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Poulains de boucherie : l’éducation en questions

L’un de nos contacts, éleveur amateur, nous a récemment transmis une vidéo tournée pendant le célèbre concours de poulains Bretons du Menez Bré. On y voit un individu frapper à la tête un poulain terrorisé, un autre tenter de soumettre un animal récalcitrant en le couchant sur le sol. Le tout sous les commentaires des spectateurs indignés, mais sans aucune réaction des juges...

« C’est fichu, il va partir à la boucherie, il n’aura plus jamais confiance en l’homme », dit l’une des spectatrices du concours de poulains du Menez Bré. Le cheval Breton appartient au patrimoine, à ses terres d’origine, les concours de race attirent toujours un public plus nombreux en Bretagne qu’ailleurs.

Pourtant, le décalage se fait sérieusement sentir entre une génération d’éleveurs de poulains « de boucherie » qui ne débourre et ne manipule pas ses animaux, et une génération plus jeune, à la recherche de chevaux de loisirs dressés et de spectacles agréables à voir en famille.

Poulains
© Gilbert Le Moigne - Wikipédia

Le spectacle offert par le concours du Menez Bré, en août dernier, était clairement déconseillé aux enfants : coups de fouets et claques à tout va, hennissements de terreur à chaque seconde, oreilles couchées et coups de pied. La nouvelle génération s’indigne de l’indifférence des juges, les spectateurs commentent...

Les poulains Bretons sont destinés à plus de 90% au marché de la viande. L’essentiel d’entre eux n’a de rapports avec l’homme que pour le nourrissage, les concours et l’embarquement en van. Peu ou pas éduqués, ces poulains sont manœuvrés avec violence par des hommes qu’ils ne tardent pas à associer aux évènements désagréables de leur vie.

Le concours du Menez Bré présente des poulains de six mois, à peine sevrés. La dernière édition en date a malheureusement offert un bien triste spectacle. Face à cette situation, la nouvelle génération se révolte et s’accorde pour dire « qu’il y a des changements à faire sur ces concours : à six mois, un poulain n’est pas apte à être présenté sans sa mère ». L’indifférence des juges face à ce spectacle barbare et rétrograde est, elle aussi, incompréhensible.

Marché de la boucherie ou marché du loisir ?

L’absence d’éducation de ces poulains a pour conséquence de leur fermer le marché de l’équitation de loisir. Espérons que les éleveurs et les juges, qui pourraient offrir avec ces concours de beaux spectacles populaires faisant la joie de tous, réfléchiront à leurs actes…

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3 commentaire(s) »

herve :
Le 13/03/2014 à 09h23

Que peut-on attendre de gens qui élèvent des chevaux pour la boucherie si ce n'est cruauté et barbarie ?

jetphil :
Le 24/03/2014 à 15h21

Dans un registre un peu différent de celui du cheval de boucherie, j'ai en mémoire l'histoire d'Orco, un trotteur contemporain d'Ourasi dont il fut l'un des grands rivaux à ses débuts. Ce cheval très doué finit par disparaître des courses de trot car il était, paraît-il, devenu fou. Ingérable et agressif, il l'était devenu à force de mauvais traitements. Cette triste histoire montre à quel point l'homme peut agir contre ses intérêts. Orco aurait peut-être pu devenir pour Ourasi le rival que Jorky fut pour Idéal du Gazeau, pour le plus grand bénéfice de ses propriétaires ; et faire, qui sait, une grande (et rentable)carrière d'étalon. Au lieu de cela, on sait ce qu'il advint...
Alors pourquoi voudriez-vous que des maquignons aient du respect pour des "bêtes à viande" ? Quel intérêt? Ça ne fait pas gagner d'argent...

emandoria [invité] :
Le 29/06/2014 à 18h23

je me souviens aussi d'Orco un magnifique étalon trotteur mal mené par son driver et devenu fou Homéric en parle dans son livre consacré à Ourasi c'est une histoire bien triste et qui prouve à ceux qui en douterait encore que la brutalité , la maltraitance et le manque d'amour font des ravages chez tous les êtres doués de sensibilité
les hommes parfois en sont singulièrement dépourvus

Article publié le 06-03-2014

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