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Élevage : la couleur à tout prix ?

Par Amélie Tsaag-Valren


N°60
5 Commentaire(s)
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L’arrivée d’éleveurs amateurs visant le marché du loisir a entraîné un intérêt pour les chevaux « de couleur ». Les pie et le gène crème sont à la mode, au point que chez certaines races, on se les arrache jusqu’à 30 % plus cher ! Cette mode conduit aussi parfois à privilégier la robe au mépris du bon sens. Et au détriment des cavaliers, des éleveurs sérieux, et… de la santé des chevaux. Enquête.

Jusqu’à une époque récente, la robe était un critère de sélection très secondaire. On se souvient qu’en 1996, la naissance d’un poulain Selle Français blanc, Habiblanc d’Auvers, avait défrayé la chronique. Habiblanc a été castré pour manque de performance en CSO, comme tout Selle français. Un choix regrettable, dans la mesure où il était seul capable de donner naissance à une lignée de SF « loisir » blancs en France.

Palomino
© Fotolia.com

Depuis, la tendance s’est complètement inversée et l’élevage a pris des couleurs. Bartabas l’a très bien anticipé, en choisissant pour l’Académie équestre de Versailles des Lusitaniens crème et des Sorraia souris.

Grâce à l’exploration de la génétique depuis une dizaine d’années, prédire la couleur du poulain à naître n’est plus une utopie. Les robes rares sont devenues l’objet de toutes les convoitises sur le marché du loisir, et même un motif de conflits générationnels ! Tout cela resterait « mignon » si la mode du « tout couleur » n’avait entraîné des pratiques d’élevage douteuses…

Un poulain doit pouvoir vivre, grandir et s'épanouir sans être handicapé par un physique hérité de parents sélectionnés uniquement sur leur couleur

Les sites de petites annonces fleurissent de propositions d’éleveurs qui...

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5 commentaire(s) »

gabian :
Le 03/03/2015 à 13h41

Je suis pour l'ouverture de la compétition officielle aux OC, qui ont parfois pour seul défaut de ne pas être «bien né». En revanche, la question de la morphologie me semble cruciale quand il est question de reproduction.

raphaelledm :
Le 04/03/2015 à 14h49

Quelques petites choses me chiffonnent dans cet article, autrement très pertinent et très intéressant !

1/ "Un « cocktail de prairie » peut participer à toutes les compétitions officielles organisées en France, au même titre qu’un cheval pleins papiers appartenant à un stud-book de race, issu d’un étalon approuvé sur ses qualités". En même temps, les conditions pour faire approuver un étalon sont parfois très difficiles, et certains étalons très qualiteux ne passent pas la selection par manque de temps/argent/cavalier du propriétaire. Par ailleurs, la France est un des seul pays a limiter l'accès en concours des OI, pourtant chez nos voisins ça se passe bien. N'est-ce pas plutôt un problème d'éducation plutôt qu'un problème de réglementation ? Autre remarque, sélectionner les étalons sur leurs qualités sportives c'est bien, mais je préfère pour mon loisir ou mon concours annuel de TREC un cheval un peu long ou un peu cagneux mais gentil, pas regardant, sans trop de sang ...

2/ "Des chevaux qui se retrouvent ensuite par dizaines chez les associations de sauvegarde et de placement d'équidés, parce qu'ils ne correspondent pas à l'utilisation recherchée." Et que dire des milliers de chevaux Ps et TF qui finissent mal ? Les cocktails de prairie sont moins mal lotis. Allez voir sur le site d'une association le nombre de réformés...

Merci tout de même pour ce très bon article !

chevauxm :
Le 05/03/2015 à 09h53

Tout à fait d'accord sur le fond du problème, mais de là à faire de ce type d'élevage un bouc émissaire c'est un peu poussé.
La mauvaise sélection des reproducteurs que ce soit sur le physique ou le caractère peut exister dans tous les types d'élevage, même chez les pros, et je ne serais pas étonnée qu'il y ait beaucoup plus de "mauvais" chevaux bais vendus que de couleur en France, et le papier ne signifie pas forcément qu'il y ait eu une bonne sélection des parents.
Les cavaliers avertis pour l'achat d'un cheval ne courent pas les rues, que la couleur ait ou non une importance.
En ce qui concerne la génétique, la couleur grise n'est alors pas plus acceptable concernant les risques de "maladie".
Pour le loisir, il me semble que certains "cocktails de prairie" sont bien plus solides et rustiques pour l'équitation de loisir qu'un cheval de sport fragilisé par la sélection.
En ce qui concerne le marché, il me semble que les rebuts de l'élevage du sport, des courses et les importations des "déchets" de l'élevage de masse d'autres pays (par ex Hollande) envahissent largement le marché du loisir pour lequel ils ne sont pas adaptés. On trouve beaucoup de trotteurs à "sauver" parce qu'ils ont simplement été rachetés une bouchée de pain.
Enfin, il me semble que les "couleurs" ont aussi été éliminées des races par mode, parce qu'un cheval pie "ressemble à une vache" par exemple, et encore aujourd'hui on préfère les chevaux foncés sur les carrés de dressage, pourtant largement sélectionnés sur d'autres critères.

valren :
Le 05/03/2015 à 15h11

Bonjour à tous,

J'ai déjà parlé plusieurs fois de la surproduction de trotteurs et de Pur Sangs pour demander une limitation des naissances. Il ne s'agit pas de faire de l'élevage pour la couleur un "bouc émissaire", seulement d'engager le débat sur un problème jusqu'alors évoqué seulement entre certains éleveurs. Un éleveur "de couleur" qui fait naître des dizaines de poulains morphologiquement faibles avec un mauvais étalon est aussi irresponsable qu'un éleveur de trot ou de galop en surproduction. Dans un cas comme dans l'autre, l'éleveur oublie qu'il ne fait pas naître de simples "produits inadaptés", mais avant tout des êtres vivants...

Certes, les mauvaises sélections peuvent exister dans tous les élevages mêmes les pros. Est-ce une raison pour occulter ce phénomène des élevages amateurs irresponsables pour la couleur, dont nous sommes nombreux à constater l'existence ?

Pour les maladies génétiques liées aux robes, je ne cache pas que le gris est lui aussi un problème (voir article bloc-notes sur les robes de 2012). Cela étant, la plupart des chevaux atteints de mélanomes vivent bien. Le cas des croisements d'overo, des croisements de DW et de SW-2/SW-3 donne des résultats autrement plus graves... Chez toutes les races domestiques, les couleurs de robe les plus éloignées du phénotype sauvage sont aussi celles qui s'accompagnent des plus gros problèmes de santé (on pense à la surdité des chats blancs, qui se retrouve chez les chevaux pie balzan).

L'élimination de certaines robes parmi les races européennes est un autre sujet, très pertinent, qui a déjà été évoqué dans nos pages en 2012 notamment.

chevauxm :
Le 05/03/2015 à 19h12

Merci pour ces précisions !

Article publié le 28-02-2015

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