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Endurance : polémiques à Compiègne

Par Amélie Tsaag-Valren et Laetitia Bataille.


N°53 Mai 2014
6 Commentaire(s)
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Polémiques au CEIO*** de Compiègne, qui s’est déroulé les 23 et 24 mai derniers, et était l’une des quatre épreuves de sélection pour les Jeux Equestres Mondiaux. Plusieurs photographies d’une jument maigre circulent sur la toile. Une autre jument serait morte après la troisième boucle d’après certains spectateurs. Qu’en est-il exactement ?

Sur Facebook, personne n’a de mots assez durs pour qualifier le spectacle offert au public du CEIO*** de Compiègne, couru sur 160 km du 23 au 25 mai derniers. « Inadmissible », « écœurant », « minable », « pure maltraitance » sont les qualificatifs qui reviennent. En cause, la photographie d’une jument visiblement trop maigre (les côtes sont visibles, les hanches et la colonne vertébrale sont saillantes) et la rumeur du décès d’une autre jument.

Ces clichés pris par une cavalière anonyme ont été partagés par Jean-Louis Tosque, éleveur de chevaux arabes dans le Gers et cavalier amateur d’endurance. Il réagit d’autant plus vivement que d’après lui, « l’équipe chargée de l’organisation du CEIO*** de Compiègne est la même qui sera chargée de l’épreuve d’endurance des JEM à Sartilly ».

Polémiques à CompiègnePolémiques à Compiègne
La photos numéro 1 a été prise semble-t-il lors du trotting initial la veille de la course. La jument y apparaît « fit » au maximum de sa condition et prête à la course. La photo numéro 2, (dite « à contre-jour ») a été prise le jour de la course.  Il est évident que la jument a perdu beaucoup de poids et se trouve dans un état de maigreur inadmissible. © Photos de Jean-Louis Tosque, parues sur Facebook

Plusieurs témoignages font aussi état d’une jument décédée. Montée « au pied levé » par « un cavalier habituellement très propre », elle portait le numéro 74 et aurait été éliminée après sa seconde boucle, sans présentation au contrôle vétérinaire (ce qui paraît impossible) et après deux contrôles où rien n’était signalé. D’après les témoignages des spectateurs partagés sur Facebook, elle tenait à peine sur ses jambes, vacillait « comme un pantin » et deux grooms se plaçaient de chaque côté de ses flancs en lui tenant la queue, pour l’empêcher de tomber. Seuls un vétérinaire et le président du jury auraient assisté à la triste scène. Les informations de l’éventuelle autopsie ne sont pas connues.

D’après nos confrères du Courrier Picard, le commissaire général du concours Nicolas Wahlen et le président de Compiègne Endurance Christian Dupuille n’ont pas eu connaissance d’un décès pendant cette épreuve.

Effectivement, il faudrait au minimum connaître le nom de la jument et voir son classement ou sa cause d’élimination. En cas de mort d’un cheval, il est fréquent que le cheval disparaisse avant autopsie. Nous menons donc l’enquête. Affaire à suivre...

Concernant la jument maigre, Christian Dupuille incrimine la photographie « prise à contre-jour », ajoutant qu’il n’a rien remarqué au contrôle vétérinaire et que la jument est « dans un état de préparation pour la compétition ». Nous avons demandé à notre spécialiste de l’endurance, Yves Riou, de commenter ces photos et de faire le point sur le problème de la « maigreur » des chevaux d’endurance. Lire son analyse ici.

6 commentaire(s) »

FABIENNE [invité] :
Le 14/07/2014 à 11h57

Bonjour,

Moi même journaliste indépendante, je tente de remonter le fil d'ariane. j'ai envoyé un courrier à Pierre Marigny qui me répond qu'il rejette la faute sur Mr Walhen organisateur de Compiègne endurance. J'ai adressé également un courrier à l'ordre des vétérinaire concernant le vétérinaire en charge de faire partir ou non les chevaux

ET les juges dans cette affaire que font-il ils dorment, ils sont payés combien pour se taire ?

Voir aussi avec le Quatar pas net non plus !

Bien à vous

Martine [invité] :
Le 23/07/2014 à 17h12

il est honteux que l'on fasse subir de telles souffrances à un animal le responsable et le vétérinaire devraient être sanctionnés durement

Narco [invité] :
Le 26/07/2014 à 09h01

Il y a vraiment des arguments minables, un cavalier propre il fait pas ça....C'est du ressort de l'organisateur de garder ses objectifs de réputation et de course, sinon a quoi cela sert de mettre des équipes en place... Laisser circuler un cheval dans cet état ne s'est pas fait en trois jours....Supposons qu'il soit malade a ce moment là, le cheval est arrêter....Dans le monde du cheval on apprécie de se faire paraître ce qui donne un laxisme et casse le travail des plus sérieux il reste encore des personnes valable....et le travail dans ce cas là n'a pas été établi correctement...Il y a des endroits l'endurance devient de la chaine, ça rentre et sort pour une question de rentabilité

A [invité] :
Le 17/05/2015 à 18h02

C'est le quatar et lle quatar sa a de l'argent et quand on a de l'argent on s'en fout se devient des joue meme en jumping le cavalier tourne et arrache la bouche de son cheval qui refuse de saute trois coup d'éperons dans les flans et c'est bon apres on ne fait marcher son cheval sa c'est pour les gonzeses alors on va sur facebook vanté ces exploits! A!! quelle belle culture!

S [invité] :
Le 24/09/2015 à 09h56

"La jument apparaît [sur la première photo] « fit » au maximum de sa condition et prête à la course"

NON ! je suis désolée mais sur la première photo, la jument est déjà d'une maigreur inquiétante ! Pour côtoyer un peu le milieu de l'endurance, je sais ce qu'est un cheval "fit" et "en état", et je sais aussi que certains chevaux sont difficiles à remplumer... Mais cette jument est maigre, il n'y a que ce mot qui correspond. Regardez bien, chacune de ses côtes, la pointe de la hanche, le garrot et la ligne de dos... La seconde photo est bien entendu plus effarante et la lumière n'aide pas, mais ce cheval n'aurait jamais dû prendre le départ vu son état initial !

Les normes existent, peut-être faut-il les renforcer, mais il est surtout nécessaire de les appliquer fermement, strictement et sans exception.

yann :
Le 25/09/2015 à 11h55

Effectivement, la jument est maigre lors du trotting initial.
Actuellement, et à la date de la prise du cliché, cette notion n'est pas calibrée du point de vue règlementaire FEI. Il aurait fallu une décision collégiale du jury pour agir. Et cette décision ne peut se produire qu'à partir du moment où un véto dispose d'éléments concrets, au delà de son appréciation personnelle, pour demander une action du jury.
Ceci cher S pour répondre à votre commentaire.

Maintenant passons aux choses sérieuses en la matière. Vous affirmez vous même que la photo prise le lendemain est effarante. c'est votre mot ! Ce qui est effarant c'est la rapidité avec laquelle l'état de cette jument s'est dégradé. C'est là, sur ce point précis qu'il faut s'interroger, qu'il faut travailler et réfléchir. C'est sur ce point que réside le scandale et non sur l'état initial de la jument.
Il existe des marathoniens dont l'aspect est cadavérique au départ d'une épreuve, qui finissent bien et fonctionnent bien toute leur vie de sportif et encore longtemps après, affaire de tempérament, de métabolisme...et aussi de gestion de la nutrition. Ces compétiteurs souvent fruttivores, marchent à l'eau claire ! avec une véritable éthique dans l'exploitation de leurs moyens physiques à long terme.

Il existe aussi des produits issus de la recherche pour les body builders humains (créés toute fin du dernier siècle) qui modifient le fonctionnement cellulaire au niveau mitochondrial en donnant sans entraînement supplémentaire une capacité de résistance à l'effort 40% supérieure à l'état initial. Pour un corps déjà performant.
Cependant, ces modifications cellulaires indétectables une fois initialisées ne sont pas contrôlables dans leurs évolutions dans le temps...surtout dans le contexte de dosages exagérés ou par effet de répétition trop fréquentes ou inconsidérées.
Si vous avez l'occasion de voir des images d'un fameux grimpeur cycliste italien ayant gagné plusieurs étapes de montagnes, des images prises quelques temps avant sa mort, vous ferez le rapprochement avec l'état physique de cette jument. Même si sa mort très suspecte a été imputée à une overdose de cocaïne....

Lorsque la machine cellulaire s'emballe parce qu'on l'a trop bidouillée, que l'on a cassé ses systèmes de régulations naturels tout devient possible. Je suppose, et je n'ai rien d'autre qu'une intuition sensible de la chose, que cette jument a été victime de petits chimistes amateurs. Je suppose qu'il y a là une explication possible et vraisemblable à l'amaigrissement soudain, disons même quasi instantané de cette jument....
Ces produits ont longtemps portés un nom codé et étaient horriblement chers jusqu'en milieu de la première décade du 21 siècle, mais ils sont maintenant en vente libre à très bas coût, sur le net. Il convient donc de taire leur nom !
Voilà où est le véritable scandale de la chose dont vous parlez.
L'usage de ces produits n'est pas spécifique à l'endurance et au milieu équestre.

Yves Riou.

Article publié le 30-05-2014

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