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Un fleuve en marche

Laetitia Bataille

Ce mois de février a été marqué par deux affaires de dopage – très différentes et aux conséquences inégales : le taux de testostérone élevé du cheval de Maxime Livio, qui a un moment agité les sphères du concours complet, et le martyre du cheval Splitters Creek Bundy, les deux canons brisés, qui a fait pleurer le monde du cheval tout entier.

Si l’on a pas de nouvelles de l’affaire de Bingo, probablement dopé à la testostérone, (encore qu’un certain taux de cette hormone chez un hongre puisse parfois être normal), les images intolérables du cheval Splitter Creek Bundy, les deux canons brisés dans le sable, a provoqué une levée de boucliers. Le sport d’endurance lui-même n’est pas loin d’être remis en question, et les courses qui se déroulent au Moyen Orient suscitent la méfiance : les fédérations belge et suisse des Sports Equestres ont refusé de cautionner une participation de leurs cavaliers à des courses dans ces pays jusqu’à nouvel ordre, et la FFE a fait savoir qu’elle approuvait ce boycott.

La Fédération Equestre Internationale, elle, adopte une position ambiguë : les courses d’endurance « officielles » sont suspendues dans les Emirats. En clair, ces courses se dérouleront sans son label. Que les cavaliers non respectueux continuent à tuer leurs chevaux chez eux, mais qu’ils ne viennent pas les tuer dans une course officielle FEI…

Des voix s’élèvent. Ainsi Jean-Louis Tosque a-t-il créé un collectif intitulé "Endurance Durable-Finir c'est Gagner" (qui avait déjà l’an dernier dénoncé l’affaire de la jument de Compiègne). Cette formule « Terminer, c’est gagner » avait été inventée dans les années 80 (mais oui !) sans doute par Denis Letartre, mais peu importe : elle reflétait bien l’esprit de l’endurance d’alors, où il ne venait pas à l’idée à nos cavaliers chevauchant sur le Causse de pousser leur cheval jusqu’à la mort au cours d’efforts insensés facilités par un dopage meurtrier.
Quant à la formule « endurance durable », elle équivaut à l’expression anglo-saxonne sustainable riding employée pour décrire une équitation respectueuse.

Jean-Louis Tosque milite contre le dopage –un dopage qui a entraîné chez le malheureux Bundy de dramatiques fractures de fatigue – et invite à signer sur internet une pétition. Bien entendu, nous avons cliqué, nous vous incitons à cliquer et beaucoup de personnes cliqueront. Mais ensuite ? La pétition est destinée… à la FEI ! Certains esprits défaitistes estimeront que les 3000 signatures attendues risquent fort de prendre le chemin de la corbeille à papier... Certes, dans les couloirs feutrés de Lausanne, nous savons tous qu’il y a, comme dans les pièces de théâtre, des « bons » et des « méchants ». Ceux qui, sincères et intègres, souhaitent œuvrer pour des sports équestres « propres » ; et d’autres, qui feront la sourde oreille, pris en sandwich entre pressions contradictoires et conflits d’intérêt. Mais il n’est pas interdit d’espérer, d’y croire toujours, de ne jamais baisser les bras. Il y a du pain sur la planche, du chemin à parcourir ? Nous relevons le défi.

Car nous aussi, à Cheval Savoir, nous nous battons depuis six ans contre les différents abus nommés dopage, Rollkür, « langue bleue », transports abominables dans la filière hippophagique, enrênements coercitifs et autres inventions. On dit que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, et justement, nous ne sommes plus un petit ruisseau, mais bel et bien un affluent d’un fleuve en marche, qui malgré les difficultés, roule inexorablement ses eaux vers un océan meilleur. Cheval Savoir est aujourd’hui reconnu comme la première revue de défense du cheval, et c’est vous qui êtes sa force – pour la cause animale.

Photo de couverture : © loya_ya

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1 commentaire(s) »

raphaelledm :
Le 20/03/2015 à 16h03

"En clair, ces courses se dérouleront sans son label. Que les cavaliers non respectueux continuent à tuer leurs chevaux chez eux, mais qu’ils ne viennent pas les tuer dans une course officielle FEI… " Facile de critiquer. La FEI n'a aucun pouvoir juridique sur ce que font les structures équestres nationales en dehors des compétitions FEI. En interdisant que cela se produise ces cavaliers ne peuvent pas se qualifier pour les épreuves FEI internationales (ce qui doit quand même pas les embêter).

Mais reprocher à la FEI de ne pas les empêcher de faire de courses tout court, c'est injuste. La seule autorité qui puisse empêcher ces course est la fédération nationale (qui semble bien n'en avoir pas grand chose à faire, soit), sur laquelle la FEI n'a aucune autorité !

Article publié le 12-03-2015

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