Accueil » On en parle» Livres équitation

L'Écuyer mirobolant

De Jérôme Garcin

N°8 Mars 2010
0 Commentaire(s)
Imprimer cet article
Notre conseiller technique, Patrice Franchet d’Espèrey, nous présente le dernier roman de Jérôme Garcin.
description

L’auteur y développe un portrait d’une vraisemblance incroyable d’un des phares de l’équitation savante du XXe siècle, Etienne Beudant. Aux paysages et senteurs de l’Afrique du Nord se mêlent les descriptions d’une équitation qui enflamme l’âme et guide la main du cavalier. A travers cette fresque, le grand public comme les simples amateurs d’équitation peuvent accéder à la quintessence d’un art que peu pratiquent et montrent encore moins, car tout se passe alors dans le silence du manège. C’est l’art pour le cheval qui se substitue à l’art pour l’art. Bien que connaissant la vie de Beudant, je me suis laissé prendre par le récit, mais surtout par l’écriture dépouillée de l’auteur, à l’image de son modèle, sans pouvoir démêler la fiction de la réalité. Dans un monde adonné à la commercialisation à outrance des pratiques, une lueur luit du fond des dernières décennies et de ces pages pour nous rappeler au désintéressement.

Le dernier chapitre étant consacré à la résurrection de la dernière jument dressée par Beudant, mais je n’en dis pas plus, je ne résiste pas au plaisir de répéter ce que j’avais écrit pour la publication du texte de Vallerine :
« Vallerine est la dernière jument dressée par Beudant. Trop âgé et infirme pour continuer à la monter, il en fait cadeau à son ami, le capitaine Bernard. Dans une lettre de 81 pages qu’il envoie avec la jument, Beudant exprime de nouvelles idées sur la façon d’envisager le dressage du cheval. Ces idées très modernes, qui se fondent sur la croyance en la compréhension mutuelle de l’homme et du cheval et non sur son conditionnement, trouveront un écho en chacun. Au XXe siècle, peu d’écuyers ont laissé une œuvre écrite durable et innovatrice. La plupart n’ont fait que reproduire la pensée mécaniste du siècle précédent. Étienne Beudant échappe à cette imprégnation théorique et ce n’est pas pour rien que le général Decarpentry l’a qualifié « d’écuyer mirobolant ». Dans un double mouvement, il a vaincu toutes les grandes difficultés de l’équitation savante mais il a aussi simplifié à l’extrême les principes et les procédés du dressage du cheval. En effet, rompant avec le modèle mécanique newtonien et s’opposant au tout nouveau « conditionnement opérant » transféré dans l’équitation par Gustave Lebon, sa pensée, en avance de plus de quatre-vingt ans, donne les vraies réponses aux questions que se posent les cavaliers d’aujourd’hui. Il s’agit bien sur des cavaliers qui veulent établir avec leur cheval une relation en accord avec sa « nature », une relation qui prenne en compte ses besoins tels que les éthologues les ont repérés et décrits. Ancien ou nouveau maître ? Appliqués à Beudant ces qualificatifs n’ont pas de sens. Il les dépasse et demeure le Maître par excellence. Sa pensée n’est pas réservée au seul domaine équestre et prouve que le système bauchériste est et reste un système ouvert. Vallerine est le testament d’un écuyer. Deux textes de ses disciples, René Bacharach, le dernier grand écuyer bauchériste du XXe siècle, et moi-même, Ecuyer du Cadre noir, le présentent et lui rendent hommage auprès des nouvelles générations de cavaliers. »

P.F.d’E.

L’Ecuyer mirobolant
Par Jérôme Garcin
Editions Gallimard, 2010.
92 pages
ISBN : 9782070121823

0 commentaire(s) »
Article publié le 07-04-2010

Postez un commentaire !

Prénom (requis)

Email (requis)

Votre commentaire