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Suivre la bouche du cheval avec la main ?

Par Isa Danne, cavalière professionnelle de dressage.


N°55 Juillet/Août 2014
11 Commentaire(s)
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Mon enseignant me demande de suivre la bouche de mon cheval au pas et au galop. Ce que je fais très bien. Pourtant mon cheval a une bouche assez dure et s’appuie très vite sur la main. Mon enseignant me dit que ça passera. Qu’en pensez-vous ?

Votre question touche à un problème très répandu et essentiel.
Oui, aujourd’hui c’est très répandu d’enseigner « une main qui accompagne ». C’est à mettre au même niveau que le fameux « accompagner avec son bassin » (ce qui pour le bassin revient à pousser et déséquilibrer le cheval).

La main qui accompagne
La main qui accompagne au pas et au galop ? Un conseil souvent entendu, mais aussi... une solution de facilité ? © Maygutyak - Fotolia.com

Reprenons du début : au pas et au galop, le cheval se sert du balancier de son encolure pour avancer. C’est le moyen qui lui coûte le moins d’énergie. Il procède ainsi dans la nature, c'est-à-dire sans cavalier sur le dos. Il est commun chez les vétérinaires et cavaliers professionnels de dire que le cheval fait comme ci ou comme ça dans la nature. Mais dans la nature, il ne porte pas de charge. Cela change tout !

Petit à petit le jeune cheval prendra la force musculaire suffisante pour porter son cavalier et surtout porter son encolure

En tout cas, on souhaite que notre cheval ne souffre pas trop de son métier de porteur, danseur ou sauteur...
Lorsque l’on regarde un cheval au pas ou au galop dans un rassembler total (j’en conviens il est très rare d’en voir !) le cheval à l’encolure fixe.
Alors que se passe-t-il ? Et pourquoi ?
En fait, c’est simple : quand le cheval...

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11 commentaire(s) »

hippo :
Le 28/07/2014 à 18h05

c'est surement une question de définition du mot "fixe" ou de jeu sur les mots ou de savoir de la poule ou de l'oeuf qui est arrivé le premier.... mais je ne suis pas du tout convaincue :-)

Ce n'est pas parce que la main accompagne, qu'elle laisse faire n'importe quoi au cheval, elle accompagne pour avoir un contact constant.
sur un jeune cheval avec un mouvement d'encolure au pas, une main complètement fixe ca donne des accoups dans la bouche à chaque foulée (ou alors faut avoir des rênes longues non au contact)... ce n'est pas le but recherché j'imagine....
Je vois ca comme ca: plus le cheval avance dans son dressage, et plus il sera équilibré et plus son encolure va être fixe et plus la main pourra elle aussi rester fixe.
Donc pour moi la main fixe est une conséquence du bon dressage du cheval et non pas une exigence initiale.

herve :
Le 13/08/2014 à 09h05

L'utilisation que fait le cheval de son encolure est bien plus complexe.

Aux petites allures, sur du plat, il est possible de l'empêcher partiellement d'utiliser son encolure, mais aux allures rapides, en terrain varié, et lords des sauts, cela donne quoi ?

:
Le 15/08/2014 à 15h49

merci Isa pour ce bel et explicite article du travail du rassembler.

danne :
Le 15/08/2014 à 16h41

Bonjour,

Hippo et Hervé, j'ai envie de dire chacun voit les choses d'après son vécu.

Il est évident qu'il n'est pas question de mettre des coups dans la bouche du cheval mais pour vraiment comprendre ce dont je parle, peut être qu'un article est insuffisant, il faudrait certainement que vous puissiez le voir pour le croire :)

Sur les sauts, au plané je suis la bouche, comme Jean d'Orgeix me l'a enseigné, c'est le seul moment.

En terrain varié je ne suis pas particulièrement au contact constant, pour ma part je crois que le cheval gagne un meilleur équilibre sans le contact constant de la main, qui s'approche trop vite et trop souvent d'un appui ferme et définitif.

Merci M.Y

Amicalement
Isa Danne

herve :
Le 16/08/2014 à 10h50

On est bien d'accord que la main ne peut pas être une limite en terrain varié et lors du saut. Ne pas garder un contact constant en terrain varié, c'est à dire ne pas ajuster ses rênes, est une façon d'éluder le problème, qui n'est pas toujours applicable.

Si la main ne peut pas être une limite en terrain varié, et lors des sauts, c'est parce que le cheval n'utilise pas seulement son encolure pour se mettre sur les épaules, pour contrarier son cavalier, ou regarder la télé en mangeant des chips. Le cheval n'a pas besoin de son encolure pour être "sur les épaules", il a la cage thoracique et de gros organes comme les poumons.

Cordialement
Hervé

danne :
Le 16/08/2014 à 12h33

Très bien Hervé mais encore ... tout ceci pour nous expliquer quoi ?
Le cheval naturellement porte sur les épaules c'est un fait, avec ou sans cavalier sur le dos.
Mais justement l'éducation classique doit l'emmener à porter en reportant du poids sur ses hanches afin d'être plus léger et disponible dans ses réponses, mouvements pour le cavalier.
Si votre but est de le conserver sur les épaules pas de soucis pourquoi pas ... pour ma part ce n'est pas mon but.


Isa Danne

herve :
Le 16/08/2014 à 14h10

Tout cela pour en venir au fait qu'accompagner la bouche présente quand même de grands avantages, lorsque ce n'est pas tout simplement nécessaire :-)

Il est tout à fait possible d'empêcher le cheval de se défendre à la main tout en accompagnant sa bouche. Je l'ai fait pas plus tard que la semaine dernière lors d'une randonnée à l'étranger sur un jeune cob qui avait tendance à être "heavy in front, and not steering very well" selon les propres termes de l'accompagnatrice.

Et j'avoue que pratiquant une équitation de loisir et d'extérieur, je suis un adepte de l'équilibre naturel.

Cordialement
Hervé

danne :
Le 17/08/2014 à 13h46

Hervé,

Nous ne parlons hélas pas du tout de la même exigence d'équilibre et de finesse.
Vous ne pouvez pas venir me dire en gors que ce que j'écris ne vous conviens pas alors que je vous parle de haute école, de dressage et vous de ballades ou de randonnée.

Je n'ai aucun mépris dans mes propos, j'ai moi même trés longtemps accompagnés de ballades, fait des randos ect ect mais on ne parle pas du tout de la même chose.

Il faut à un moment mettre les choses dans les bonnes cases.

Pour ma part en extérieur je préfère si c'est juste une balade travailler les chevaux ou si c'est une rando leur donné de la liberté et les éduquer à cette liberté si ils ne savent pas l'utiliser à profit.

Cordialement
Isa Danne

herve :
Le 17/08/2014 à 17h36

Veuillez m'excuser.

Je ne savais pas que la cavalière qui demandait comment empêcher son cheval de s'appuyer pratiquait la haute école.

Je pensais que la question concernait tous les cavaliers, quelque soit leur discipline.

Cordialement,
Hervé.

danne :
Le 20/08/2014 à 12h21

le vrai problème c'est que quoi que j'explique vous avez vos idées et évidemment j'ai les miennes.

Aucun d'entre nous ne changera d'avis.
Donc pour ma part je considère qu'un appuie constant est une erreur de compréhension de l'équilibre et a ce titre j'invite mes cavaliers peut importe la discipline à rechercher l'équilibre sans appuie constant.

L'appui constant ou la légèreté ne sont pas une question de haute école uniquement loin de la.Cela commence à la basse école, la base de l'éducation du cheval de sport et de loisir me semble t'il.

Cordialement
Isa Danne

herve :
Le 21/08/2014 à 00h00

D'après ce que je comprends de vos propos, accompagner la bouche permet au cheval de s'appuyer car dans ce cas la main n'est pas une limite.

Mais il me semble que si le cheval s'appuie, le contact n'est plus constant. Il varie en intensité. Le cheval accroit la tension des rênes et attire la main en avant. Le cavalier peut alors agir pour alléger le contact.

Maintenant imaginons notre cheval de randonnée marchant tranquillement au pas, encolure horizontale. Soudain, il voit quelque chose et il lève l'encolure. Pour rester en mesure d'intervenir, en cas de tentative de demi-tour par exemple, le cavalier raccourcie ses rênes. Tranquillisé, le cheval abaisse et étend son encolure. La main va-t-elle s'y opposer ? Pourtant si elle laisse faire, elle n'est plus une limite.

Autre exemple, le cheval descend une pente un peu raide. Le cavalier peut avoir besoin d'ajuster ses rênes de façon à guider le cheval pour qu'il ne se mette pas de travers, ou pour qu'il n'accélère pas dans la descente, sans pour autant empêcher le cheval d'utiliser son encolure pour regarder où il met les pieds, et s'équilibrer.

C'est ce qui me fait dire qu'en terrain varié la main ne peut pas être une limite. Elle doit s'adapter à la liberté donnée au cheval d'employer son encolure, afin de garder un contrôle satisfaisant.

Et je ne pense pas que les deux extrêmes, qui seraient de ne monter que rênes longues, ou avec une encolure fixe, soient praticables.

Ce n'est peut être pas une équitation fine, mais à moins de ne jamais sortir du manège ou de la carrière on est bien obligé de la pratiquer.

Cordialement
Hervé

Article publié le 22-07-2014

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