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L’équilibre au galop : les départs

Cette série d’articles a pour but de clarifier et de simplifier au maximum des notions qui peuvent sembler au premier abord très techniques ou complexes, pour les rendre accessibles à la fois aux cavaliers de promenade, de CSO ou de dressage plus avancé.

Que chaque cavalier fasse l’effort de lire les conseils qui ne correspondent pas à son niveau ou à celui de son cheval, car il y trouvera aussi des éléments de réflexion qui pourront lui être utiles !

Il est primordial, avant d'entamer tout travail du galop proprement dit, que le cheval effectue des départs corrects et surtout sans raidir ou creuser son dos ni précipiter son trot. En effet, la qualité et l'équilibre de l'allure vont énormément dépendre de la qualité de la transition. Si le cheval est en déséquilibre ou en résistance avant ou lors du départ, il lui sera très difficile voire impossible d'avoir une quelconque maîtrise du cheval, car toutes les actions de main n'auront pour effet que de creuser encore plus le dos du cheval, de lui relever l'encolure et le chanfrein, et d'écraser les postérieurs. Si le cheval est sur les épaules, les actions de main n'auront alors qu'un effet ralentisseur qui provoquera immédiatement le retour au trot.

Départ au galop
© Charly Debray

Les problèmes fréquents lors des départs au galop

Trois cas de figure regroupent la plupart des problèmes liés à la transition au galop :

- Le cheval part difficilement : Beaucoup de cavaliers débutants ou montant des chevaux mous éprouvent de grandes difficultés à partir franchement au galop. Le cheval accélère et précipite son trot, devient très inconfortable et oblige le cavalier à utiliser des aides de plus en plus fortes et à se pencher en avant. Lorsqu'il part finalement au galop il est soit sur le mauvais pied, soit totalement sur les épaules. Ce déséquilibre le rendra lourd à la main et incontrôlable, ou le fera repasser immédiatement au trot.

- Le cheval s'excite lors du départ : Les chevaux sensibles à la jambe ou au caractère plus chaud seront surpris par les aides du départ au galop. Cette allure ayant déjà tendance à exciter l'animal car elle est associée à la fuite, le cavalier utilisera de moins en moins ses jambes pour effectuer la transition et à se raidir par crainte d'une réaction explosive du cheval. Ils entreront alors dans un cercle vicieux où les précautions du cavalier pour ne pas utiliser des aides trop fortes rendront le cheval encore plus méfiant et excité. Il en résulte alors un galop trop rapide, qui ressemble surtout à une fuite en avant, où le cavalier est accroché à ses rênes pour tenter de ralentir l'allure, ou un galop sautillé qui ressemble à une succession de bonds, comme un cheval à bascule, et qui peuvent mener le cheval à se mettre debout.

- Le cheval relève son encolure et son chanfrein, creuse son dos et pousse un soupir d'effort : Cette défense est surtout visible chez les jeunes chevaux, les modèles au dos long et rigide et les animaux mous, mais beaucoup de cavaliers avancés la ressentiront lors du départ au galop du pas ou dans le galop rassemblé. Le postérieur interne ne s'engage plus et l'allure perd toute sa rondeur et son rebond. Le cas extrême est le vieux cheval de manège au dos creusé qui galope à quatre ans et fait le plaisir des débutants pour son confort et sa lenteur.

Travail à domicile : les solutions

Voici des exercices simples et des éléments de réflexion qui devraient aider les cavaliers à résoudre ces différents problèmes et obtenir des départs au galop calmes et décontractés. Que les lecteurs n'hésitent pas à les répéter fréquemment durant le mois à venir afin d'obtenir une allure de base de qualité qui nous permettra, le mois prochain, de passer à l'étape supérieure.

Le cavalier débutant :

Pour réaliser une bonne transition au galop, il faut que le cheval soit suffisamment énergique dans son déplacement au trot et qu'il accepte bien la jambe et la main.

Mettre le cheval bien droit au trot sur le grand côté, essayer d'avoir un contact constant sur les rênes puis pousser le cheval dans un trot plus énergique, sans qu'il n'aille trop vite (c'est la vitesse à laquelle il pose ses jambes qui est importante, le tempo, pas le fait qu'il fasse de grandes foulées). Dans ce trot énergique, mettre le cheval sur un grand cercle. Au moment de croiser la ligne du milieu, placer la jambe extérieure un peu plus en arrière mais toujours bien détendue, comme pour demander le galop, mais rester quelques foulées de plus au trot. Le cheval doit accepter cette aide comme une préparation de la transition, afin qu'il ne soit pas surpris par des aides trop brusques, sans rien changer à son allure. Après quelques foulées, augmenter légèrement la pression des deux jambes et donner un petit à-coup vers l'avant avec le bassin, en pensant à bien s'asseoir, à ne pas regarder vers le bas et à surtout ne rien faire avec les mains.

Si le cheval précipite son trot, on oublie la demande du départ. On le ralentit pour le remettre sous contrôle puis on augmente à nouveau l'énergie du trot sans laisser accélérer et on redemande le galop au même endroit et de la même façon.

Si le cheval s'énerve lorsque l'on recule la jambe, on ne part pas au galop mais, au contraire, on place les aides du galop sur quelques foulées puis on revient à la position normale et on recommence jusqu'à ce que le cheval reste calme et ne change pas son rythme. Ce n'est qu'à ce moment-là que l'on pourra demander l'allure supérieure. Cet exercice est excellent pour calmer les chevaux sensibles mais aussi pour les cavaliers qui se penchent en avant lors des transitions au galop.

Le jeune cheval :

En augmentant progressivement le trot sur le grand côté, on fera partir le poulain au galop dans le coin, par déséquilibre et depuis le trot enlevé. En effet, au moment de passer le coin, l'engagement du postérieur interne sera maximal et favorisera la transition en équilibre et le départ sur le bon pied.

Départ au galop
© Photo Céline Brabant
Départ au galop
© Photo Céline Brabant

Départs au galop dans les coins avec un jeune cheval. Le Pure Race Espagnole Cerrajero montre ici que le coin favorise l'engagement du postérieur interne et facilite un départ avec une encolure ronde. La première photo illustre la recherche d'un départ franc vers l'avant, la deuxième la recherche de la rondeur.

Afin qu'il ne prenne pas l'habitude de relever son encolure et de creuser son dos au moment du départ, il est important de ne surtout pas chercher à " asseoir " le poulain lors de la transition mais de bien le laisser dans un équilibre horizontal. C'est souvent le cavalier qui provoque cette défense et il est intéressant que celui-ci se représente un départ au galop sur les épaules car cette image va l'aider à laisser plus de liberté au cheval lors de la transition.

On peut ensuite les déplacer progressivement pour les demander quelques foulées avant que les cercles ne touchent les murs puis au milieu des cercles. Ensuite on les demandera au milieu des petits côtés puis au milieu des grands côtés.

Dans ces deux cas, un problème très fréquent est que le cheval part à faux. Il suffit durant quelques semaines de fléchir l'encolure du poulain vers l'extérieur afin de lui libérer le latéral (antérieur et postérieur du même côté) intérieur.

Départ au galop
© Photo Céline Brabant

Le pli vers l'extérieur qui favorise le départ à juste. Le léger décalage vers l'intérieur du postérieur interne sera corrigé lorsque l'on pourra demander les départs avec l'encolure droite. Le cavalier devrait avoir ses épaules au même niveau mais en abaissant l'épaule extérieure il s'assure de ne pas se pencher vers l'intérieur et favorise d'autant plus la liberté des membres internes.

Le cheval avancé :

S'il est évident que la transition pas-galop donne une allure plus ronde et plus assise, il est important de ne pas oublier la transition depuis le trot. Un excellent exercice lors de l'échauffement est d'enchaîner sur un grand cercle de vingt mètres les transitions trot-galop et galop-trot. C'est un moyen très puissant d'améliorer les deux allures, de les rendre plus souples et d'avoir un cheval très réactif aux aides.

D'autre part, le cheval avancé doit apprendre à effectuer sa transition par la jambe intérieure. Celle-ci, par une action du bas vers le haut (comme si l'on voulait " chatouiller " le cheval sous son ventre), va lui apprendre non seulement à contracter ses abdominaux (rentrer son ventre), à monter son dos mais aussi va provoquer un engagement maximal du postérieur interne.

Départ au galop
L'action de la jambe intérieure dans le départ au galop, ici exagérée pour l'illustration. C'est une action à la sangle, du bas vers le haut. © Photo Céline Brabant

Un excellent moyen de l'apprendre au cheval comme au cavalier est de partir au galop à la fin d'une cession à la jambe. Pour cela, effectuer une diagonale en cession à la jambe en gardant la jambe intérieure proche de la sangle (donc avec une incurvation assez marquée). En arrivant au mur, on augmente légèrement la demande de la jambe intérieure en l'avançant et en remontant légèrement le talon, et éventuellement l'éperon, pour effectuer une action de bas en haut. On confirme au cheval le signal du départ par le bassin qui donne un léger à-coup vers l'avant. L'action de la jambe extérieure, qui était placée en arrière lors de la cession à la jambe, reste très discrète.
Il peut être utile, dans un premier temps, de relever légèrement la main intérieure (sans tirer) lors de la cession à la jambe et de garder un peu plus de contact sur cette rêne au moment du départ (ce sont les aides latérales : main et jambe du même côté).

Il faut, dans ces transitions, sentir que le cheval remonte toute son avant-main, surtout son garrot.

Progressivement il va être possible de demander ces transitions par la jambe intérieure sur les lignes courbes puis sur les lignes droites. C'est un excellent moyen de redresser les chevaux qui ont pris l'habitude de jeter leurs hanches à l'intérieur lors du départ au galop. Afin d'éviter toute confusion dans l'esprit du cheval, bien penser que c'est l'engagement du bassin et la poussée plus énergique et accentuée du nombril vers l'avant qui doit provoquer le départ, la jambe n'est que le signal de préparation.

Départ au galop
© Photo Céline Brabant

La préparation du départ au galop par une cession à la jambe, qui favorise l'engagement du postérieur interne et permet un contrôle maximal des hanches du cheval, afin que celui-ci ne jette pas sa croupe à l'intérieur.

Départ au galop
© Photo Céline Brabant

Départ au galop pour le Warmblood suédois Versace, l'action de la jambe intérieure favorise la rondeur du départ au galop et le relèvement du garrot, même si l'attitude de l'encolure est encore à travailler.

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