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L’équitation, ce n’est pas si sorcier !

Laetitia Bataille

Pur hasard : l’occasion de voir à l’œuvre un sourcier, muni de ses baguettes, à la recherche d’une nappe d’eau. Conviée à essayer moi-même, je constate ma désespérante inefficacité. Tenir les baguettes horizontales, leur extrémité repliée posée délicatement sur l’index. Exactement une position de « tenue de rênes » en somme.

Nous marchons en direction d’une nappe d’eau. Il sait où elle est, lui, le sourcier – il l’a déjà trouvée ! Il sait donc exactement à quel moment les baguettes par moi tenues devraient parler. Mais elles restent muettes, même après plusieurs passages dans la zone stratégique ! Mon « moniteur » le sourcier me donne des conseils : ne pas reculer les mains ! Ne pas casser les poignets. Les ongles doivent se faire face. Garder le coude à demi-plié, les bras le long du corps. J’ai l’impression d’être dans un manège.

Mais les baguettes continuent à se taire. Je n’ai pas le feeling, je ne suis pas sourcière ! Pourtant, mon mentor m’affirme que je devrais y arriver. Encore quelques pas. « Gardez la main fixe » ! (Tiens, Baucher est passé par là !) « Ne serrez pas les mains sur les baguettes, des doigts à demi-ouverts… » )
Le fil de soie en somme.

Dommage, cela ne marche pas avec moi. Il reprend les baguettes, qui lui sautent littéralement des mains lorsqu’il passe au dessus de l’eau. Je suis vexée. Je persévère.
Et puis tout d’un coup, dans le marasme, le conseil qui a tout changé : « Tenez-vous plus droite, sortez la tête des épaules… » Le dos ! Toujours lui… Tout devient plus facile. Je fais encore quelques pas, et en approchant de la nappe, les baguettes s’animent : elles vont et viennent, elles se croisent…

La position du haut du corps est sensiblement la même pour le cavalier, le meneur et même le longeur. Mains dans l’axe, doigts légers, et surtout – surtout – le dos bien droit, sans raideur. On dit souvent que l’équitation est une. Le chant, la danse, obéissent aux mêmes lois, qui semblent finalement universelles. Le sourcier n’a rien d’un sorcier, c’est juste quelqu’un qui a compris qu’il fallait, comme en équitation, « placer et laisser faire ». Finalement l’équitation n’est pas si difficile, elle est juste dramatisée, pratiquée en force, porteuse de stress ! Et les rênes allemandes, récemment interdites par la Fédération équestre suisse (lire notre article à ce sujet) et autres enrênements sont bien moins efficaces qu’un dos tenu et une main légère…

Photo de couverture : © veresovich – Fotolia.com

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Article publié le 18-11-2015

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