Accueil » Savoir pratique Dressage

Le jeune cheval - Garder à l’esprit la vision globale du dressage de son cheval (VI) : Début de la mise en main : la première décontraction de la mâchoire

Par Pierre Beaupère, cavalier professionnel et professeur de Dressage.


N°54 Juin 2014
7 Commentaire(s)
Imprimer cet article
Lorsque l’on a pris l’habitude de monter des chevaux qui cèdent vraiment dans leur bouche, il est difficile d’accepter qu’un cheval ne le fasse pas. Je consacrerai donc une série entière d’articles à la magnifique cession de mâchoire, à son intérêt et à la procédure que j’utilise pour l’introduire.

Niveau de difficulté : Niveau de difficulté

Pour : Apprendre au cheval la cession de mâchoire et à céder à la pression.

Moment idéal : Aussi souvent que possible, à pied. Ne pas hésiter à descendre de cheval en cours de séance pour répéter.

Prérequis : Que le jeune cheval tienne bien à l’arrêt, qu’il ne morde pas, ne s’impatiente pas et accepte bien le mors. Attention, ce travail demande beaucoup de finesse et une certaine expérience.

Lorsque l’on a pris l’habitude de monter des chevaux qui cèdent vraiment dans leur bouche, il est difficile d’accepter qu’un cheval ne le fasse pas. Tout paraît lourd, difficile, pénible, et en force. Les dos semblent rigides, durs et creux. Néanmoins, c’est un travail extrêmement précis, qui peut être très compliqué avec certains chevaux et demander une grande expérience. Je reconnais qu’il m’a fallu près de dix ans pour commencer à le maîtriser sur tous les chevaux et que j’ai encore des réticences à l’enseigner tant les erreurs sont légion et peuvent amener des problèmes encore plus gênants qu’avant de l’avoir tenté.

Pierre Beaupère
© Christelle Offermans

Je consacrerai une série entière d’articles à la magnifique cession de mâchoire, à son intérêt et à la procédure que j’utilise pour l’introduire. Ici, nous allons nous borner à faire comprendre à notre poulain l’idée de céder à la pression du mors. Il ne s’agit donc pas de travailler les flexions de Baucher dont beaucoup d’entre vous ont sans doute déjà entendu parler, ni même d’obtenir les flexions de mâchoire autres que le simple fait d’apprendre au poulain à « délier » sa bouche et ramollir sa mâchoire.

Commencer à pied

Premier cas de figure : nous avons un poulain qui accepte bien l’arrêt à pied, qui ne s’impatiente pas, ne mord pas et surtout a bien envie d’aller vers l’avant. Il a déjà plusieurs mois de travail bien en avant, il est posé, calme, et garde un contact bien constant avec la main du cavalier. Nous n’avons pas de défenses contre le mors, et le cheval ne bourre pas contre la main.

Je n’aime pas en général automatiser les chevaux. Mais bienfaits de la cession de mâchoire sont tellement immenses qu’il me semble important de l’obtenir rapidement

Pour lire la suite de cet article :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

7 commentaire(s) »

ludo :
Le 19/06/2014 à 23h06

Bonjour,
D'habitude vos articles sont très clair, mais là j'avoue ne pas avoir compris la manière exacte par laquelle vous demandez la cession, quel est le geste. Il manque une photo ou un schéma.
D'autre part, pourquoi ne pas faire ce travail plus tôt dans le dressage du cheval?
Enfin tout celà ressemble à la flexion préparatoire de Baucher. Pourquoi clamer absolument "ne pas faire comme Baucher"? On peut utiliser certains de ces procédés et pas le reste de la méthode. J'apprécie d'ailleurs votre modération doctrinale. Mais rendons à César... Car tout inculte et jeune que je suis la cession de machoire c'est quand même Baucher, non?!

eleonore :
Le 20/06/2014 à 16h32

Bravo pour votre courage, Pierre. Pas facile!Je souhaite que les très nombreux lecteurs qui vous ont suivis jusqu'ici avec confiance et passion, vous emboitent le pas.
En effet, comme dit Ludo, une petite vidéo ne serait pas du luxe, mais on pourra peut-être l'avoir lors du prochain article?
Votre mise en garde contre une cession de nuque précédant ou accompagnant la cession de mâchoire me rappelle un article de C S sur l'effet abaisseur du mors de bride, et aussi la recommandation expresse de Baucher de respecter cette chronologie. Est ce bien le sens de votre propre recommandation?

laetitia :
Le 20/06/2014 à 19h01

L'article dont vous parlez, Eléonore, sur "L'effet abaisseur du mors de bride" est accessible directement par ce lien :

http://www.cheval-savoir.com/459-effet-abaisseur-mors-bride-cheval

Cordialement

La rédaction

nellyvalere :
Le 23/06/2014 à 09h43

J'espère que l'exhumation de mon article sur le mors de bride viendra à l'appui de cet article excellent, et je serai très heureuse qu'il contribue à persuader nos lecteurs des "bienfaits immenses" comme dit Pierre, de cette pratique dictée bien souvent par le cheval lui-même, comme le prouve l'anecdote de Bienfaisant racontée par Baucher dans une édition tardive de sa Méthode: exemple parfait de la rencontre entre un besoin exprimé par le cheval, besoin reçu [dans la main],et compris par un cavalier "à l'écoute".
Bonne continuation, Pierre.

pierrebeaupere :
Le 01/07/2014 à 01h53

Bonjour,

Merci pour vos commentaires!

Pour répondre à Ludo, loin de moi évidemment avoir la prétention de ne pas rendre à baucher ce qui lui appartient. J'ai voulu séparer cette petite cession de mâchoire de celle de baucher car elle me semble bien moins élaborée que celles qu'il propose mais aussi car elles font partie d'une suite logique... En y réfléchissant, je pense que cette petite phrase voulait aussi éviter d'effrayer les cavaliers moins avancés à l'évocation des flexions de baucher qui peuvent leur paraitre compliquées, mais aussi pour garder l'attention des lecteurs et éviter de leur laisser penser qu'ils connaissent déjà! Je suis passé moi même par cette phase où je lisais un article faisant référence à l'un ou l'autre auteur que j'avais lu et avoir passé l'article trop vite en pensant déjà savoir de quoi il traitait...

D'autre part, il ne faut pas oublier que les flexions de Baucher étaient effectuées en bride et non en filet.

Pour ce qui est de ne pas commencer ces cessions plus tôt, personnellement je préfère débourrer les poulains en les laissant les premiers mois garder le contact. De cette manière j'évite le risque que le poulain ne passe derrière la main ou refuse le contact. Mais il est évident que tout dépend du cheval et de l'expérience du cavalier, qui pourra alors commencer ce travail plus tôt.

Pour ce qui est du geste en tant que tel, je tenterai de faire un schéma et cet été je devrais tourner un film sur le sujet. Toutefois je pense que le plus important est de comprendre le principe: l'important est d'agir légèrement vers le haut, vers la commissure de lèvres et pas sur les barres. Ensuite, il faut bien comprendre qu'il n'y a pas de recettes miracle, il faut expérimenter et essayer d'agir sous différents angles afin d'amener le cheval à céder. L'important est qu'ensuite le cavalier puisse, à cheval, prendre les rênes et que le cheval lâche son mors dès l'instant où il sent la tension des rênes...

J'espère que cela vous aidera d'ici les photos!

Pierre.

alixrenoux :
Le 16/07/2014 à 17h34

Dans le cas d'un cheval construit à l'envers, très contracté dans son bloc tête-encolure-épaule et gardant la tête haute, est-il tout aussi nécessaire d'empêcher l'abaissement de la nuque lors de la demande de cession de machoire à l'arrêt ?
J'observe en effet chez ce cheval, que lorsque la mâchoire cède, le bloc avant se décontracte et le cheval me propose assez souvent une descente d'encolure. Vu sa conformation et son degré de contraction, il me semblait plus juste de le laisser s'étendre et se détendre.
Qu'en pensez-vous ?
Merci d'avance pour votre réponse ainsi que pour ce bel article.

Alix

pierrebeaupere :
Le 17/07/2014 à 01h04

Bonjour alix,

C'est une question vraiment très intéressante!

J'y ai beaucoup réfléchi afin de ne pas vous emmener sur une mauvaise voie sans avoir vu le cheval... Il est normal que le cheval demande à descendre l'encolure en cédant dans la mesure où il existe une relation via des chaînes musculaires entre la mâchoire inférieure et les muscles abdominaux. Nous préparons d'ailleurs un travail important sur le sujet en compagnie de vétérinaires et de spécialistes de la posture humaine. En cédant le cheval va "rentrer son ventre" donc "remonter son dos" et son garrot et baisser l'encolure.

D'autre part, la cession de mâchoire étant directement liée à la décontraction générale du cheval, il est normal je pense qu'en se décontractant il cherche la position de détente en baissant la tête.

Personnellement, sans avoir vu votre cheval, je ferais la chose en deux temps: d'abord faire céder la mâchoire sans laisser baisser la tête, et dès que le cheval cède sans jeter l'encolure vers le bas, le laisser descendre, plus alors comme une récompense d'avoir cédé dans une attitude haute.

Je pense que cela évitera qu'il n'accepte de céder qu'en baissant la tête et dans une attitude basse et qu'il associe l'attitude haute à une contraction. Le risque serait qu'il refuse plus tard de se remonter ou qu'il cherche après quelques mois à baisser l'encolure avant d'avoir cédé...

J'espère que cette réponse vous aidera!

Pierre.

Article publié le 18-06-2014

Postez un commentaire !

Pour pouvoir poster des commentaires, il faut être abonné et connecté :
Cliquez-ici pour vous abonner au journal  |  Cliquez-ici pour vous connecter si vous êtes déja abonnés