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Le savoir-communiquer

Laetitia Bataille

« Equitation, quand tu nous tiens », était le titre du plus célèbre livre de Jean d’Orgeix. « Comportement, quand tu nous tiens » pourrait être aujourd’hui une Bible pour les cavaliers qui cherchent, et parfois trouvent, la voie d’un dressage plus respectueux du cheval. Une voie que n’aurait certes pas reniée le célèbre Chevalier, qui savait si bien parler aux chevaux, aux panthères et même aux boas, qu’il entortillait à loisir autour de ses épaules…

A CS, notre job, c’est de rechercher. Et notre engagement, plus formel que jamais, envers la cause des chevaux nous impose des directives intransgressibles. La cause des cavaliers est elle aussi respectable : nous n’allons donc pas jusqu’à dire, comme certains, que l’équitation même doit être abandonnée, au nom de la liberté de l’animal. Nous croyons sincèrement qu’un cheval peut travailler dans la joie, et que la performance est compatible avec le bien-être.

Mais l’une des pierres d’achoppement, c’est la communication entre cet animal herbivore, craintif et rapide, et l’homme moderne, qui a perdu beaucoup de ses facultés de ressentir. Il ne s’agit pas de « parler cheval » (voici une bien grande sottise : nous ne sommes pas des chevaux !) mais de nous faire comprendre d’eux, avec notre langage à nous, qui est double, puisqu’il se compose de gestuelle, mais aussi de paroles. Et l’équitation est bien un domaine où la parole est d’or ! Tant de cavaliers, même confirmés, l’oublient… à qui la parole ne vient pas naturellement face à une situation équestre délicate ou banale.

La gestuelle est moins évidente, il faut là une certaine initiation. Mais abstenons-nous d’aller dans des sentiers battus et discutables : le fantasme du jeu (le cheval aime-il vraiment jouer avec l’homme ?) la tendance à limiter l’éducation au simple conditionnement, les recettes de cuisine, le courant dit « éthologique » dans lequel la connaissance du comportement animal (c’est le vrai sens du mot) a été remplacée par un enchevêtrement de trucs censés garantir une relation idyllique… 

La communication, Jean d’Orgeix y excellait d’instinct. Beudant était un vrai comportementaliste lorsqu’il préconisait de « demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup ». Un courant très net se dessine aujourd’hui, en faveur d’une recherche étayée par la science, ouverte sur la connaissance des maîtres du passé (qui avaient souvent tout compris) et privilégiant une approche plus « adulte » du sujet, loin d’un certain babillage qui semble décidément avoir fait son temps…

Aujourd’hui, nous vous présenterons un nouveau collaborateur. Comportementaliste, dresseur-éducateur et spécialiste du travail à pied, Yacine Aouaneche nous accompagnera dorénavant au cours de notre quête d’un abord plus juste du cheval – « abord » étant pris au sens large du terme. Il dispensera ses conseils dans des articles didactiques, et répondra le cas échéant à vos questions – que nous attendons !

Photo de couverture : © Mikhail Kondrashov - Fotolia.com

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5 commentaire(s) »

herve :
Le 15/11/2014 à 09h08

Les "chuchoteurs" sont aussi des gens qui parcourent chaque année leur continent pour donner des stages au cours desquels ils aident des centaines de cavaliers. Ce n'est pas très sérieux de balayer leur travail d'une phrase.

:
Le 16/11/2014 à 21h01

Cher Hervé

Eh bien oui, justement, il y a des "chuchoteurs" qui sont de vrais professionnels et qui, comme vous le dites, ont rendu de grands services avec des chevaux difficiles ou en difficulté avec leur cavalier. Nous avons un réel respect pour eux. Là où nous émettons des restrictions, c'est lorsque des messages fantaisistes sont transmis sans discernement sous le couvert du mot "chuchoteur" entraînant des confusions et cautionnant des méthodes qui justement, ne sont pas toujours très pros !
Je pense qu'en fait, nous sommes totalement d'accord...
Bien cordialement

Laetitia Bataille
Rédactrice en Chef

severinep :
Le 04/12/2014 à 12h06

Je soutiens ce qu'écrit Mme BATAILLE. La nouvelle monitrice de mon centre équestre donne des cours d'"éthologie"... Bien que ses cours ne soient pas si mal, il suffit de la voir avec ses juments (ou de l'écouter) pour comprendre à quel point ces techniques ne sont pour elle que des recettes commerciales. Elle ne saisit absolument pas toute la philosophie de respect du cheval qu'il devrait y avoir derrière... et c'est bien dommage !

herve :
Le 04/12/2014 à 12h24

Ces dérives ne sont pas propres à l'équitation éthologique.

laetitia :
Le 04/12/2014 à 18h00

Je suis d'accord avec vous Severinep, mais aussi avec Hervé : ces dérives -c'est le mot qu'il emploie- ne sont pas propres à l'équitation éthologique. Essayons tous de recentrer le débat : il ne s'agit pas de stigmatiser les errances des uns ou des autres (parfois sincères d'ailleurs) mais d'essayer de mieux comprendre les chevaux...ce qui n'est pas simple...

Cordialement

Laetitia Bataille
Rédactrice en Chef

Article publié le 27-10-2014

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