Accueil » Protection Animale

Comment se constitue le phénomène de la « langue bleue » ?

Par le Dr Jacques Laurent


N°52 Avril 2014
1 Commentaire(s)
Imprimer cet article
Devant le nouveau scandale provoqué par les photos du cheval Akeem Foldager monté par le cavalier danois Andreas Helgstrand, nous avons demandé au Dr. Jacques Laurent de nous expliquer quels sont les causes et phénomènes pouvant induire cet aspect particulier de la langue « bleue » chez le cheval.

La vascularisation de la langue du cheval comprend un circuit composé d’une part, du système artériel amenant un sang oxygéné, riche en nutriments, et d’autre part du système veineux drainant un sang dénaturé en oxygène et pauvre en nutriments (par l’intermédiaire des veines racines bien visibles à la face inférieure de la langue) et dont le flux se déverse finalement dans la veine jugulaire.

Dans les trois cas, le phénomène est très douloureux pour le cheval, et peut provoquer des lésions irréversibles

Entre les divisions de l’artère linguale (distributrice) et celles des veines racines (collectrices) se trouve un très riche réseau capillaire d’artérioles veineux très fins où ont lieu les échanges métaboliques et gazeux avec le lacis cellulaire. Ce réseau capillaire est si riche qu'il n’est pas faux de dire que la langue est gorgée de sang. D’ailleurs quand elle saigne (sur une coupure par exemple, même bénigne) l’hémorragie paraît toujours impressionnante.

L’anatomie de la tête du cheval
L’anatomie de la tête du cheval sur une gravure de Hermann Sittrich, 1889. Photo Wikimedia Commons

En comprimant la langue, suivant le lieu anatomique où se situe l’appui et son intensité, on peut provoquer l’interruption de la circulation, et ce par trois mécanismes :

  • compression artérielle seule : langue blanche avec ischémie (manque d'oxygénation tissulaire) d'aval ;
  • compression veineuse avec blocage du retour veineux : langue bleue et gonflée avec ischémie rétrograde (l’écoulement artériel ne se faisant plus du fait de la contre-pression) ;
  • forme mixte : cas le plus fréquent où un appui du mors, amplifié par un serrage sévère de la gourmette, engendre le mécanisme délétère.

Dans les trois cas, le phénomène est très douloureux, et lorsqu'il est répète, provoque des lésions linguales irréversibles liées à l'ischémie chronique (destruction cellulaire et fibrose cicatricielle de remplacement).

A la longue, on peut observer une amyotrophie linguale, des troubles de la sensibilité épi-critique et profonde. Et probablement une modification de la sensibilité gustative, sources de troubles du comportement oro-pharyngé avec en particulier dystonie linguale et surtout troubles de l’alimentation (notamment au pré).

Lisez le journal sans restriction :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

1 commentaire(s) »

martine [invité] :
Le 01/05/2014 à 09h12

M. Andreas Helgstrand est un tortionnaire et à ce titre il devrait être interdit de monter un cheval dans toutes les compétitions nationales et internationales. C'est vrai qu'au Danemark on martyrise les chevaux, les animaux de zoos qui sont dépecés en public et peut être les humains dont les plus faibles, enfants et femmes.

Article publié le 28-04-2014

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire