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« Main sans jambes, jambes sans mains », côté scientifique…

Par Frank O. Ödberg,
Professeur d’éthologie à l’Université de Gand (UGent, Faculté des Sciences Vétérinaires) et à l’Université Libre de Bruxelles (VUB, Faculté de Psychologie)

et Léopold Gombeer,
Directeur technique de l’Académie Belge d’Equitation.
N°8 Mars 2010
1 Commentaire(s)
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Comme suite à notre article du mois dernier (voir CS n°7) nous continuons de « revisiter » les principes équestres académiques en y apportant un éclairage scientifique.

Pour produire des névroses expérimentales on peut induire un comportement à haute motivation et l’associer avec quelque chose de désagréable. Par exemple, un chat ayant faim reçoit un jet d’air dans la figure dès qu’il commence à manger. On peut aussi rendre la situation tellement confuse que l’animal ne sait plus comment réagir. Autre exemple, un chien apprend par conditionnement pavlovien qu’un cercle annonce la présentation de viande, et qu’une ellipse est suivie d’un choc électrique à la patte. Après quelques associations, dans le premier cas il salivera en voyant un cercle et dans le second il retirera la patte en voyant une ellipse. Il n’y aura pas de problème de bien-être (à part le choc), car les choses sont claires et il contrôle la situation.
Si graduellement on rend le cercle plus elliptique et l’ellipse plus circulaire, arrivera le moment où l’animal ne saura plus comment réagir. Il présentera alors des réactions négatives émotionnelles physiologiques (tachycardie, hyperpnée, tension artérielle élevée, défécation, miction…) et comportementales (hyperactivité ou au contraire passivité, gémissements …)

mains-sans-jambes
Mains avec jambes…et cheval résigné © DR

Au niveau du comportement, on a constaté différents types de réaction au stress. Tous les individus de la même espèce ne réagissent pas de la même manière. Certains individus ont tendance à réagir activement et d’autres passivement. Confrontés à un dressage comportant des situations contradictoires, certains chevaux se rebifferont et peuvent devenir agressifs, tandis que d’autres se soumettront passivement, entrant dans ce qu’on a décrit comme la « détresse acquise ». Nous n’entrerons pas aujourd’hui dans les détails.

«Confrontés à un dressage comportant des situations contradictoires, certains chevaux peuvent devenir agressifs, d’autres se soumettront passivement»

Les cavaliers ne se rendent souvent pas compte du nombre fois qu’ils donnent des stimuli contradictoires à leur monture.
Les jambes signifient d’habitude un signal « en avant ou accélérer » et un pression des rênes « arrêt ou ralentir». La présentation simultanée des deux représente donc des signaux contradictoires. Un cavalier confirmé sera capable de combiner les deux de manière très subtile, avec des différences de dixièmes de secondes. Malheureusement, bien de gens pensent actuellement pouvoir forcer le rassembler en « fermant la porte devant » et en « poussant le cheval par l’arrière » au lieu de le laisser se développer via un assouplissement progressif. Les faux piaffer sur l’avant-main obtenus ainsi sont fréquents. Ce triste phénomène a été dénoncé par plusieurs auteurs et nous ne nous étendrons pas là-dessus ici.

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1 commentaire(s) »

windy :
Le 30/03/2010 à 14h07

excellent article,meme si il est theorique.

j'ai un cheval "forte tête"
un jour, un moniteur de dressage de haut niveau, m'a dit que le stick ne fesait que le bloquer,et qu'il fallait jouer sur la psycologie.

depuis je parle a mon cheval pendant les reprises de dressage,
( c'est bien, voilà, oui, hepps)sont les mots que j'utilise constamment, il est tellement content quand il les entend qu'il s'applique.
que du bonheur!!!

Article publié le 25-03-2010

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