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Découverte du gène Splashed White chez le cheval Breton

Par Amélie Tsaag-Valren.


N°55 Juillet/Août 2014
3 Commentaire(s)
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Aucune des neuf races de trait françaises ne peut porter officiellement de robe pie... Pourtant, une découverte génétique pourrait bien secouer le monde très traditionnel de l'élevage du cheval de trait : des gènes de robe pie existent depuis près d'un siècle dans le pool génétique du Trait breton ! 

La découverte est officielle depuis le 8 août, suite à un test génétique effectué sur la jument Reine de Since, mère de l'adorable poulain Dolmen, auprès d'un laboratoire américain. La jument est porteuse du gène SW-1, en clair l'un des trois gènes codant la robe dite Splashed White, parfois nommée en français balzano ou balzan.

Eleveurs
Dolmen, un poulain aux yeux vairons, probablement porteur d'un ou deux gènes Splashed White. © Goulwena Moel

On soupçonnait jusqu'alors la présence du gène sabino chez le trait breton, mais pas celle du Splashed White. Il faut dire que ce gène est compliqué, puisqu'il peut rester "caché" pendant des générations et des générations, provoquant de temps en temps la naissance de poulains aux yeux bleus, avec des taches blanches sous le ventre et/ou de grandes balzanes. 

Jusqu'alors, aucune race équine d'origine française n'était officiellement porteuse de la robe Splashed White

Désormais prouvé chez le trait Breton, il est fortement soupçonné chez l'Ardennais, en raison de l'existence de poulains aux yeux bleus chez la race. Cependant, les éventuels chevaux Ardennais nés pie ne sont pas connus, car probablement vendus à la boucherie dès leur sevrage...

Eleveurs
© Goulwena Moel

Jusqu'alors, aucune race équine d'origine française n'était officiellement porteuse de la robe Splashed White, plutôt typique de chevaux britanniques comme le Welsh Cob, les Gypsy ou Irish Cobs et le Clydesdale, ainsi que des Paint Horse américains. Chez le Breton, le gène semble avoir traversé la Manche avec des trotteurs du Norfolk : au début du XXe siècle, le postier Breton était le résultat du croisement entre des juments bretonnes et des étalons du Norfolk. Il portait alors le nom de "Norfolk-Breton", nous rappelle Brittia Guiriec.

Une remise en question

Bien que les éleveurs aient soigneusement écarté les reproducteurs présentant une robe pie, le gène s'est introduit chez la race bretonne de manière cachée, chez des chevaux qui l'expriment peu. Beaucoup d'autres races descendant de trotteurs Norfolk sont connues de nos jours pour exprimer du Splashed White : les Hackneys, Welshes de type cob et Finlandais.

Eleveurs
Reine de Since, la jument officiellement testée porteuse du gène SW-1. © Goulwena Moel 

La nouvelle pourrait bien provoquer de sérieuses réflexions sur la sélection du cheval Breton. avec deux orientations possibles : l'élimination du gène SW-1 de la race par testage de tous les reproducteurs, ou l'acceptation pleine et entière de ce gène, sans discrimination des chevaux pie. La situation actuelle est en effet particulièrement injuste pour les éleveurs, puisque le gène reste présent chez la race, et que certains chevaux présentant "trop" de blanc sont écartés du stud-book sur des critères purement subjectifs. 

La robe pie est assurément un grand atout pour un cheval destiné aux loisirs, puisqu'elle est très recherchée. Espérons que les tenants du stud-book sauront faire le bon choix. 

Les robes Splashed White, balzan ou balzano

Comme son nom anglais de Splashed White l'évoque bien, cette robe fait penser à des chevaux qui se seraient jetés dans une rivière de peinture blanche. Sous sa forme classique, la tête, les quatre membres, la queue (ou juste le bout de la queue) ainsi qu'une partie du ventre sont blancs. Les américains l'ont rattachée au groupe des robes pie overo, car le blanc ne franchit pas la ligne du dos.

Schéma du balzano typique
Schéma du balzano typique. Schéma domaine public

Cependant, le Splashed White possède ses propres gènes, à savoir trois (SW-1, SW-2 et SW-3). Le premier est celui qui a été détecté chez les traits Bretons, il est assez commun. On soupçonne que la célèbre "jument aux yeux bleus", l'Oldenbourg Weihaiwej (double médaillée d'or à la Haye en 1994 avec Franke Sloothaak), en était porteuse. Les deux autres gènes sont plus rares, et peut-être mortels si homozygotes. Les gènes SW peuvent aussi provoquer une surdité d'origine génétique dans de rares cas. 

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3 commentaire(s) »

Cliona [invité] :
Le 21/08/2014 à 15h10

C'était bien la peine d'exclure Dolmen du Stud Book...et pan dans les dents des "vieux sages"...

breton [invité] :
Le 22/08/2014 à 09h30

personne ne parle d'éradiquer le blanc mais seulement le limité pour ne pas que cela dérive de trop et que l'on se retrouve avec des chevaux pie . je ne vois pas pourquoi s'enteter a vouloir absolument faire rentrer la robe pie dans le breton autant prendre une autre race pour avoir des chevaux pie

Igloo [invité] :
Le 22/08/2014 à 13h27

Et bien si vous voulez le limiter, désormais il est possible de le tester génétiquement comme c'est indiqué dans cet article.

Sois on teste et on recale les porteurs, soit on accepte tout le monde.

Article publié le 17-08-2014

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