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La culture « non-humaine »

Laetitia Bataille

Ce n’est pas tout de protéger les espèces animales, encore faut-il désormais protéger leur culture ! Oui vous avez bien lu : les éléphants, les baleines, certains oiseaux, et quelques autres ont bien leur culture, fait qui a récemment été entériné par l’ONU sous le nom de culture non-humaine.

A côté des instincts communs à tous les animaux – manger, se reproduire, se défendre – il existe des comportements liés à l’espèce : ainsi les poules aiment-elles gratter le sol avec leurs pattes, les cochons fouir la terre avec leur grouin. Le cheval aime galoper sur l’herbe drue, ou gratter le garrot d’un congénère avec ses dents. Tous ces comportements sont de mieux en mieux pris en compte par les associations de défense animale et les cavaliers sont de plus en plus conscients que le cheval, pour être heureux, a besoin d’espace. Grace à des associations telles que CIWF*, qui militent pour que poules et cochons, entre autres, vivent dans un univers ou ils ne peuvent exprimer les comportements liés à leur éthogramme.

La « culture » chez l’animal, c’est autre chose.
Comme chez l’homme, elle n’est pas innée ; elle est acquise, et transmise au groupe, puis aux descendants du groupe. Eh c’est exactement ce qui se passe avec certaines espèces, telles les mésanges qui, en Grande Bretagne, ont « appris » un jour par hasard a décapsuler d’un coup de bec les bouteilles de lait laissées sur le pas de la porte par le milkman. D’autres mésanges les ont imitées, et la technique s’est transmise aux générations suivantes. Les mésanges les plus futées avaient même repéré qu’il était préférable de percer les capsules rouges, correspondant aux bouteilles de lait entier, plus savoureux que celui (demi-écrémé) correspondant aux capsules bleues. Le lait entier est devenu chez les mésanges anglaises aussi « culturel» que pour nous, le camembert ou pour les Italiens le parmesan.

Les baleines, les éléphants, certains grands singes ont eux aussi leur petite culture ! D’autres espèces animales exprimeront un jour la leur. Les chevaux auront-ils le loisir de le faire ?
Certes, le cheval en fait pas partie des mammifères « socialement complexes » comme les dauphins par exemple. Hormis quelques exceptions – les chevaux vivant encore à l’état « sauvage » dans certains points de la planète – la vie du cheval est étroitement canalisée par l’homme. Son habitat (si on peut utiliser ce mot) se réduit à… un réduit. Difficile dans ces conditions, de faire des découvertes et de les transmettre aux générations futures ! Mais même si nous n’attendons pas pour l’instant de voir reconnue une « culture non-humaine » chez le cheval, nous ne pouvons que nous réjouir de ces avancées dans la connaissance et la reconnaissance du fait que l’animal est une personne – c’est le titre d’un excellent petit bouquin de Franz-Olivier Giesbert, dont nous vous recommandons vivement la lecture.

En attendant, pensons à ouvrir plus souvent la porte du box…

Photo de couverture : © Pure Photography by Laure Vargas

*CIWF : Compassion in World Farming

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1 commentaire(s) »

dragonelly :
Le 02/06/2015 à 00h52

Magnifique éditorial qui donne vraiment envie de s'intéresser encore davantage à la personnalité (voire à la culture ?) des chevaux !

Merci beaucoup pour cette lecture inspirante !

Article publié le 29-05-2015

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