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Les courses d’endurance suspendues dans les Emirats

Par Laetitia Bataille


N°60
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Devant les récents scandales qui ont secoué la discipline, les deux prochaines courses d’endurance sont suspendues dans les Emirats Arabes Unis. Une mesure de la FEI que nous ne pouvons que saluer… tout en restant très dubitatifs sur la suite des événements.

Sans doute un scandale de trop… L’atroce histoire de Splitters Creek Bundy (lire ici) a dû fait bouger un peu les choses. L’image du malheureux cheval, les deux canons cassés au cours d’une course, a entraîné certaines mesures. Enfin.

De trop nombreux drames, connus ou non, ont émaillé l’année 2014. Le décès d’une jument à Compiègne, et plus récemment, aux Jeux Equestres Mondiaux, un cheval décédé accidentellement. Un autre (au moins) euthanasié après une fracture de fatigue (lire ici, l’analyse qu’avait faite notre spécialiste Yves Riou). Et pour commencer l’année 2015, le martyre de Splitters Creek Bundy…

Splitters Creek Bundy
© Dubaï Racing TV live stream

La Suisse a réagi voici quelques jours en menaçant la FEI de se désengager des compétitions internationales.
De son côté, la Fédération belge des sports équestres (FRBSE) a réagi hier en demandant à tous ses licenciés de ne plus participer aux courses ayant lieu dans les Emirats. Le communiqué est très clair : « Dans l’attente de pouvoir constater un revirement complet de la situation, elle se voit contrainte de déconseiller vivement et fortement à tous ses affiliés de participer à une quelconque compétition d’endurance organisée dans un des pays concernés. »

Aujourd’hui, la France rompt à son tour un silence qui n’avait que trop duré, et la FFE fait entendre sa voix. Elle déclare dans un communiqué officiel qu’elle approuve la mesure prise par la Fédération Equestre Internationale – mesure qui supprime du calendrier officiel les deux prochaines courses internationales d'Endurance prévues aux Emirats Arabes Unis.
La FFE précise que cette décision fait suite aux incidents ayant entraîné la mort de chevaux dans les sables des émirats lors de courses d'Endurance.

Nous ne pouvons que nous réjouir de la mesure prise par la FEI, ainsi que de la réaction de la FFE.
Dans son communiqué, la FFE souligne encore qu’elle s’est engagée depuis de nombreuses années dans une politique de respect de la santé des chevaux, notamment par la mise en place de règlements sportifs nationaux adaptés. Les équipes fédérales d'encadrement technique travaillent aux côtes de la FEI sur ce sujet. Les travaux à venir porteront sur l'évolution des règles relatives à la responsabilité incombant au cavalier compétiteur d'Endurance.

Reste à savoir si la suppression des deux courses prévues dans les Emirats laissera le temps de modifier ce qui doit l’être… avant les courses suivantes qui ne manqueront pas de se dérouler dans ces pays. Et ailleurs.

L.Bataille (avec communiqués)

1 commentaire(s) »

yann :
Le 02/03/2015 à 14h22

Les réactions des différentes fédérations sont louables et justifiées.

Cependant, aux émirats, la classification entre nationale et internationale est purement administrative du point de vue FEI seulement !

En conséquence, la décision de la FFE est neutre, sans impact réel. Plusieurs cavaliers français sont invités et il est peu probable que ce distinguo juridique les incite à refuser ces invitations.
Seul la décision belge est chargée de sens. Elle induit une ségrégation entre les cavaliers belges de haut niveau et ce qui se passe aux EAU. Il s'agit pour eux de refuser des invitations, souvent tout frais payés, pour servir de faire valoir et se confronter aux chevaux et concurrents locaux et... internationaux qui seront présents.
En fait c'est une véritable punition pour l'élite belge.
Elle a le mérite de donner l'exemple de ce qui pourrait se faire.

Une décision concertée entre toutes les fédérations nationales interdisant de façon simultanée à leurs ressortissants de prendre le départ à l'étranger sur des compétitions nationales dans d'autres pays que le leur, viendrait combler les moles divagations FEIesques.

Il est clair, pour un cavalier et son équipe que:
- le fait de refuser une invitation d'une part,
- et ne pas être présent pour mettre en valeur son élevage, ses compétences etc.. d'autre part, signifie clairement se couper de l'accès au seul marché du cheval d'endurance. Sans parler de la notion d'affront personnel que cela implique dans ses relations déjà fidélisées avec ses contacts/clients aux émirats.

Un "haras qui ri" en quelque sorte... (Seppuku en japonais).
Soyons réalistes le problème mérite une décision de rejet unanime et non des bidouilles isolées, même si elles sont courageuses ou téméraires.

Yves Riou.



Article publié le 28-02-2015

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