Le travail de Baucher au cirque
Le monde équestre, divisé certes, mais jamais indifférent, ainsi que toutes les couches de la société de l’époque se retrouvaient au cirque où « le grand Baucher » montrait au public ébahi ses chevaux brillamment mis en Haute Ecole. Aux airs classiques, le novateur ajoutait des airs jusque-là impensés ou réputés impossibles, alimentant tout à la fois l’admiration inconditionnelle des uns et la réprobation sarcastique et parfois haineuse des autres.
Voyons aujourd’hui quels sont les points clés sur lesquels repose la nouvelle méthode.

Nous ne nous attarderons pas sur la biographie de François Baucher, nos lecteurs pouvant avantageusement se reporter aux ouvrages bien connus qui lui sont consacrés (Gl. Decarpentry, Gl. L’Hotte). Disons simplement que la concurrence restée fameuse entre Baucher et d’Aure pour la direction de l’école de cavalerie de Saumur en 1842 ayant tourné en faveur de l’élégant aristocrate, Baucher avait repris son travail au cirque après une tournée dans les capitales d’Europe. Les années 40 lui avaient amené la gloire, et sa Méthode d’équitation connaissait un vif succès avec huit éditions en quatre ans. On bauchérisait partout, mais on ne réussissait pas souvent à appliquer la nouvelle méthode sans l’aide du novateur ou de son fils Henri ; et si ses partisans étaient bruyants, ses détracteurs ne l’étaient pas moins.
Citons en premier lieu l’estime dans lequel cet écuyer inventif tenait son partenaire cheval. La préface de La Méthode donne le ton : « Le cheval, ce noble animal, est peut-être celui dont l’homme a le plus abusé, et les moyens dont on s’est servi pour le soumettre trahissent l’ignorance et la brutalité »
On trouve ainsi dans son œuvre quantité de recommandations sur l’attitude qu’il entendait faire adopter à ses élèves vis-à-vis de ce bel ami de l’homme : « Plus l’homme veut avoir d’empire sur l’animal, plus il doit s’attacher à lui faire comprendre et juger ses propres impressions ».

Il nous avait déjà prévenus : « Si nous reconnaissons que cet animal est capable d’appréciation, de discernement, qu’il possède la sensation, la mémoire et la comparaison, nous devons nécessairement en déduire qu’il est soumis à toute les règles communes aux êtres sensibles et intelligents »
Ainsi l’écuyer sera-t-il gratifié d’heureux moments de communion : « Que de vives satisfactions, que d’instants délicieux, pour l’écuyer ! Quel noble interprète il rencontre dans cet intéressant ami de l’homme ! Quelle intimité pleine de charme, que de conversations vives, piquantes et instructives ! »
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