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Puis-je mettre mon cheval dans un pré en pente ?

Réponse du Dr. Jacques Laurent


N°61
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J’habite en moyenne montagne, et on me propose un herbage proche de chez moi pour mettre mes trois chevaux. Mais il s’agit d’un pré assez en pente. Y a-t-il des inconvénients, notamment pour la sécurité des chevaux et pour leur appareil locomoteur ? Question de M. Jean. B. Cunlhat

Nous vous conseillons donc d’aller impérativement visiter le pré avant de donner votre réponse. La sécurité et la fonctionnalité d’un pré s’évaluent en fonction de nombreux paramètres : qualité de l’herbe, état des clôtures, présence d’arbres, état du sol (trous, rochers, zones marécageuses notamment…). Les prés trop inondables comportent une flore déséquilibrée, où peuvent d’ailleurs se rencontrer des plantes toxiques.

Les prairies en pente
Les prairies en pente : un choix acceptable ? © Stanisa Martinovic - Fotolia.com

S’il s’agit d’un herbage de bonne qualité, restent à évaluer les éventuels inconvénients de la déclivité en elle-même, notamment sur l’intégrité physique du cheval, sur son développement s’il s’agit d’un jeune, et sur la gestion au quotidien – forcément un peu différente que lorsque le terrain est plat.

La zone « humide » (plus basse) peut se reconstituer pendant que les chevaux pâturent en zone plus sèche (en haut)

D’une manière générale, les prairies en pente ne sont nullement préjudiciables à l’appareil locomoteur des chevaux, à condition que la pente reste raisonnable. S’il s’agit d’une parcelle réellement très escarpée et accidentée, on peut craindre des traumatismes de type efforts du boulet ou de l’épaule, glissade ou chute, surtout en hiver lorsque le terrain est enneigé, verglacé et/ou boueux. En été, l’herbe sèche peut elle aussi s’avérer glissante ! La présence de rochers constitue évidemment un risque supplémentaire.

En dehors du risque traumatique, qui n’existe que si le terrain vraiment très abrupt, un pré en pente ne présente pas de réel inconvénient. Il est même bénéfique car il oblige le cheval à se muscler, à développer son souffle et son équilibre. Lorsqu’ils remontent la pente, les chevaux tendent leur dos, musclent leur arrière-main de façon parfois spectaculaire, et se maintiennent en souffle même s’ils ne travaillent pas très régulièrement. Sauf chez un cheval présentant déjà des tares molles (vessigons calcanéens notamment) le système tendineux n’a pas spécialement à en pâtir, puisque, le cheval, pour brouter, se place naturellement face à la montée, mangeant l’herbe en amont de ses pieds.

Les jeunes chevaux acquièrent naturellement un équilibre et une adresse remarquables.
Les chevaux un peu âgés ou qui présentent une arthrose naissante tirent également bénéfice de cet « assouplissement » quotidien – et naturel.

Les prairies en pente
Pour brouter, le cheval se place naturellement face à la montée, mangeant l’herbe en amont de ses pieds afin de ne pas solliciter inutilement son système tendineux. © petarpaunchev - Fotolia.com

Les poneys et les chevaux de petite taille (moins de 1,55m) se trouvent très bien en terrain montagneux, leur centre de gravité étant plus bas. Les chevaux plus grands peuvent se montrer plus maladroits, mais très vite, ils apprendront à mieux jouer avec leur équilibre (d’autant qu’ils n’ont pas de cavalier sur le dos). A cet égard, un pré en pente a un rôle « éducatif » !

Mettre à profit les reliefs naturels

Un autre avantage de pré en pente est la présence et fréquente d’un ruisseau dans sa zone la plus basse. Ceci allège évidemment les contraintes de l’abreuvement (en dehors des périodes de gel intense, qui, elles, impliquent une gestion à part).

En été, les chevaux peuvent se placer dans la partie la plus élevée du pré, où souffle la brise et où il y a moins de mouches et de moustiques ; en hiver, ils peuvent rester en contrebas, où ils seront plus abrités du vent (mais ceci ne dispense pas de fournir un abri...)

En revanche, dans des parcelles hétérogènes les chevaux risquent de surpâturer certaines parties où ils se tiennent plus souvent. Si le pré est grand, il peut s’avérer intéressant de le clôturer pour constituer une ou plusieurs parcelles homogènes, auxquelles les chevaux n’auront pas accès en même temps. Cela permet à la parcelle « humide » (plus basse) de se reconstituer pendant que les animaux pâturent en zone plus sèche (en haut).

Dans tous les cas, n’oubliez pas que la surveillance quotidienne et si possible bi-quotidienne est indispensable. La proximité du pré et de votre domicile est donc un élément essentiel, ainsi que son accessibilité, notamment pour l’abreuvement s’il n’y a pas de ruisseau, ainsi que pour l’apport éventuel de foin et d’aliments.

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1 commentaire(s) »

Lucile [invité] :
Le 16/07/2017 à 11h46

Bonjour,
Je suis une passionnée d'équitation et jaimerai avoir mon propre cheval sauf que je ne sais pas si un cheval peut "vivre" dans un champ inondable, jaimerai avoir un frison ou un irisé cob et mon père aimerai y mètre un ane ou un baudet du poitout avec un cheval
Merci de vos reponse????

Article publié le 04-04-2015

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