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Le cheval de Maxime Livio dopé : vrai ou faux dopage ?

L’analyse du Dr. Jacques Laurent.


N°55 Juillet/Août 2014
1 Commentaire(s)
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Consternation dans les rangs de l’équipe de concours complet : le cheval de Maxime Livio est contrôlé positif à l’acépromazine. Notre brillant cavalier risque le déclassement, l’équipe de France de complet pourrait être radiée des futurs Jeux de Rio.

Deux affaires de dopage aux JEM : sur les 137 chevaux testés au contrôle anti-dopage, Qalao des Mers, le cheval de Maxime Livio, est positif à l'acépromazine, un sédatif que l'on trouve notamment dans les médicaments Vétranquil® et Calmivet®. L'autre cheval concerné est Tra Flama, monté en endurance par le sud-africain Giliese de Villiers, traité cette fois à la phénylbutazone.

Maxime Livio

Maxime Livio avait obtenu une très belle cinquième place en individuel... Mais ce classement est aujourd’hui remis en question, ainsi que celui de l’ensemble de l’équipe de France de complet, qui pourrait aussi se voir interdire l’accès aux prochains jeux Olympiques à Rio de Janeiro.


Maxime Livio devra répondre à la convocation du Tribunal de la FEI après les Jeux.


Peu après, il s’est expliqué dans un communiqué où il se dit « abasourdi et catastrophé pour la France, l'équipe de France et pour sa propre performance ». Il était certain d’être contrôlé et affirme n’avoir pas pu envisager de prendre un tel risque, et que seul un acte de malveillance peut expliquer cette situation.

De son côté, la FFE a publié un communiqué officiel :


« La Fédération Française d'Equitation prend acte du résultat positif du contrôle effectué par la Fédération Equestre Internationale sur le cheval Qalao des Mers, monté par Maxime Livio, lors de l'épreuve de Concours complet d'équitation des Jeux Equestres Mondiaux FEI Alltech™ 2014 en Normandie, faisant apparaître la présence d'une substance contrôlée en compétition.
Attachée à la pratique d'un sport propre, la Fédération Française d'Equitation ‐ par le biais des équipes vétérinaires et médicales ‐ met en oeuvre des moyens importants pour sensibiliser les cavaliers et conduire des actions renforcées visant à prévenir l'utilisation de produits interdits ou contrôlés.
La FFE prendra sans ambiguïté toutes les mesures nécessaires »

Photo en médaillon : Maxime Livio. © FFE/PSV

L’avis du scientifique
Par le Dr Jacques Laurent

L’acépromazine est un neuroleptique utilisé pour obtenir la sédation.
Ce tranquillisant peut être utilisé comme agent dopant lors des concours de dressage afin de limiter les réactions de peur et de défense du cheval. Le cavalier cherche par une action neuro-sédative de type central (cérébral) à rendre le cheval moins réceptif aux stimuli extérieurs.

L’acépromazine est en général injectée par voie intra-musculaire, à faible dose, ce qui permet de ne pas rentrer en phase sédative vraie.
L’acépromazine peut être dosée dans la salive, les méthodes de dosage sont très sensibles (plus de 98% de sensibilité). La spécificité du dosage est excellente et les faux positifs sont exceptionnels : en effet, alors que l’acépromazine est présente dans la salive immédiatement après l’effort, elle est déjà absente du plasma. C’est dire la fiabilité du dosage (D. Courtaut et Coll).

L’acépromazine étant utilisés à titre vétérinaire dans des circonstantes très fréquentes et tout-à fait avouables, la question serait de savoir si les tests positifs à ce produit chez Qalao des Mers ne témoignent pas d’un traitement vétérinaire déjà ancien, puisque la rémanence est largement supérieure à 48 heures. Même dans ce cas, il semblera indéniable que le cheval était de toute façon sous l’influence du produit. Reste l’hypothèse de la malveillance, où une poignée de Calmivet® a pu être facilement ajoutée à la ration ingérée avant le concours...

Mais les experts toxicologues ne pourront évidemment pas faire la différence. Ils ne pourront surtout pas faire la différence entre les taux trouvés du produit dans les émonctoires et la date et l'heure d’administration de la dose initiale, la dose étant par définition inconnue.

A notre avis, pour l’équipe de France, le seul espoir demeure dans la découverte prouvée d’une malveillance, ce qui permettrait de disqualifier seulement Qalao des Mers (qui de toute façon en a bénéficié) mais sans jeter le discrédit sur l’équipe de France.

Dans le cas du cheval du cavalier sud africain Giliese de Villiers, trouvé positif à la phénylbutazone, les modalités d’administration et la pharmacologie du produit éliminent presque à coup sûr une malveillance du dernier moment. Certes, le produit a pu être utilisé dans les jours précédents pour des raisons vétérinaires tout aussi avouables ; en revanche ce qui l’est moins, c’est de faire partir dans une épreuve de ce type un infirme...

1 commentaire(s) »

Wil [invité] :
Le 22/09/2014 à 12h45

Tout ça est écœurant et bien dommmage:
1. si c'est intentionnel,
2. ou bien si c'est une erreur ou un acte de malveillance et là c'est la surveillance des équidés qui est en cause et qui a donc été nulle!

Article publié le 07-09-2014

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