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Mieux comprendre la cession de mâchoire : les points d’ancrage

Par Pierre Beaupère, cavalier professionnel et Professeur de dressage


N°65
6 Commentaire(s)
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Les effets de la cession de mâchoire sur le mental, le physique et la locomotion du cheval sont extrêmement nombreux, bénéfiques et évidents, mais sont aussi, paradoxalement, mal connus car peu étudiés par la science. Le but ici est de tenter de vous expliquer en quoi elle est primordiale et à ce point bénéfique pour le cheval, si elle est pratiquée avec une compréhension de son mécanisme et de ses conséquences.

Ecrire sur la cession de mâchoire aujourd’hui est parfois dangereux tant le sujet peut encore déchaîner les passions et les « experts ».

Il est évident qu’il est particulièrement difficile d’étudier de manière systématique les effets de la cession de mâchoire et d’établir des protocoles d’études qui ne soient pas biaisés et influencés par des éléments extérieurs (tempérament et expériences passées du cheval, qualité du travail en général, environnement, « méthode » du cavalier, etc.).

Pierre Beaupère
© Charly Goffinet

En tant que biologiste, j’ai été confronté, lors de mes études, à ces difficultés posées par les études du cheval dans ses rapports avec l’homme (l’éthologie appliquée) dans la mesure où il est très difficile, voire impossible, de reproduire plusieurs fois de suite les mêmes conditions.

Comprendre cette propagation des contractions qui « sautent » d’un point d’ancrage à l’autre m’a permis de mieux comprendre leurs implications à travers tout le corps du cheval

Or, la science a besoin de...

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6 commentaire(s) »

ludo :
Le 21/08/2015 à 22h55

Intéressant! J'ai été confronté ces dernières semaines à une réflexion : comment fait-on la différence entre une cession de machoire et un cheval qui refuse la main/se met derrière la main?
Certains diront que ça se situe au niveau du contact, et je serais plutôt de ceux-là. D'autres disent que que la distinction peut être faite suivant que le cheval joue délicatement avec son mors ou claque des mâchoires frénétiquement.
Or sur certaines vidéo d'Oliveira que vous devez connaître, on peut voir ou même entendre des mâchoires avec des mouvements très rapides, et des mors qui s'entrechoquent, presque frénétiquement. Je me refuse à considérer que ces chevaux soient derrière la main, puisqu'ils répondent à la main.
Pour illustrer mon propos, regardez sur cette vidéo d'Oliveira sur son cheval Bunker aux alentours de 1'20" https://www.youtube.com/watch?v=TQVb5YE_Of4 (la musique cache le son malheureusement)

denis :
Le 23/08/2015 à 11h00

la video de Ludo est bien choisie , pourquoi N.Oliveira demande t-il une flexion latérale d'encolure à l'arrêt si ce n'est pour réduire un de ces blocages ?

philippeboiret :
Le 23/08/2015 à 23h00

Merci Pierre,

Enfin un article écrit simplement et clairement sur ce sujet si fondamental.

Merci beaucoup, très sincèrement.

ulysse :
Le 24/08/2015 à 09h31

Encore merci, Pierre !
Je m'empresse de diffuser cet article aux cavaliers qui sont autour de moi. La cession de machoire est une expression dont les 2 termes ne parviennent pas à expliciter tous les ressorts. Vous nous montrez qu'elle est une des clés de la décontraction totale. Votre article nous met vraiment sur la voie.
Ensuite, une fois le sujet évoqué et admis ce qui est grandement facilité par vos explications, la difficulté pour le cavalier est de parvenir à "libérer" et alléger le contact tout en gardant le contrôle du cheval en mouvement. Avec une machoire décontractée,le cheval peut être "tendu" mais "consentant" quel que soit le travail recherché (dressage, obstacles, extérieur...).
Le cheval qui cède dans sa machoire nous livre toutes ses forces dans la joie et la bonne humeur. Mais la bonne cession de machoire à l'arret demande tellement de tact ! Et la poursuite de ce "dialogue bucchal" avec un cheval en mouvement demande au cavalier un mental vraiment disponible et un physique adapté par des heures de pratique.
C'est peut-être aussi pour cela qu'il est si difficile d'en percevoir toutes les conséquences. J'ai mis des années à comprendre parce que personne me l'a expliqué comme vous le faites. Encore merci !

aldoproko :
Le 24/08/2015 à 10h34

La base de tous... Comme l'explique si bien Philippe Karl et sa méthode de travail sans contraction du cheval et permettant le dressage de chevaux très très rapidement.

:
Le 10/09/2015 à 16h44

Une découverte extraordinaire !
Encore une fois merci Pierre, pour cet article éclairant. Si la cession de machoire reste un exercice accessible aux cavaliers expérimentés lorsque les chevaux n'y sont pas habitués, la compréhension des points d'ancrage a été une révélation pour les cavaliers qui sont autour de moi : nous avons dans nos écuries un cheval qui me faisait toujours mal au cœur. Bien que de très bonne volonté, il "passe la langue" à la première difficulté. Résultat, il restait très raide, nuque et épaules bloquées, garrot décharné, postérieurs à la traine, sans aucune souplesse générale. Il ne prenait jamais de poids et personnellement je percevais son oeil triste, conséquence d'une souffrance permanente.

Après lecture de votre article, nous avons décidé de monter ce cheval en hackamore. Plus rien dans la bouche ! Les résultats ont été immédiats : le cheval s'est immédiatement détendu, depuis 3 semaines il a repris du poids, il a libéré sa nuque, son encolure, puis son dos et il a gagné considérablement en amplitude. Son moral, son équilibre sont bien meilleurs. Plus d'oeil triste !

Une belle démonstration des réactions en chaines liées à une contraction de la machoire, avant même de parler de la fameuse cession.

Reste à comprendre la cause de cette bouche douloureuse, ce que je n'ai pas encore élucidé. Mis à part une saine réaction contre des mains trop dures opposées à une assiette figée et des jambes inactives, je pense que ce cheval à un problème réel dans la bouche, mais je n'ai pas encore compris lequel. (Un seul indice : il a la lèvre inférieure souvent pendante et molle.) Si vous avez une idée...

Cela montre l'importance de la connaissance des points d'ancrage, aucun travail efficace ne pouvant être entrepris sans décontraction de la bouche, entrainant celle de tous le corps du cheval. Alors 1000 fois merci pour vos lumières.

Article publié le 20-08-2015

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