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L'humain est-il néfaste pour le cheval ? 

Par Amélie Tsaag-Valren


N°64
5 Commentaire(s)
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Depuis quelques années, une vision faussée de l’équitation naturelle a provoqué la naissance d'un discours selon lequel nos actes seraient toujours néfastes pour les chevaux. Le « naturel » devient au contraire une panacée absolue. Dans ces conditions, quel intérêt les équidés pourraient-ils avoir à se faire imposer la fréquentation des êtres humains ? La question est plus profonde qu'il n'y paraît...

On l’avait chassé, le naturel est revenu à travers l’engouement pour l’équitation dite « éthologique ». Pour rendre l’environnement du cheval plus « nature », de nombreux cavaliers suppriment les fers, la bride, le mors, les éperons et même l’arçon… des artifices qui ne serviraient qu’à assouvir un plaisir équestre égoïste.

Cheval
© Kuzmich - Fotolia

Le discours défendu dans certains ouvrages récemment parus va plus loin encore : nous nous comporterions toujours (ou presque) d'une façon néfaste pour le cheval. Le meilleur moyen d’être agréable à son cheval serait de lui ficher une paix totale, de le laisser dans son pré en troupeau sans jamais essayer de le manipuler, de le ferrer ou pire, de l’enfermer dans un petit box-prison.

Nombre de mouvements de protection animale en sont venus à la conclusion que le seul moyen de ne pas être néfaste aux animaux serait de les relâcher dans la nature

Que de chemin parcouru depuis l’époque de Descartes et Malebranche, qui voyaient dans les animaux des « machines sans âme », sans autre destin que de nous servir jusqu’à la mort ! L'idée que nous serions « mauvais » pour la nature et les animaux va pour ainsi dire dans l'air du temps. Il n’est plus rare d’entendre un jugement de valeur rendant les animaux moralement supérieurs aux êtres humains, « parce qu’ils ne détruisent pas la nature et nous donnent de l’amour gratuitement ».

Des actes de cruauté envers les animaux peuvent...

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5 commentaire(s) »

docanne :
Le 02/07/2015 à 09h37

Que cet article est merveilleux!!!

damper :
Le 04/07/2015 à 14h18

IL me semble avoir lu que le cheval est "génétiquement programmé" pour vivre 50 ans, ce qui ne veut pas dire que cela arrive - surtout dans la nature... mais cela donne à réfléchir.
Mon maître à penser, un anglo-arabe alezan, a eu 21 ans ce printemps, adore le pré mais ne dort pas la nuit s'il ne retrouve pas son box, bien fermé.
Son poil n'est jamais aussi luisant que quand il a une à deux séances de travail par jour et qu'il a l'occasion de donner son avis, de critiquer et de faire des blagues (si, si...) - ou de faire peur aux passants.

faraon :
Le 09/07/2015 à 11h54

en toute chose les positions extrêmes sont rarement la voix de la sagesse.
je pense que le maintient d'un cheval 23 heures sur 24 dans quelques mètres carrés est une des extrémité à ne pas atteindre. hélas c'est une pratique assez répandue.
Je suis partisan du non ferrage systématique. Pourtant il m'arrive fréquemment de tenir le raisonnement suivant.
Tous les chevaux sauvages ont de bon pieds. ceux qui n'avaient pas de bon pieds sont morts. Telle est la loi naturelle.
Si votre cheval à de mauvais pieds, (corne fragile, pousse lente, malformation congénitale, ou autres raisons) et que vous voulez appliquer la loi naturelle il faut le laisser mourir. si tel n'est pas votre intention vous devez sortir de la logique "naturelle" et utiliser ce que la technologie met à notre disposition pour pallier à ce que la nature ne lui a pas donnée.

baryck :
Le 17/07/2015 à 10h02

Merci pour cet article.
Je me permets de rectifier que le livre La peur de la nature est de François Terrasson et non pas Sylvain Tesson ;)

valren :
Le 19/07/2015 à 11h44

Exact, merci à vous d'avoir corrigé. Je les ai tous les deux lus et je confonds leurs noms.

Article publié le 30-06-2015

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