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L’équitation handisport : les « surhumains » font leur show…

Par Amélie Tsaag-Valren


N°61
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L’équitation handisport reste assez mal connue en France, victime de préjugés et d’idées reçues sur sa réelle accessibilité. Le prochain CPEDI*** de Deauville se déroulera les 10, 11 et 12 avril nous donne l’occasion d’en savoir plus, avec l’association Handi Equi’Compet qui depuis plusieurs années organise cette manifestation avec succès.

Le cheval est de plus en plus accessible aux personnes handicapées. Ses bienfaits ne sont plus à prouver, tant en matière de soutien psychologique qu’en ce qui concerne les avantages physiques :

« L’équitation a toujours été une activité sportive importante dans le milieu du handicap. Une chose peut expliquer cette importance : la relation particulière entre la personne handicapée et le cheval » explique Eric Estrier, Président de l’association Handi Equi’Compet.

José Letartre
José Letartre, l’un des cavaliers de para-dressage les plus connus. Remarquez la légèreté sur la bride…
© Pixel Events

Parallèlement au développement des différentes équithérapies, l’association Handi Equi’Compet s’est spécialisée pour permettre aux cavaliers handicapés d’atteindre la haute compétition. Créée en 2008, elle s’adresse à tous les cavaliers handicapés moteurs ou sensoriels, quel que soit leur niveau.

« Chaque année, de nouveaux cavaliers en situation de handicap nous contactent, nous rejoignent et découvrent que la compétition para-équestre leur est accessible, que ce soit en Para-Dressage ou en Para-CSO » - Eric Estrier, président d’Handi Equi’Compet

Elle offre notamment par un soutien financier aux cavaliers handisport, ainsi qu’une aide à la préparation physique et mentale. Grâce à cet appui personnalisé, l’association forme l’élite des cavaliers handisport de demain. Son rôle est essentiel car pour de nombreuses personnes handicapées qui aiment les chevaux, remonter en selle jusqu’au niveau paralympique représente un rêve inaccessible. Depuis 2011, le CPEDI*** de Deauville (qu’elle organise) est une réussite.

Les enjeux sont importants, car le championnat d’Europe de para-dressage est attendu en septembre prochain à Deauville. Son organisation a été confiée à Handi Equi’Compet, c’est la toute première fois que la France accueille cette compétition. L’élite des cavaliers de para-dressage arpentera de nouveau la Normandie, un an après les JEM de 2014 !

Ambiance au CPDEI de Deauville
Ambiance aux écuries lors du CPDEI*** de Deauville.
© Pixel Events

Les Français viendront en reconquête de titres déjà acquis par le passé en 2012 et 2014, notamment grâce à José Letartre, Louise Studer et Céline Gerny. Véritable galop d’essai avant les Jeux Paralympiques de Rio en 2016, ce rendez-vous verra sans doute compter l’équipe britannique, la meilleure équipe au monde lors des derniers Jeux Equestres Mondiaux.

Le développement du CSO para-équestre

A l’heure actuelle, seuls le dressage et l’attelage sont suffisamment développés et harmonisés pour être reconnus par la FEI. Le para-dressage est Intégré aux Jeux Paralympiques depuis 1996 (Atlanta) et aux Jeux Equestres Mondiaux depuis 2010 (Lexington). L’un des défis à venir concerne le para-CSO, qui devrait être structuré et développé en 2015. Plusieurs étapes sont déjà réparties sur l’année, avec une finale en fin de saison. Il présente l’avantage d’être plus populaire et mieux médiatisé que le para-dressage.

Laurentia Tan montant Ruben James
Laurentia Tan montant Ruben James est une cavalière de para-dressage Singapourienne, qui monte en Grade 1a. © Pixel Events

Non reconnu par la FEI, le CSO para-équestre s’est développé en France notamment avec un Challenge national. Comme pour le dressage para-équestre, plusieurs niveaux de difficultés techniques sont proposés. La catégorie 4 est réservée aux cavaliers non-voyants. Les cavaliers engagés sur ces épreuves sont guidés, tout au long de leur parcours, par un autre couple cavalier/cheval « guide ». Une activité dans laquelle la France est un pays précurseur pour les non-voyants : aucun autre pays dans le monde n’en propose. Depuis 2014, le guidage par la voix a également été mis en place pour les cavaliers atteints d’une déficience visuelle importante. Cette technique permet aux cavaliers de ne plus se perdre en piste, puisqu’ils sont guidés à la voix par 2 ou 3 personnes situées à côté des obstacles. Une évolution majeure pour la discipline !

Favoriser l’accès des personnes handicapées aux centres équestres

En matière d’accessibilité pour les personnes handicapées, la France cumule différents retards de mise en place. Il n’est donc pas étonnant que cette accessibilité représente un important dossier. Les centres équestres peuvent pourtant bénéficier d’aménagements spécifiques (guide vocal, selles ou rênes adaptées...) si ces derniers sont compatibles avec leur sécurité.

Pour débuter la compétition para-équestre, le cavalier doit se rapprocher d’un centre équestre de sa région qui pratique déjà des activités de compétition dans la discipline choisie. En fonction de la nature des handicaps, il lui est plus facile de s’adresser à un centre équestre labellisé par la FFE « Equihandi moteur et sensoriel ». Ce label garantit des installations et du matériel spécifiquement adaptés.

Comment sont organisés les « grades » des compétitions para-équestres ?

En para-équestre la difficulté des compétitions est fonction de la gravité du handicap du cavalier. Les épreuves sont classées par « Grades ». Les handicaps les plus importants sont en grade 1, les plus légers en grade 5. Cela permet aux cavaliers handicapés de concourir face à des personnes au même niveau de handicap physique, sensoriel ou locomoteur.

Ainsi, les reprises de para-dressage en grade 1a ne s’effectuent qu’au pas… ce qui, à défaut d’être spectaculaire, n’en représente pas moins une sacrée performance lorsqu’on sait que ces cavaliers sont quasiment paraplégiques. Pour donner un ordre de comparaison, les cavaliers non-voyants sont en grade 3 et concourent aux trois allures. José Letartre, qui est amputé des deux jambes, concours également en grade 3.

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2 commentaire(s) »

dominique [invité] :
Le 06/04/2015 à 20h07

j'ai monté seule ma jument pendant quatorze ans en balade de deux heures maximum. . Quand je partais, je savais que si je descendais je ne pouvais remonter a cheval et je n'étais pas sure de pouvoir marcher longtemps(suite gros accident de voiture).J'ai fait une grosse partie de ma rééducation avec elle. j'étais en osmose avec elle et lui faisait une confiance totale. Elle me prévenait quand il y avait quelque chose d'inhabituel en émettant des sons car nous faisions souvent la même ballade. Elle a aujourd'hui 25 ans et elle est à la retraite. J'ai une autre jument mais je ne crois pas que je retrouverai une jument comme celle que j'ai eu.

laetitia :
Le 08/04/2015 à 15h23

Merci de ce beau témoignage, Dominique.

Même si nous avons tous, valides ou moins valides, croisé un jour "le" cheval de notre vie, qui reste unique, nous vous souhaitons beaucoup de joies aussi avec votre autre jument.

Bien cordialement

La Rédaction

Article publié le 04-04-2015

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