Accueil » Editos

JEM : zones interdites

Laetitia Bataille

Observer, réfléchir : deux verbes qui constituent, ainsi apposés, une des maximes célèbres d’Etienne Beudant. Mais pour observer, il faut s’approcher. C’est précisément ce qui était impossible – interdit - lors des « détentes » (ironie du mot !) de dressage de ces Jeux Equestres Mondiaux Alltech/FEI qui viennent de s’achever en Normandie.

Pas très pédagogiques, ces Jeux. Car c’est précisément pendant les échauffements que l’on peut voir ces grands cavaliers travailler leurs chevaux, que l’on peut étudier, comprendre (ou pas) leur équitation, admirer peut-être, critiquer éventuellement. Les organisateurs, ou la FEI, ou les deux, n’ont pas voulu prendre de risque. Sujet trop délicat.

Vitrine de l’équitation au plus haut niveau, n’ayant lieu qu’une fois tous les 4 ans, ces fameux JEM s’annonçaient grandioses. Mais plusieurs mois avant, nous avions été désagréablement surpris par les difficultés rencontrées au moment d’accréditer nos journalistes de dressage : il n’y aurait pas d’accès aux aires d’échauffement.

Nous avions exprimé notre surprise dans notre édito du mois de mai, intitulé « Des JEM sous haute surveillance ».

Réaction immédiate de la Fédération Equestre Internationale, nous demandant d’insérer un droit de réponse (lire ici). Ce que nous faisions immédiatement et d’autant plus volontiers que le mail reçu promettait l’accès à tous les emplacements nécessaires à une bonne visibilité : « Il y aura une aire spécialement aménagée d’où les médias accrédités pourront observer à leur loisir et photographier tous les échauffements ».

Observer... Notre envoyée spéciale, Nelly Valère, observatrice (trop ?) compétente, n’a pas eu le loisir de le faire : refoulée à plusieurs reprises et sans aménité, elle a dû renoncer à s’approcher à moins de 100 mètres des paddocks de détente (sans parler de l'espace de travail des chevaux, évidemment inaccessible). Quant à photographier, n’y pensons même pas : les choses se déroulaient sous une tente lointaine et à contre-jour. En clair : même dûment accrédités, les journalistes étaient traités en indésirables et ne pouvaient exercer leur métier. Nombreuses ont été les déceptions, les réclamations et les plaintes.

Mais qu’y avait-il donc à voir sur ces fameuses « aires d’échauffement » tenues secrètes ? Le meilleur, certainement, mais aussi le pire... Nous en avons eu la preuve puisqu’un nouveau scandale de « langue bleue » est venu ternir l’image, trop jalousement défendue, de ces Jeux somme toute interdits. « Les pires Jeux qui aient jamais eu lieu », titrent certains confrères de la presse internationale. Jugement sévère, exagéré. Certes, il y a eu du flou dans l’organisation, quelque peu débordée par le succès ; des bénévoles pas toujours très bien informés de leur rôle ; des intempéries qui ont rendu inutilement difficiles les épreuves de cross et d’endurance ; un prince du Bahreïn pas vraiment fréquentable reçu parmi les athlètes de bonne volonté... Mais ces fausses notes seront atténuées, souhaitons-le, car il y a eu aussi beaucoup d’émotion, de beauté, de très grand sport.

Dommage que le dressage reste, avec l’endurance, une discipline qui se cherche, et qui en attendant, est parfois inavouable...

Photo de couverture : © anakondasp - Fotolia.com

Lisez le journal sans restriction :

Abonnez-vous à Cheval Savoir pour seulement 29€ !
(31$ US. 38$ Canadien; 35 Franc CHF)

S’abonner à Cheval Savoir, c’est :

  • bénéficier de la lecture des numéros à paraître
  • avoir un accès permanent et totalement gratuit à la Bibliothèque d’Archives en ligne, soit plus de 2000 articles parus ! Des dizaines de milliers de pages de lecture, l’équivalent de plusieurs centaines de livres sur tous les sujets équestres ! Ce qu’aucun autre magazine ne pourrait vous offrir…
Cliquez-ici pour vous abonner à Cheval Savoir

Ce que vous ne lirez pas ailleurs

Si vous êtes déja abonné au journal, cliquez-ici pour vous identifier

0 commentaire(s) »
Article publié le 12-09-2014

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire