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Cavalier débutant : La décontraction mécanique par le grand trot (I)

Par Pierre Beaupère, cavalier professionnel et professeur de Dressage.


N°57
11 Commentaire(s)
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La constance et le contrôle du rythme et de l’équilibre de base du cheval prioritaires sur tout le reste. Nous allons maintenant nous intéresser à la décontraction mécanique, qui touche uniquement à la longueur des muscles, va dénouer les tensions et les zones que le cheval ne mobilise pas assez.

Niveau de difficulté : Niveau de difficulté

Pour : Amener le cheval à faire participer l’entièreté de son corps pour le mouvement.

Moment idéal : Après avoir travaillé le cheval sur des lignes droites et des lignes courbes dans un trot sans amplitude mais bien actif, en lui demandant de maintenir son rythme seul et en ayant vérifié qu’il se porte et qu’il effectue facilement les transitions du trot au pas.

Prérequis : Un cheval en équilibre, donc qui se porte et qui maintient seul un rythme constant. Un cavalier ayant pris conscience de l’importance d’avoir le cheval suffisamment rapide et actif dans le mouvement des postérieurs.

Nous avons vu ces derniers mois à quel point la constance et le contrôle du rythme et de l’équilibre de base du cheval (qui n’a rien à voir avec du rassemblé) sont importants et prioritaires sur tout le reste.
Nous avons d’autre part vu le mois passé les différentes formes et notions qu’implique l’idée de la décontraction :

  • la décontraction mécanique, l’allongement des muscles afin qu’ils aient une longueur suffisante pour permettre la liberté de mouvement,
  • la décontraction mentale, c’est-à-dire l’absence de peur, de stress, de résistance mentale contre le travail, mais aussi de manière plus positive, le fait que le cheval se livre volontiers et ne considère pas le travail comme quelque chose de négatif ou lié à la souffrance, à la contrainte et au combat,
  • la décontraction liée au fait de « lâcher » les muscles, qui implique l’utilisation que le cheval fait de son corps, la fluidité du mouvement et la capacité de coordination du cheval, et ce quel que soit l’état de son corps. Pour simplifier, on pourrait considérer que c’est la manière dont le cheval « pilote » son propre corps. Et on pourrait alors comprendre que la qualité du pilote n’a rien à voir avec la qualité de la voiture qu’il pilote.
Pierre Beaupère
© Charly Debray

Enfin, nous pouvons aisément comprendre que la décontraction de manière générale, découle d’un rythme et d’un équilibre corrects. En effet, si je trébuche et que je perds l’équilibre, il me sera impossible d’être dans un moment de grande décontraction générale. Et de la même manière, si je cours avec un rythme irrégulier, donc en accélérant et en ralentissant souvent, je serai très vite à bout de souffle et ne tarderai pas à sentir l’apparition d’un « point de côté ».

Sur un cheval très raide, le cavalier a parfois la sensation que les hanches balancent de gauche à droite, ce qui peut être inconfortable et donner la sensation que le cheval a un problème

Nous allons d’abord nous intéresser essentiellement à...

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11 commentaire(s) »

ludo :
Le 29/10/2014 à 18h28

Intéressant! Juste une petite question sur la position : quand trottez-vous enlevé? Passez-vous du trot enlevé au trot assis, suivant le trot? Les transitions descendantes se font assis, et j'imagine qu'il faut s'adapter à ce que l'on est capable de faire d'une part, et à ce qui décontracte le plus, d'autre part.

marmotte :
Le 30/10/2014 à 09h05

J' ai une question par rapport au travail au grand trot, avec une jeune jument de 3 ans qui a peu de métier car elle est en pleine croissance, du coup on lui demande peu de travail pour l'instant, elle a des allures lentes, amples avec du rebond (Don Frederico), je lui demande plutot la décontraction par un trot lent mais régulier en lui demandant de venir vers le bas tout en conservant son rythme, est ce alors une mauvaise méthode ?

pierrebeaupere :
Le 02/11/2014 à 10h26

Cher Ludo,

Merci pour votre question! Je pensais en avoir parlé il y a longtemps mais je pense que votre question vient vraiment au bon moment.

Tout d'abord, j'insiste beaucoup sur le fait que les transitions descendantes ne se fassent pas en passant du trot enlevé au trot assis. Cela revient à mettre tout son poids dans la selle à un moment qui est déjà difficile pour le cheval et où il déjà fortement tendance à se creuser. D'autre part, si je ralenti mon trot enlevé pour diminuer les allures et que je me lève plus haut, le cheval apprend immédiatement à se calquer sur ma position et je pourrai très rapidement l'utiliser pour contrôler les allures.

Pour ce qui est du choix du moment pour le trot assis, personnellement je ne trotte assis que lorsque je souhaite commencer à "compacter" le cheval (on ne peut pas encore vraiment parler de rassemblé). Souvent c'est ce qui vient après le grand trot, lorsque je commencerai à utiliser l'énergie générée par le grand trot. Mais vous pouvez aussi apprendre au cheval à passer au grand trot au moment où vous passez du trot assis au trot enlevé. Dans la mesure où il ne s'agit pas encore du tout d'allongements, il n'y a pas d'intérêt à le faire au trot assis. Nous voulons juste libérer le corps du cheval par le grand trot...

J'espère que cela répond à votre question!

pierrebeaupere :
Le 02/11/2014 à 10h30

Pour marmotte,

Il est difficile de répondre sans avoir vu le cheval mais au vu du type de cheval, de son âge et de ce que vous décrivez, je pense qu'il serait important de commencer par un trot très en avant encolure haute car il y a un risque vraiment important dans votre travail pour un cheval aussi vert de l'éteindre et de la jeter sur les épaules... Je vous conseille de relire les 4 ou 5 derniers articles concernant les jeunes chevaux où j'explique que le rythme et l'équilibre passent en priorité. N'hésitez pas alors à poser une autre question si cela n'est malgré tout pas clair pour vous...

Bien à vous,

Pierre.

marmotte :
Le 02/11/2014 à 19h19

Je vais donc essayer de corriger mon travail en tenant compte de votre enseignement, pouvez vous juste m eclairer quant aux exercices. Je lui demande un trot actif en lui remontant l encolure et j alterne avec des transitions au pas et quelques depart dans le galop dans la même position et rythme, la durée de ma seance si c est 30 min c est suffisant ? Merci en attendant de recevoir votre livre

marmotte :
Le 03/11/2014 à 16h48

Bonjour, j 'ai monté Lulu de la façon dont vous m'avez orienté la jument a un peu plus de mal à se tenir car plus difficile pour elle, cependant elle était plus active et les transitions trot galop passaient très bien avec beaucoup de liant, je la sentais par moment un peu plus lourde sur la main à vouloir aller vers le bas mais je lui indiquait en relevant mes deux mains vers le haut de se tenir, donc la jument à plutot bien réagit merci

pierrebeaupere :
Le 04/11/2014 à 18h09

Chère marmotte,

Je pense qu'effectivement votre jument commençait à se laisser tomber devant et qu'il va lui falloir un peu de temps pour accepter de se tenir... Faites des temps de travail très courts, énormément de transitions, et bien attention si vous levez un peu les mains de ne pas transformer cela en à-coups et de ne pas porter la jument...

Bien à vous,

Pierre.

cara :
Le 06/11/2014 à 02h39

Bonjour
Article très intéressant, mais qui me pose un problème. Conseillez-vous aussi cette méthode pour les trotteurs réformés ?
Actuellement en train d'en travailler un, je vois clairement que dès qu'on lui demande un trop un peu rapide, il se raidit, et niveau décontraction, c'est un zéro pointé. Alors qu'on commence à arriver à quelque chose d'intéressant en lui demandant calmement un trot plus lent.
Merci de votre aide

mariebx :
Le 06/11/2014 à 09h23

Bonjour Cara, loin de moi l'idée de répondre à la place de Pierre, mais je peux vous faire partager mon expérience sur le sujet. J'ai acheté il y a 2 ans un reformé qui a été arrêté à cause d'une tendinite et non parce qu'il courrait mal. Comme vous, j'ai cherché à le mettre sur des allures lentes et plutôt vers le bas. Aujourd'hui si je lui demande un travail dans le calme, il va l'installer assez bas, sans tirer, agréable, mais dès que je veux aller plus loin, je ne peux pas car le garrot est "enfoncé" vers le bas et je me rends compte à ce moment que le cheval manque cruellement d'équilibre. Si je devais recommencer je le ferais différemment en privilégiant l'équilibre et le rythme, en cherchant bien sur la décontraction mentale. A trop cherché la décontraction physique, j'en ai créé sans m'en rendre compte, alors que tout paraissait facile. Je vous souhaite bonne chance pour la suite de la reconversion de votre trotteur, c'est un travail long, mais tellement enrichissant.

pierrebeaupere :
Le 13/11/2014 à 20h10

Chère Cara,

C'est une question très intéressante!

Pour vous faire comprendre l'idée plus que vous asséner une réponse catégorique, il faut toujours garder en tête le lien qui existe entre le rythme, l'équilibre et la décontraction. Lorsqu'on parle du rythme, il s'agit de la régularité mais aussi du contrôle du rythme. Il faut que votre cheval soit capable de maintenir son rythme de lui même. Idem pour l'équilibre. C'est cela qui amène la décontraction.

Dès lors, avec les trotteurs par exemple, on garde en général un trop assez lent et raccourci dans un premier temps car le plus souvent c'est le seul moyen de garder le contrôle. Si vous voulez sortir de ce petit trop, ce qui est à rechercher évidemment pour aller au bout du dressage du cheval, il vous faudra à tout prix garder le contrôle du rythme et de l'équilibre, et pouvoir maintenir la décontraction. Tant que vous gardez tout cela, vous pouvez petit à petit augmenter le trot, mais dès que vous perdez un de ces paramètres, revenez un cran en dessous, retrouvez ce que vous avez perdu, puis augmenter de nouveau doucement le trot.

Il est évident qu'il ne sert à rien de pousser le trot au détriment de l'équilibre, du contrôle ou de la décontraction, et encore plus avec un trotteur qui va alors courir et peser sur la main ou se raidir. Mais cela n'empêche pas de l'amener très progressivement à accepter de donner de plus en plus de trot sans rien changer...

Pour cela pensez à augmenter le trot de 1% puis un autre plutôt que d'essayer immédiatement d'aller dans le grand trot. Et laissez le cheval vous montrer jusqu'où vous pouvez aller...

J'espère que cela répond à votre question!

pierrebeaupere :
Le 13/11/2014 à 20h10

Et merci à mariebx pour sa réponse!

Article publié le 27-10-2014

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