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Exercices pour développer l’impulsion

Par Pierre Beaupère, cavalier professionnel et professeur de Dressage.


N°60
17 Commentaire(s)
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Les conseils donnés par Pierre à son élève Orianne comprennent des exercices spécifiquement destinés à développer l’impulsion, dont son cheval Viti semble manquer presque en permanence.

Les difficultés rencontrées par Orianne (voir la vidéo ci-dessous) sont principalement liées à un manque d’impulsion de son cheval Viti comme elle l’explique dans sa lettre. Ces difficultés ont été analysées par Pierre qui conseille des exercices spécifiques pour développer l’impulsion et la mise en avant de Viti.

  • 1- Il est possible que cela ne fasse pas d’effet mais j’aimerais que tu essayes de longer Viti une dizaine de minutes avant de le monter. Mets-lui un caveçon ou au pire un licol d’écurie (pas de licol en corde type Parelli pour ce travail particulier) et demande-lui de marcher très énergiquement, quitte à garder la longe courte et à marcher près de lui. Ne le laisse surtout pas s’endormir ! Lorsque tu marches à côté de lui, fais bien attention à avoir toi-même des pas très énergiques, à « donner l’exemple ». Tiens-toi très droite, grandis-toi, même si tu es à pied. Ensuite, au trot. Lui demander aussi d’être immédiatement très énergique et en avant. Tu dois vraiment voir que le mouvement part de derrière, qu’il se pousse vers l’avant.
Cherche à pousser Viti dans un grand trot, très rapide dans le mouvement des postérieurs, donc évite qu’il étende trop son geste
    • Représente-toi un sprinter qui s’appuie sur les cales (les starting blocs) pour démarrer un 100 mètres. Viti doit faire à peu près le même geste à chaque foulée. Tu dois voir que ses postérieurs projettent tout son corps vers l’avant. S’il part au galop lorsque tu pousses le trot, soit tu le repasses au trot à la voix, soit tu tends un peu plus la longe et tu amènes son bout du nez vers l’intérieur, comme si tu voulais le mettre légèrement en épaule en dedans. De cette manière le galop devient difficile pour le cheval, et il va en général retomber dans un trot très en avant.
    • 2- Lorsque tu l’as bien libéré à la longe et que tu le sens fonctionner correctement derrière, monte-le. Au pas, rênes longues d’abord et là aussi le pousser au maximum de son pas. Il doit être à la limite du trot. N’aies pas peur dans un premier temps qu’il prenne un pas un peu précipité, l’important est qu’il avance. N’oublie pas, ne pas entretenir le mouvement avec tes jambes ! Deux touches de jambes et si pas de réaction, une touche de cravache. Le but n’est pas de punir ni d’être méchante mais d’avoir une réaction !

...

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17 commentaire(s) »

simon :
Le 04/02/2015 à 13h36

Bonjour a tous,

Merci Pierre pour cet excellent article. Je trouve qu’avec une illustration vidéo les choses sont plus claire.
Et le principe du problème et comment le résoudre devient plus concret ( à mon goût bien sûr )
Je suis tout à fait d’accord avec toi et lire cet article remet un peu en mémoire des choses auxquelles on ne pense plus forcément.

J’ai aussi de temps en temps des problèmes d’impulsion et de réactivité et j’ai remarqué ( dans mon cas, je longe une à deux fois semaine) que cela a commencé à s’améliorer lorsque j’ai appliqué les mêmes exigences d’impulsion à la longe (comme tu proposes au point 1). De toute évidence dans mon cas l’un sans l’autre n’était pas suffisamment efficace( voir contradictoire ).

comment imaginer des changements de pieds si on n’as pas de réactivation au aide ?

Mais j’ai quand même une petite question :
Est-ce que c’est normale qu’ après avoir fait une leçon de jambes l’impulsion et la réactivité reviens, mais au bout de quelques mois on doivent recommencer ?

Simon.

laetitia :
Le 09/02/2015 à 22h29

Pierre Beaupère répondra à Simon dans le cadre de la rubrique "Vos questions" du numéro de mars !

la rédaction

:
Le 10/02/2015 à 08h59

Bonjour amis dresseurs,
Je ressens l'envie de faire part de mes impressions de vieille dresseuse (j'ai 65 ans et je suis toujours passionnée !) par rapport au travail de Viti et d'Orianne sur la vidéo. Je ne voudrais pas que ce soit ressenti comme une critique mais plutôt que cela donne des idées.
Je trouve que Orianne est une cavalière très appliquee, très sérieuse, très "scolaire" et du coup qu'elle enchaîne les exercices sans jamais surprendre son cheval. Le cheval semble travailler en s'ennuyant. Pourquoi construire la séance avec le pas, ensuite le trot et ensuite le galop ? Pourquoi ne pas détendre au galop pour le réveiller ? Pourquoi ne pas partir au galop sur un exercice au pas pour s'assurer qu'il est disponible ? Faire beaucoup de transitions ? Et aussi lui laisser le temps de trouver son confort sur son mors sur des cercles afin de ne pas le lasser avec des exercices pendant toute la séance qui peuvent épuiser son mental.
Les mouvements á faire en concours sont faciles lorsque le cheval est dans la bonne attitude, le bachotage n'est pas une nécessité. J'ai mis 20 ans á le comprendre, si Orianne peut gagner un peu de temps par rapport à cela, je lui souhaite.
Encore une fois si ce commentaire peut blesser, supprimez le.
Amitiés a tous
Françoise

laetitia :
Le 10/02/2015 à 14h07


Chère Françoise,
Je ne vois rien de blessant dans ce commentaire constructif et bienveillant. L'équitation est un art si difficile que tous les avis sont bons à prendre, et vos conseils s'ajoutant à ceux de Pierre peuvent certainement être éclairants pour Orianne et pour les lecteurs. Je suis sûre que Pierre, qui se montre toujours d'une grande ouverture, sera de mon avis !

Laetitia Bataille
Rédactrice en Chef

orianne :
Le 11/02/2015 à 09h38

Bonjour Françoise,

Je vous remercie pour vos remarques. Comme le dit Laetitia, je suis bien sûr preneuse de tout commentaire constructif, ce qui est le cas dans ce que j'ai pu lire de vous. Je crois d'ailleurs que le but de ces articles avec vidéo est de créer de l'interactivité entre les lecteurs.

Je suis d'accord avec ce que vous mentionnez. Mon côté "scolaire" vient du fait que je sois une jeune dresseuse (40 ans nous séparent!) qui manque d'expérience et tente d'appliquer ce que je crois savoir...avec des ratés!

Depuis les conseils de Pierre, Viti a déjà bien évolué et a bien gagné en impulsion. Je prends note de vos conseils, que j'appliquerai en complément.

En vous remerciant.

Orianne

dragonelly :
Le 22/02/2015 à 00h51

L'impulsion étant définie comme "l'envie du cheval de se porter en avant", le manque d'impulsion est simplement un manque d'envie du cheval. Pour y remédier, on peut effectivement harceler son cheval avec les éperons, la cravache ou la badine (j'ai lu à plusieurs reprise "pas fort mais souvent" ce qui est aussi une très bonne technique pour désensibiliser le cheval...) et s'il apprend que quand il va plus vite on ne le harcèle plus, il peut donner l'impression d'avoir "envie" d'avancer, mais en réalité il ne cherche qu'à fuir les punitions...
Sinon, on peut aussi réellement essayer de donner envie à son cheval. On peut chercher ce qui lui plait par exemple. Un cheval qui fait ce qu'il aime a toujours de l'impulsion (parfois trop).
Par exemple, je connais un cheval qui aime beaucoup galoper. Pour le mettre dans l'impulsion, il suffit de ponctuer les séances de travail par des départs à galop suivis de quelques foulées. Dès que ce cheval sent le cavalier préparer ses aides pour le départ au galop, il se grandit de lui même, son pas ou son trot se relève, son poids se reporte en arrière, son activité augmente (bref il se rassemble) et il est clairement dans l'impulsion ! Ensuite, après avoir galopé quelques foulées, il est un peu excité et se montre très volontaire pour les exercices suivants, montrant une impulsion naturelle très agréable. Si à moment donné on sent que l'impulsion (donc l'envie) retombe un peu, il suffit de redemander un départ au galop et c'est reparti pour un tour ! En plus, en faisant régulièrement plaisir à son cheval, on le rend plus volontaire au travail et il finit par prendre du plaisir dans des exercices divers et variés. Bien sûr, il ne faut pas oublier que mieux vaut plusieurs petites séances qu'une seule grosse séance (par exemple deux séances de 20 min dans un journée plutôt qu'une heure complète).

Enfin, n'oublions pas qu'à la base, nous recherchons chez le cheval un partenaire et non un esclave ;)

pierrebeaupere :
Le 25/02/2015 à 20h45

Chère Dragonelly,

Merci à nouveau pour ce commentaire constructif où vous avez la délicatesse de me faire passer pour une brute qui violente ces pauvres esclaves de chevaux à grands coups d'éperons et de cravache.

Comme je vous l'ai déjà fait remarquer, j'ai du mal à comprendre ce besoin de m'attaquer alors que j'ai toujours tenté de défendre le bien-être et le respect du cheval. N'avons-nous pas d'autres combats à mener contre ceux qui les maltraitent réellement? Notre énergie ne devrait-elle pas être dirigée vers ces combats pour plus de respect du cheval?

Bien sûr que le cheval peut s'ennuyer et ne pas avancer à cause de cela. Bien sûr que pousser un cheval par la peur et les coups n'est pas une solution.

Connaissant Oriane et Vitti, j'ai tenté de lui donné des conseils qu'elle est apte à comprendre et à appliquer. Il ne s'agit pas d'une analyse unique mais d'un suivi, qui sera adapté en fonction de ce qu'elle en aura retenu et compris.

Je peux savoir que le cheval a peut-être besoin de motivation et estimer qu'il faut utiliser un petit détour pour qu'elle parvienne à le sentir et à comprendre quoi faire.

Je n'ai pas l'intention d'entrer dans un long débat stérile. Une seule question m'interpelle: puisque mes conseils semblent systématiquement aller à l'encontre de votre conception de l'équitation, ce que je peux vraiment comprendre et que je respecte totalement, pourquoi perdre du temps à les lire?

De mon côté, je vais continuer à tenter chaque jour de progresser afin de faire de mes chevaux et de ceux de mes élèves des partenaires toujours plus proches de nous, plus confiants, plus libres et plus heureux.

Bien à vous,

Pierre Beaupère.

dragonelly :
Le 26/02/2015 à 09h51

Pardonnez-moi Pierre,

Je ne réagis pas à VOUS mes à des propos et des messages. Je vous prie donc de m'excuser si vous vous êtes senti personnellement attaqué car ce n'était pas mon intention.

Vu votre dernier message, nous semblons au final être d'accord. Mais votre article laisse vraiment penser l'inverse et comme la maltraitance des chevaux est quand même institutionnalisée (voire encouragée...), j'ai été choquée que vous ne parliez que de l'aspect mécanique/réactif du cheval, sans prendre en compte les raisons qui pourraient le pousser à ne pas avoir envie de faire ce que le cavalier lui demande.

En effet on part souvent du principe que le cheval DOIT faire ce qu'on lui demande (pensée d’esclavagiste) alors qu'on devrait se demander "pourquoi, de son point de vue, le cheval devrait-il faire ce que je lui demande ?" Et ensuite trouver une réponse et travailler à apporter au cheval une contrepartie assez intéressante pour qu'il ait envie de nous faire plaisir.

mylittlepilou :
Le 26/02/2015 à 13h13

Il n'est pas question je pense ici que le cheval DOIT faire ce qu'on lui demande mais de savoir ce qui est ou non bénéfique pour lui!
Ne sait-on pas nous êtres humains doté d'une intelligence dite "supérieur" qu'une activité physique régulière est bonne pour nous ainsi qu'une alimentation saine et équilibrée? Alors pourquoi tant de personnes inactives et aux habitudes allimentaires cahotiques?

Je remets parfois le dressage pour les chevaux à des séance de sport pour les humains, si on nous propose de choisir entre ne rien faire et une bonne séance d'abdo on sera plutôt tenté à ne rien faire pourtant les abdos sont bien meilleurs pour nous! Les chevaux sont parfois voir souvent pareil, l'inactivité est bien plus facile pour eux que de travailler en impulsion et avec de l'engagement, si nous cavaliers les laissons faire ce choix de ne pas se mettre en avant ou de le faire que par des exercices qu'ils aiment (encore faut-il qu'il y aie des exercices qu'ils aiment)nous les laisserons creuser le dos se mettre sur les épaules et se détériorer physiquement de peur de les rendre esclaves.

Personnellement mon cheval n'est pas un grand chaud hyper-actif, mais petit à petit il a compris que lorsqu'il ne répondait pas aux jambes, la badine lui rappelait que "pour son bien" il devait se mettre en avant, quand la réponse que je cherchais était obtenue une voix chaleureuse et/ou une récompense l'attendait, il a vite fait son choix. Mais comme pour tout être vivant l'éducation passe par des phases de confort/ inconfort, un enfant à qui on évite toujours le contact avec le feu de peur qu'il se brûle finira par se brûler lors d'un moment d'inattention alors que si nous l'avions laissé comprendr, testé sous contrôle la sensation de la chaleur son expérience l'aurait a jamais éloigné de ce danger.




dragonelly :
Le 26/02/2015 à 19h18

Euh, sauf que les enfants, on ne les frappe pas pour les obliger à faire du sport (et heureusement !).
On parle même de plus en plus de l'éducation positive (ou discipline positive), une manière d'éduquer les enfants sans violence et plus efficacement que la méthode traditionnelle.
Malheureusement pour les chevaux, la plupart des cavaliers ne sont même pas choqués par les coups de cravache (souvent violents pourtant)... De plus, pour qu'un cheval apprenne à se porter en avant à la "touche" de la cravache ou de la badine, il faut qu'il ait appris avant ce qu'il se passe s'il ne répond pas : un ou des coups violents.
Enfin, les chevaux, contrairement aux humains, s'entretiennent très bien physiquement tout seuls s'ils ont de l'espace et des congénères. Ils sont d'ailleurs mieux musclés ainsi que par une unique séance d'équitation par jour.
Mais évidemment, si on part du principe qu'un cheval doit vivre dans une boite et n'en sortir qu'une ou deux heures par jour pour son "travail salutaire", il devient pratiquement impossible d'avoir un cheval en bonne forme physique... Sans compter que traiter ainsi, le cheval n'a le choix qu'entre la contrainte de son "sport" et la prison :(

mylittlepilou :
Le 26/02/2015 à 21h38

Cette idée de l'éducation sans violence est très belle sur le papier le malheur est qu'elle rempli nos écoles de gosses indisciplinés et souvent d'une violence physique et verbales sans limites ayant des parents complètement dépassés par leurs enfants devenus des ados incontrôlables. Je vis avec un enseignant et ce qu'il en retourne est affligeant, ne parlons même pas après du monde du travail... Mais pour revenir aux chevaux si alors on veut un respect total ne les montons pas car rien que le débourrage alors est un traumatisme et regardez un peu les interactions entre équidés j'appelle pas ça de la douceur et de la non violence... Sans même penser qu'à la base la vie d'un cheval est manger et courir pour pas être mangé. Quand a l'entraînement du cheval en total liberté, je peux vous dire que mon retraité était bien plus en forme physiquement en box avec un travail quotidien qu'en pré ou malgré les dénivelés il ne fait que du gras...

mylittlepilou :
Le 26/02/2015 à 21h49

Cette idée de l'éducation sans violence est très belle sur le papier le malheur est qu'elle rempli nos écoles de gosses indisciplinés et souvent d'une violence physique et verbales sans limites ayant des parents complètement dépassés par leurs enfants devenus des ados incontrôlables. Je vis avec un enseignant et ce qu'il en retourne est affligeant, ne parlons même pas après du monde du travail... Mais pour revenir aux chevaux si alors on veut un respect total ne les montons pas car rien que le débourrage alors est un traumatisme et regardez un peu les interactions entre équidés j'appelle pas ça de la douceur et de la non violence... Sans même penser qu'à la base la vie d'un cheval est manger et courir pour pas être mangé. Quand a l'entraînement du cheval en total liberté, je peux vous dire que mon retraité était bien plus en forme physiquement en box avec un travail quotidien qu'en pré ou malgré les dénivelés il ne fait que du gras...

dragonelly :
Le 26/02/2015 à 23h25

Réponse typique d'une personne ne connaissant pas la discipline positive ^^
Dans certains pays, comme la Suède, cette forme d'éducation est culturelle depuis belle lurette et les enfants suédois sont tout aussi disciplinés (pour ne pas dire davantage) que les enfants élevés de manière traditionnelle (pour ne pas dire brutale...).
Ce n'est pas parce que vous connaissez quelqu'un qui n'a pas su éduquer ses enfants qu'il faut en conclure que la violence est indispensable...
Idem pour les chevaux, les interactions violentes entre congénères représentent environ 1% de toutes les activités des chevaux (ouvrez un livre d'éthologie... scientifique hein, pas un truc de chuchoteurs), par conséquent baser notre communication avec eux sur 1% de leur ethogramme, c'est vraiment pas très logique ;)
Quant à votre "retraité" qui travaillait quotidiennement, il est évident que s'il ne se musclait pas alors qu'il pouvait évoluer en parfaite liberté sur des prés avec dénivelés et avec des congénères pour le stimuler, c'est qu'il devait y avoir un problème quelque part (nourriture, dentition, douleur, etc.). Mais quoi qu'il en soit, même si vous le trouviez physiquement mieux en boite (les goûts et les couleurs...), ce n'est pas une excuse pour priver un animal de fuite et grégaire de ses besoins fondamentaux...

:
Le 27/02/2015 à 22h56

Chère Dragonnelly,

Ne vous en faites pas, je comprends bien à quel point la passion et l'envie de défendre des principes de respect du cheval peuvent nous faire réagir et nous donner envie de nous battre.

Je comprends que ces quelques lignes aient pu vous choquer. En réalité, je pense que l'erreur a peut-être été de séparer l'analyse vidéo en plusieurs points précis. L'article perd en fluidité alors qu'il est supposé être une série de conseils. Il est évident que si j'avais voulu écrire un article à part entière sur l'impulsion, il aurait fallu traiter de l'aspect motivation.

Mais connaissant bien Viti, je sais que son apparente mollesse est très liée à un manque de décontraction générale et au fait qu'Oriane avait une tendance assez marquée à entretenir les allures. C'est la raison pour laquelle j'ai préféré ne pas lui parler de motivation, car je trouvais déjà que son travail manquait parfois un peu d'organisation et que cela risquait, à ce stade, de l'embrouiller. Mais il est évident que nous avons prévu des analyses régulières de son travail et que je l'amènerai aussi, progressivement, dans ce sens.

Je crois profondément que l'apprentissage du cavalier doit se faire par étapes progressives et que chacun doit avoir une manière personnalisée d'être amené vers l'idéal que nous avons tous d'un partenaire qui prend plaisir à danser avec nous.

Ce que j'ai du mal à comprendre c'est que vous n'ayez pas, malgré les années depuis lesquelles j'écris ces articles, assez confiance en moi pour savoir que je ne suis pas ce genre de brute qui dresse les chevaux à grands coups d'éperons et de cravache. J'essaye depuis si longtemps de faire passer un message de respect du cheval, de tolérance et d'ouverture d'esprit que j'espérais simplement avoir été compris sur ce point.

C'est fou car je lis souvent tellement d'intelligence et de connaissance dans vos réponses que je sais que nous voulons les mêmes choses avec les chevaux. Je crois que nous utilisons parfois des moyens différents mais que nos buts sont les mêmes.

D'autre part, le choix des mots dans un article peut être maladroit, c'est évident. Il est tellement difficile de penser à tout, à tous les cas de figure, à toutes les sensibilités. Je peux demander de petites touches de cravache et n'y voir aucune brutalité (il m'arrive tellement souvent de dire au cavalier "Moins fort!") et n'y voir qu'une aide, là où certains liront, dans les mêmes mots, des touches agressives envers le cheval ou une motivation générée par la peur...

Néanmoins, je souhaite aussi réagir au sujet du débat lancé entre Dragonnelly et Mylittlepilou. J'ai toujours essayé de défendre l'idée de l'ouverture d'esprit, de prendre chez chacun, dans chaque idée, dans chaque méthode, ce qu'il y a de bon à prendre.

C'est là où je pense que le monde équestre est aujourd'hui le plus perverti. En effet, on peut voir à quel point le dialogue où chacun pourrait apprendre et tirer quelque chose de positif devient vite fermé et bloqué, sans plus vraiment d'échange d'idées.

Le fait de s'attaquer l'un l'autre, de rester bloqués sur ses positions ne fait pas avancer les choses. Je pense que Mylittlepilou pourrait aussi énormément apprendre de ce qu'écrit Dragonnelly. Je suis entièrement d'accord quant au renforcement positif, aux besoins du cheval de ne pas vivre dans une boîte, à la nécessité absolue de faire du cheval un partenaire et pas un esclave.

Et encore une fois, avec des préjugés, on a vite tendance à penser ou imaginer qu'un professionnel du dressage n'est pas intéressé par ce genre de facteurs. Que nous voulons la performance à tout prix, que le cheval est un moyen, un objet. C'est vrai. Dans beaucoup de cas. Mais pas de manière systématique. Je connais aussi des professionnels qui se remettent en permanence en question, qui cherchent, qui n'acceptent pas leur manque de finesse. Pour être honnête, j'ai la sensation de ne jamais avoir autant progressé que cette dernière année, d'avoir la sensation que je n'avais pas compris grand chose d'important jusqu'ici!

Je crois que Littlepilou, pour la connaître (si c'est bien elle), est vraiment intéressée par le bien-être de son cheval, avec une sensibilité différente, d'autres mots, une autre manière de s'exprimer. Mais je sais qu'elle veut apprendre, qu'elle est dans la même recherche que Dragonnelly, à un stade différent sans doute, qui n'est ni plus haut, ni plus bas, juste différent.

Je pense que nous sommes typiquement ici dans ce que le monde équestre peut représenter de notre société actuelle où nous voulons à tout prix voir ceux qui ne pensent pas exactement comme nous comme des "ennemis" qu'il faut à tout prix convaincre et plus comme juste des gens qui peuvent nous apporter quelque chose qui nous permettrait de devenir de meilleures personnes.

Oui il est évident que la discipline positive donne d'excellents résultats. Elle est parfois plus compliquée à appliquer ou à accepter car elle va souvent à l'encontre de la manière dont l'éducation des enfants est en général donnée, ce qui fait que nous sommes souvent conditionnés au contraire. L'école, dans nos pays, fonctionne souvent bien plus sur la punition et la peur que sur l'encouragement. Il est logique (bien qu'inacceptable), que nous ayons tendance à agir de la même manière avec nos chevaux.

Il est évident qu'un cheval doit avoir le plus possible de moments en liberté, qu'il puisse bouger, marcher sur des terrains variés, ne pas être dans une piste en permanence.

Maintenant, je pense qu'il est parfois nécessaire aussi de remettre ces idées en perspective. Oui, parfois, il faut se fâcher. J'ai été attaqué par certains chevaux désespérés qui se jetaient sur moi en se cabrant, toutes dents dehors, les antérieurs boxant vers ma tête. Ce n'était pas de ma faute, je ne les connaissais pas, et j'ai dû leur montrer immédiatement que c'était inacceptable. Ce n'est pas agréable à faire, il faut une grande expérience, de la sensibilité, et surtout la capacité de ne pas être en colère. Il faut être juste. Il n'est bien sûr pas question de justifier la violence. Juste montrer au cheval les limites de l'agression, qu'il peut s'exprimer autrement. Et c'est grâce à cela, dans certains cas extrêmes, que l'on rétablit le dialogue, qu'on peut rétablir une vraie relation, saine et harmonieuse. J'ai vécu ces situations parfois. Parfois il faut utiliser un moyen, parfois un autre. Et il est certain que quelqu'un comme Frédéric Pignon travaillera son cheval en liberté bien mieux que je ne le ferai jamais. C'est difficile d'accepter qu'un humain puisse mettre un cheval dans un tel état de violence. Mais c'est un sentiment extraordinaire que de sentir le cheval changer, se rapprocher de l'humain, qui l'a tellement fait souffrir, rétablir la confiance et le dialogue.

Tout cela pour dire que prétendre que cela n'arrive jamais n'apporte rien. Tout comme espérer que tous les chevaux du monde vivent dans des conditions idéales, dehors, bien montés, motivés, bien nourris et ayant une relation harmonieuse avec leur cavalier. Tout est une question de nuances. De faire, avec nos moyens, notre expérience et nos possibilités, ce qui nous semble être le mieux pour le cheval. C'est déjà un pas énorme en avant à mes yeux, même si le cavalier peut avoir d'autres convictions que les miennes.

J'ai beaucoup appris en regardant certains cavaliers hollandais monter, alors que les chevaux étaient pourtant derrière la verticale. Je n'ai rien gardé de tout cela, bien sûr. Mais parfois un petit détail, dans ce qu'ils recherchaient, pourquoi ils le faisaient, a pu alimenter ma réflexion, m'a poussé à me demander si je pourrais obtenir ce petit détail par des moyens classiques et respectueux du cheval. J'ai beaucoup appris des disciples de Jean d'Orgeix tout autant que des cavaliers travaillant avec Pierre Pradier. J'ai appris de certains cavaliers de compétition dont je ne partageais pas du tout la conception de l'équitation ou de la relation au cheval tout autant que j'ai appris de cavaliers très classiques, de spécialiste du travail en liberté, de dentistes, de psychologues humains, de spécialistes de la posture humaine ou même de cavaliers tauromachiques.

Quel dommage cela aurait été de me priver de tous ces petits détails que j'ai aujourd'hui intégrés dans ma pratique et qui font que je suis moi aujourd'hui, avec mes qualités et mes défauts! J'aurais pu manquer tout cela parce que je me serais fermé en prétendant connaître ces gens, qu'ils soient cavaliers ou non, parce que j'aurais pu penser qu'ils n'avaient rien à m'apporter, ou simplement parce que je ne partageais pas toutes leurs idées...

Il y a du bon à prendre partout, et je respecte vraiment votre discours à tou(tes)s les deux. Ma sensibilité trouve qu'il manque parfois de nuances, mais je veux prendre le mieux de chacun, essayer de comprendre votre manière de penser, d'en garder le meilleur, de discuter avec chacun(e) du meilleur et d'accepter que nous ne soyons pas toujours d'accord.

Le respect du cheval, toujours, quelle que soit notre sensibilité...

Pierre.

dragonelly :
Le 28/02/2015 à 20h57

Cher Pierre,

Merci de ce long message plein de bon sens et d'amour du cheval :)

Je vous le répète, ce n'est absolument pas vous que je juge "violent", mais je me mets à la place des lecteurs qui ne vous connaissent pas, qui ne lisent pas tous vos articles, ni même tous les articles de CS et je ne peux m'empêcher de voir ce qu'ils risquent de faire s'ils prennent certains conseils au pied de la lettre. Heureusement, ils liront vos commentaires et comprendront mieux ;)

Enfin pour les lecteurs comme mylittlepilou qui a l'air de penser que je crois détenir la science infuse, je tiens à préciser, que je me suis moi-même énormément remise en question depuis mes débuts équestres.
J'ai appris à "monter" dans les clubs les plus quelconques où on enseignait à soumettre les chevaux par la violence (dans la bouche, sur les flancs, sur la croupe, etc.) et évidemment ces méthodes donnent un certain résultat : un cheval éteint et robotisé mais qui "obéit".
Aujourd’hui, je pratique tout à fait l'inverse, mais il est vrai qu'il faut tout réapprendre (surtout soi-même) et qu'il est plus difficile de créer de nouvelles habitudes que de reproduire sans réfléchir ce que nous savons faire depuis "toujours".

Sur ce, je souhaite à Orianne beaucoup de bonheur avec Viti grâce aux conseils de Pierre :)

soso :
Le 20/05/2015 à 21h02

Bonsoir. Alors moi j'aurai juste une question pratique. Quand vous parler d'utiliser le stick pour activer le postérieur interne. Ou exactement faut il agir. Car avec mon stick de 1m10 sans changer le position de mes mains j'atteins le derrière de ma jambe ou le haut de la croupe mais pas le postérieur.
Je m'excuse de cette question pratique qui peut paraître saugrenue.
Merci de votre retour

laetitia :
Le 21/05/2015 à 23h39

Cher(e) Soso

Votre question ne me paraît pas saugrenue, mais pertinente ! Je suggère à Pierre d'y répondre de façon détaillée dans la rubrique "Vos questions"

Laetitia Bataille

Article publié le 02-02-2015

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