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Hypertypes : l’élevage du côté obscur

Par Amélie Tsaag-Valren


N°61
1 Commentaire(s)
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Un profil toujours plus concave chez l’Arabe de Show, des Quarter Horses toujours plus musclés en épreuves de halter, des crins et des fanons toujours plus abondants chez l’Irish et le Gypsy Cob, des chevaux miniaturisés et des traits grandis à l’extrême… les races équines sont victimes d’hypertypes depuis de nombreuses années. Le sujet reste cependant méconnu voire tabou pour la plupart des éleveurs.

L’hypertype est un fléau dans l’élevage canin et félin. En 2009, un documentaire de la BBC (Pedigree dogs exposed, diffusé l’année suivante sur France 2 sous le titre Chiens de race, les maîtres fous) avait suscité un tollé en révélant ce côté obscur de l’élevage. Poussés par la volonté de briller pendant les concours « de beauté », certains éleveurs pratiquent des croisements consanguins pour fixer des types extrêmes : museaux raccourcis, longues oreilles, tête « de chiot »... Au fil des années, les bergers allemands ont acquis une démarche « en grenouille » avec leur dos trop incliné, les bassets en sont venus à se marcher sur les oreilles et à souffrir du dos, les bouledogues (comme toutes les races brachycéphales) sont victimes d’insuffisances respiratoires à cause de leurs museaux trop courts.

Poney Highland
Un poney Highland primé. Cette photo montre bien la dégénérescence d’une race de montagne connue pour son extrême rusticité et sa force : les Highlands étaient souvent utilisés pour ramener de la chasse un cerf de 150 kilos ou même davantage, tué par leur maître. Ils sont aujourd'hui obèses...

Le bouledogue est la race canine type pour illustrer l’importance des transformations morphologiques extrêmes subies par les chiens hypertypés. Le standard de bulldog anglais a longtemps demandé un « museau aussi court que possible », jusqu’à la généralisation de problèmes respiratoires. Un retour en arrière s’opère désormais dans la recherche du type.

Chez les races américaines de halter, plus le cheval a les membres fins et les sabots petits, plus il plaît. L’hippologie à l’envers !

L’élevage équin n’est jamais arrivé...

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1 commentaire(s) »

ankeo :
Le 15/03/2015 à 09h14

Merci pour cet excellent article. Dans le monde du chien, la dominance du Show - et donc la valorisation des géniteurs sur des critères purement esthétiques - est une véritable calamité pour le chien lui-même.
Les éleveurs ne sont pas inconscients des problèmes de santé que leur sélection engendre, ils sont habitués. Une éleveuse de bulldog anglais me disait : "Je vends mes chiots cher, car les familles doivent être assez riches pour payer les futurs frais vétérinaires" Hé oui !!!

Article publié le 12-03-2015

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