L'American Bashkir Curly
et ses secrets
et Aline Verschuren
N°8 - Mars 2010
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D'origines multiples en encore controversées, comme son cousin historique l'Appaloosa, ce cheval découvert à l'état sauvage et sélectionné aux USA, a vraisemblablement des racines anciennes et rares. Ce patrimoine génétique particulier porte dans son bagage une autre qualité étonnante : l'American Bashkir Curly est quasiment dépourvu de la protéine responsable de la majorité des allergies au cheval.

Les associations et registres qui ont été crées pour le Curly américain sont récents (ABCR et ICHO). Et pour cause, avant les années 70, les chevaux frisés étaient trop rares et trop mélangés à d'autres courants de sang pour prétendre à un réel registre.
Des chevaux sacrés "su-gla-la" des indiens Crows et Lakotas, dessinés en mémoire comptable des guerres et des vols (1801), il ne reste presque rien, sauf la frisure et quelques traits particuliers. Ils ont été décimés ou racheté par des ranchers qui les ont croisés avec des Quarter-Horses.

Sans l'intérêt croissant d'un fermier d'origine Italienne installé au ranch Tree Bars près de Reno (Nevada), le cheval Curly aurait conservé l’anonymat. .
Benny Damele vouait un amour intéressé aux chevaux Curly. Après avoir perdu deux fois, à cause d'hivers terribles, la quasi totalité de son cheptel à vingt ans d'intervalle, excepté ces chevaux frisés rustiques et confortablement isolés par leur manteau, il décida d'en capturer davantage dans les montagnes autour de son domaine et de les élever. Ce marchand de chevaux, pratiquant le « range breeding » (élevage en semi liberté, aujourd'hui interdit), croisa les mustangs frisés avec diverses races de selle -pur-sang arabe, Saddlebred, Morgan- et les vendit aux quatre coins des USA, rendant le Curly plus populaire.
La famille Damele donna le nom de Bashkir Curly au cheval frisé, croyant, d'après un dessin humoristique, qu'il venait de Bashkirie (Oural). Ce fût une erreur sémantique. A l'époque, on pouvait entendre le nom de Bashkir comme synonyme de cosaque, et par extension, de Russie. Mais il n'y a pas de chevaux frisés en Bashkirie même ; il y en seulement au Tadjikistan (le cheval Lokaï). Les chevaux cosaques frisés avaient déjà été rencontrés en France au milieu du XIXème siècle et ils sont abondamment cités par Cuvier, le célèbre anatomiste français, promoteur de l'anatomie comparée et de la paléontologie.
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