui porte atteinte ou non au cheval.
Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre de façon approfondie.

Ludovic

lyne :
Le 24/11/2013 à 22h21

Merci beaucoup pour votre réponse très claire.
Lyn

:
Le 26/11/2013 à 20h42

En effet, le dentiste à confirmé que les molaires avaient été très mal traitées et a préconisé un mors doux, le plus rond et fin possible compte tenu de la hauteur des dents. Cela ne facilite pas le travail, le cheval mâchouille son mors en permanence probablement parce que sa langue est comprimée car elle n'est pas protégée par la hauteur des dents.
Merci pour vos conseils, je me demande seulement combien de temps peut prendre cette rééducation. Cela dépend, me direz vous de la qualité du travail quotidien et de l'état du cheval au départ, mais, si vous avez encore quelques minutes à m'accorder, quel délai vous accorderiez vous pour obtenir d'un jeune cheval une mise en tension correcte de la ligne du dessus ?
H. L-W'

dragonelly :
Le 06/12/2013 à 07h09

Pour le trotteur qui a de mauvais souvenirs du mors, pourquoi ne pas essayer une bride sans mors de type sidepull par exemple ?

Concernant l'utilisation de la muserolle, je trouve insultant de décréter que monter sans muserolle ou avec une muserolle lâche est une torture pour le cheval... Ce qui peut être une torture, c'est la façon dont le cavalier agit avec sa main (avec ou sans muserolle). J'ajoute que si un cheval ouvre la bouche, c'est que le cavalier a eu une mauvaise action de main. Mettre une muserolle n'améliorera pas l'action de main du cavalier et ne soulagera absolument pas le cheval. Car si le cheval ouvre la bouche pour essayer de fuir le mors, c'est bien pour soulager une douleur. L'empêcher de le faire relève du sadisme...
En résumé, quand les actions de mains du cavalier sont justes, les chevaux ne se défendent pas et la muserolle est inutile (mais peut être "décorative"). Et mettre une muserolle pour masquer les défenses de son cheval dénote une certaine incompétence...

pierrebeaupere :
Le 19/12/2013 à 15h23

Cher dragonelly,

Que vous répondre dans la mesure où vous me traitez de sadique et d'incompétent si ce n'est de relire ma réponse où à aucun moment je ne dis que monter sans muserole est une torture pour les chevaux et où je dis exactement la même chose que vous: que tout dépend de la main du cavalier et de l'acceptation du mors par le cheval?

Visiblement parler d'une muserole est encore un sujet qui fâche, je laisse chacun décider en son âme et conscience de ce qui lui semble le mieux et surtout les chevaux sont à mes yeux les seuls juges auxquels nous devons avant tout nous soumettre.

Les luttes d'école et les querelles de chapelle ne sont vraiment pas ma priorité. Je trouve en effet dommage, puisque le bien être du cheval semble votre priorité, d'attaquer un tel article avec autant de virulence et d'agressivité là où j'ai toujours tenté de parler de respect di cheval, de douceur mais aussi de la qualité de la main et des aides du cavalier. N'y a-t-il pas suffisamment de douleur et de désespoir chez les chevaux dressés par des méthodes non éthiques que pour garder notre énergie pour défendre les principes de respect du cheval et d'équitation juste et surtout préservant l'intégrité physique du cheval sans la mettre au service de l'agressivité ou de la "dénonciation" d'autres cavaliers ou d'auteurs qui, à peu de choses près, défendent les mêmes idées que vous? Ne pensez-vous pas que cela va à l'encontre du but recherché qui est de promouvoir le respect du cheval et son travail juste et correct?

Bien à vous,

Pierre Beaupère.

pierrebeaupere :
Le 19/12/2013 à 15h31

Pour :

Je ne peux que vous dire qu'il n'y a pas de temps défini. Il fait parfois une patience infinie et énormément de temps pour redonner confiance au cheval dans la main du cavalier. Non seulement c'est tellement indispensable qu'il ne servirait rien de vouloir brûler cette étape mais d'autre part votre cheval vous en sera reconnaissant et c'est à mes yeux bien plus important que toutes les épaules en dedans du monde!

Je pense que le choix de l'embouchure doit être fait en collaboration étroite avec un (très) bon dentiste.

Enfin, pensez à toujours avoir une main qui se "dérobe" vers l'avant à chaque fois que votre cheval commence à aller vers elle. Durant la première année il faut presque que le cheval ne trouve pas la main car à chaque fois qu'il commence an s'étendre vers elle elle avance encore et lui donne envie de s'étirer encore plus pour la retrouver...

Bon courage et patience! Vous en serez récompensée!

:
Le 21/12/2013 à 05h26

Cher Pierre,

Premièrement, merci de m'avoir répondue.

Deuxièmement, je ne me réclame d'aucune école ni d'aucune "chapelle", j'essaie juste d'appliquer le simple bon sens et je ne défends que le cheval (pas des dogmes).

Troisièmement, si, comme vous le suggérez "vous dites la même chose que moi", je vous prie sincèrement de m'excuser. J'ai sans doute mal interprété certaines de vos remarques.
En parlant des cavaliers qui montent sans muserolle, vous ne donnez que deux exemples, je vous cite :

"je vois beaucoup de chevaux montés par des cavaliers désireux de bien faire qui montent sans muserolle ou avec des muserolles très ouvertes mais ne se rendant pas compte que les chevaux ouvrent grand la bouche et sont dans un inconfort permanent."

"Leurs chevaux n’avaient aucune muserolle, juste les montants du bridon vers le mors et une têtière. Ils ouvraient la bouche en permanence, la langue pendante, donnaient des coups de tête à chaque action de leur main dure, leurs yeux révulsés, les naseaux dilatés, les oreilles en arrière, dans un relèvement extrême de l’encolure complètement musclée à l’inverse."

Nulle part vous ne parlez de cavaliers qui montent sans muserolle et se préoccupent de la bouche de leur cheval, existent-ils seulement selon vous ?

Ailleurs vous dites :

"Et que je préfère mille fois une double muserolle qui va limiter l’ouverture de la bouche et permettre au cavalier de développer un contact harmonieux avec la main plutôt qu’un cheval qui ne cesse d’ouvrir la bouche parce qu’il refuse la main"

MILLE FOIS. Rien que ça… Et Nulle part vous ne parlez de ces cavaliers qui mettent une muserolle pour masquer leurs fautes de mains, contraignant leur cheval à souffrir en silence. D'ailleurs en quoi mettre une muserolle permet de développer un contact harmonieux ? En quoi limiter l'ouverture de la bouche peut-il davantage informer le cavalier sur l'acceptation du mors et le confort du cheval que de ne pas mettre de muserolle du tout ? Sans muserolle, le cavalier novice VERRA que le cheval n'accepte pas son action de main et pourra donc immédiatement essayer de se rectifier. Quant au cheval, sans muserolle il pourra se soustraire à une douleur infligée involontairement par un cavalier novice et préservera ainsi sa bouche.

En résumé, il n'y a aucun argument qui justifie l'utilisation de la muserolle comme moyen éducatif du cavalier ou du cheval. Et ce n'est pas parce que certains cavaliers qui ne mettent pas de muserolle montent mal et que certains cavaliers qui mettent des muserolles montent bien qu'il faut en déduire que c'est la muserolle qui est bénéfique (ce raisonnement s'appelle un sophisme).

Mais si c'est ce que vous aviez voulu dire dès le départ et que j'ai mal interprété vos propos, je vous prie encore une fois de m'excuser. J'aime beaucoup la revue "Cheval Savoir" parce que je trouve que les rédacteurs s'appuient généralement sur la logique, la science et les faits. C'est sans doute pour ça que vous avez perçu de l'agressivité (qui n'en était pas), mais je suis effectivement révoltée par les croyances et les traditions que l'on perpétue de manière infondée et irrationnelle.

dragonelly :
Le 21/12/2013 à 05h28

Ma connexion s'est réinitialisée pendant que je rédigeais mon commentaire. Pardonnez-moi d'avoir oublié de signer.

Cordialement,
Dragonelly

:
Le 23/12/2013 à 22h26

Merci dragonelly. Je pense que les lecteurs ont maintenant tous les arguments à leur disposition pour décider par eux mêmes de l'intérêt ou non de l'utilisation de la muserole.

Bien à vous,

Pierre.

line :
Le 25/12/2013 à 22h08

Puis-je donner mon expérience ? Il a des années je suis devenue propriétaire d'un trotteur réformé. Le mors lui était un objet de torture. Durant un an, je l'ai monté, (conseillée par un instructeur) muni d'un licol sur lequel j'avais fixé les rênes. Après ce laps de temps, il accepta le mors et devint un agréable cheval polyvalent avec lequel j'ai passé avec succès le galop 7. Laissons le temps au temps !
Line

:
Le 05/02/2014 à 17h10

Bonjour,

merci pour vos articles, que je lis avec intérêt, néanmoins je ne comprends pas qu'on préfère monter bien avec une muserolle, que mal sans ... il faudrait tout simplement monter sans et bien. Je dis ceci parce que je connais beaucoup de personnes qui croient et croient seulement qu'ils ont un contact léger avec la muserole...

Natasha

Article publié le 21-11-2013

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